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 Etat Français 1940-1944

Le 14 juin 1940, Paris est occupé par l'armée allemande. Le gouvernement, le Président de la République et les Assemblées se réfugient à Bordeaux.
Le 16 juin, la présidence du Conseil est confiée au Maréchal Pétain.
Le 18 juin,  sur les ondes de la BBC, De Gaulle lance un appel à la Résistance en direction des Français.
Le 22 juin,  l'armistice est signé à Rethondes par Pétain.
Le 29 juin, le Gouvernement se réfugie à Vichy, en zone non occupée par l'armée allemande.
Le 10 juillet, le maréchal Pétain est investi des pleins pouvoirs.



La loi du 17 juillet 1940, stipule que nul ne peut être employé dans les administrations, s’il ne possède la nationalité française à titre originaire comme étant né de père français.

Les ministres sont autorisés à relever de leurs fonctions tous ceux qui, dans les dernières années, "se sont livrés à des agitations politiques contraires aux intérêts de la France" et qui "persévéreront dans leur action".

Toute association, tout groupement de fait dont l’activité s’exerce, même partiellement, de façon clandestine ou secrète sont dissous de plein droit à dater de la loi du 13 août 1940.

La loi du 3 octobre 1940 interdit aux juifs l’accès et l’exercice des fonctions publiques.


Le ministre de l’instruction publique, Jacques Chevalier, annonce que désormais l’école publique enseignera "les devoirs envers Dieu".

Le 7 mars 1941, devant les réactions suscitées par ce texte, Jérôme Carcopino, nouveau ministre, remplace le mot "Dieu" par "Les valeurs spirituelles, la patrie, la civilisation chrétienne".

L'instruction religieuse est introduite dans les programmes de l'école publique. Elle est donnée en dehors des édifices scolaires, à titre d’enseignement facultatif, dans les horaires scolaires (lois du 6 janvier et du 10 mars 1941).


Les syndicats professionnels, les associations péri et postscolaires laïques, notamment de la Ligue de l'enseignement et de ses filiales sont dissous et spoliés.

Certains manuels scolaires sont interdits : Le tour de Europe pendant la guerre (CM) de Bruno à la librairie Eugène Belin ; Résumés d’histoire de France (CE et CM, 1935) d’A.Ch. Lechevalier à la librairie Delahaye ; Histoire de France de Lespes-Chales (CM ; CS) aux éditions Delalain ; Histoire de France (CM et Sup.) de Gauthier-Deschamps à la librairie Hachette, etc…

Les écoles normales d’instituteurs qui sont considérées comme les séminaires malfaisants de la démocratie et qui produisent des instituteurs imbus de science de laïcité et de socialisme qui sont les piliers de la 3ème république sont remplacées par des Instituts de formation professionnelle (loi du 18 septembre 1940). Les élèves-maîtres, toujours recrutés par concours, entrent en qualité de boursiers complets au lycée, où ils préparent le baccalauréat, avant de recevoir une année de formation professionnelle.

« Nul ne pourra devenir instituteur s’il n’est muni du baccalauréat, et, d’autre part, qu’à leur sortie du lycée, les élus iront, pendant dix mois, s’initier à leur métier dans les instituts professionnels ». (Jérôme Carcopino)

Le 25 juillet 1941 est publiée une liste des ouvrages littéraires interdits dans les bibliothèques scolaires. (Exemples : Henri Barbusse, Léon Blum, Paul et Victor Marguerite, Colette, Zola, etc.)

Campagne de propagande du maréchal Pétain ; visite d'une école pour expliquer sa devise : "Travail, Famille, Patrie".

Loi du 15 août 1941 relative à l’organisation générale de l’enseignement public.


Article premier. – Les études primaires élémentaires comprennent deux cycles.

Il est institué, à la fin du premier cycle, un diplôme d’études primaires préparatoires, dont l’obtention permet de suivre dans les établissements publics soit l’enseignement général des cours complémentaires, soit les enseignements classique, moderne ou agricole…

Le deuxième cycle est sanctionné par le certificat d’études primaires… 


Art. 3. – Les enseignements classique et moderne comprennent normalement sept années d’études. Ils conduisent, après six années d’études, à la première partie du baccalauréat (classique ou moderne).


Art. 6. – l’enseignement technique est accessible aux élèves qui ont suivi pendant trois années soit l’enseignement primaire élémentaire du deuxième cycle, soit l’enseignement général des cours complémentaires, soit l’enseignement moderne, soit l’enseignement classique, et qui ont obtenu soit le diplôme d’ études primaires préparatoires, soit le certificat d’études primaires…


Art. 7. – Les lycées de garçons ou de filles comportent des classes primaires et élémentaires préparant au diplôme d’études primaires préparatoires…


Art. 9. – Les établissements ci-après désignés : les cours secondaires, les écoles primaires supérieures et les écoles primaires supérieures professionnelles, supprimées comme telles,…, sont transformés en collèges ou en section de collèges.


Art. 13. – Les dispositions de la présente loi entreront en vigueur le 1er octobre 1941.


Fait à Vichy, le 15 août 1941

Ph. Pétain

La durée des études se répartit comme suit :


Premier cycle : il est consacré à l’étude des notions fondamentales (lecture, écriture, français, calcul, et à l’acquisition de bonnes études morales, ainsi que les premières connaissances en histoire et géographie.

Section préparatoire : un an, de six à sept ans ;

Cours élémentaire : deux ans, de sept à neuf ans ;

Cours moyen : deux ans, de neuf à onze ans.


Second cycle : il est destiné à former des élites locales. Il comporte des enseignements communs, où sont approfondies les acquisitions du premier cycle. Il comporte également des disciplines différentes pour les garçons et les filles, et pour les classes de la ville et celles de la campagne. Ces enseignements sont adaptés aux besoins régionaux.

Trois ans, de onze à quatorze ans.

Comme les précédentes années, le Commissaire Général à la famille vous prie de trouver ci-joint un pressant appel en vue d'une participation active de la jeunesse de nos écoles, lycées et collèges, à la journée des mères le 21 mai 1944.

Affiche

Lettre du Maréchal Pétain aux jeunes élèves des écoles de France.

« La France que nous aimons » Documents destinés à la décoration des salles de classe (octobre à décembre 1942)

Recueil des textes officiels des lois et décrets intéressant particulièrement la population, sur l’organisation générale de l’enseignement public. Etienne Chiron, éditeur

Les Ecoles Primaires Supérieures sont transformés en collèges (loi du 15 août 1941) ; ce qui permet de déboucher sur le baccalauréat.

Les Cours Complémentaires qui continuent d'exister en marge du secondaire, peuvent offrir à leurs élèves des études longues.


Le Maréchal Pétain prononce, le 13 octobre 1941, une allocution aux écoliers de France ; « Jeunes élèves des écoles de France, si j’ai désiré vous parler aujourd’hui, au moment où vous commencez une année scolaire, c’est qu’il faut que vous sachiez que je compte absolument sur vous pour m’aider à reconstruire la France, à faire des Français un grand peuple loyal et honnête… »

Des subventions sont données aux écoles privées (loi du 2 novembre 1941) et l'enseignement congréganiste est rétabli.

Maréchal nous voilà !


Au cours de l’été 1940, à peine installés à Vichy, les fonctionnaires du nouveau pouvoir se préoccupent de faire connaître le chef de l’Etat à une jeunesse qui ignore à peu près tout de lui. C’est pourquoi images, buvards, protège-cahiers, plumiers et toute une bimbeloterie à l’effigie ou à la gloire de Pétain sont mis en circulation.

Dès la rentrée scolaire, un petit abécédaire est édité comportant en vis-à-vis de chacune des lettres de l’alphabet une photo évoquant la vie ou la personne du chef de l’Etat. On se promène ainsi de « A : comme Amour du Maréchal pour le drapeau » à Z en passant par « Y : les Yeux du Maréchal »…Des albums d’images à colorier sont diffusés  dont « La vie du Maréchal – petit album à colorier par les enfants de France ».

Le principal illustrateur vichyste, Ambroselli, dirige un atelier d’artistes et d’artisans L’imagerie du Maréchal qui crée des séries d’images sur le thème des Saints Patrons, des métiers de France, des Fables de La Fontaine ou encore des calendriers et jeux illustrés.

Alain Saint-Ogan réalise une série de 30 affichettes scolaires, toutes à la gloire de « héros du passé », intitulées La France que nous aimons.

Afin d’appuyer les campagnes de promotion de l’image du Maréchal plusieurs concours sont organisés à l’occasion de Noël. Le Secrétariat général à l’information utilise les enfants pour mieux faire passer un message politique auprès de leur famille.

Le 2 juin 1944, le gouvernement provisoire de la république française est créé, Charles de Gaulle en est le président.
Le 6 juin 1944 les alliés débarquent en Normandie.

En aout 1944 Paris est libéré, le gouvernement provisoire de la France libre avec le général de Gaulle s'installe à Paris, qui redevient la capitale.

A la rentrée d’octobre 1944, les postes inoccupés sont pourvus en fonction des possibilités et dans l’intérêt du service. Aucun mouvement du personnel n’est prévu avant le retour des instituteurs prisonniers ou déportés en Allemagne.

Dès son installation, le Gouvernement provisoire annule les mesures prises par le gouvernement de Vichy. L’affichage de l’effigie du Maréchal Pétain est prohibé dans tous les édifices publics. Les anciennes Ecoles Normales sont rétablies. Les groupements dissous sont réputés n’avoir pas cessé d’exister et sont remis en possession des biens dont ils ont été dessaisis.

L’ordonnance du 9 août 1944, prévoit l’annulation de toutes les mesures relatives à l’interdiction des livres scolaires et sur l’éducation religieuse. Les programmes des écoles primaires élémentaires reprennent ceux en vigueur en 1939.
Le maréchal Pétain se constitue prisonnier et l'Allemagne capitule le 8 mai 1945.

L’enseignement donné dans les écoles primaires publiques se rapporte à un triple objet : éducation morale, civique et patriotique, éducation intellectuelle, activités d’éducation générale à base d’éducation physique. (Arrêté du 16 août 1941)

L’éducation morale et physique des jeunes Français est au premier plan des préoccupations du Gouvernement. Il faut que les jeunes gens fassent à l’Ecole provision de santé et d’énergie et qu’ils deviennent pour le service du pays des hommes forts d’âme et de corps. Ils doivent se développer et s’endurcir physiquement, se discipliner moralement et apprendre à se conduire dans la vie. Ainsi se feront des hommes dont les Grecs disaient qu’ils doivent être beaux, braves et bons.

A cet effet, il a été décidé de réserver une place importante à certaines activités qui sont le complément nécessaire de disciplines intellectuelles. Elles seront groupées sous le nom d’« activités d’éducation générales » parce qu’elles intéressent l’individu tout entier, dans sa vie physique, intellectuelle et morale. (Circulaire du 18 novembre 1940)

Cette préoccupation se traduit par la création du Commissariat Général à l’Education Générale et aux sports, avec, à sa tête, J. Borotra, ancien champion international de tennis, apôtre fervent de la rééducation morale par le sport.

Cet enseignement occupe neuf heures hebdomadaires, réparties en quatre séances. Outre l’éducation sportive, il s’intéresse à l’enseignement de l’hygiène, aux travaux manuels, au chant choral, à la préparation à la vie en plein air et sa pratique dans les camps de jeunesse.

Les instituteurs sont préparés, pendant un mois, dans des centres régionaux.

La formation du corps et du caractère occupant une place importante dans l’éducation de la jeunesse, il est demandé aux communes d’installer, auprès de chaque école, un terrain de jeux et d’éducation physique.



Tous les ans au printemps, les écoles participent activement à la lutte contre le doryphore. L’arrêté du 18 février 1941, rend obligatoire cette lutte menée avec le concours de toute la population, que plus que jamais la production des pommes de terre est essentielle pour le ravitaillement du pays. De même, en février 1942, l’entretien d’un jardin devient obligatoire. Pour l’obtention d’un terrain, l’instituteur doit s’entendre avec la municipalité et les cultivateurs. Pour la question des plants, chaque école doit constituer un stock de 40 kilos de plants en puisant sur la récolte précédente, en faisant appel aux amis de l’école ou par une collecte.

Pour les écoles ayant une cantine, les récoltes sont mises à sa disposition et consommées par les enfants eux-mêmes.



Le débarquement américain en Afrique du Nord provoque l’occupation de la Zone libre par les allemands le 11 novembre 1942.

Les besoins en main-d’œuvre de l’Allemagne font instituer le Service du travail obligatoire (S. T. O).

Les classes 40 à 42 sont mobilisées en Février 1943. Les réfractaires au S.T.O. vont peupler les maquis.

Les instituteurs n’échappent pas à cette réquisition. Ils participent, comme d’autres, dans le combat contre l’occupant ; certains s’engagent dans la résistance, d’autres, secrétaires de mairie, aident la résistance en distribuant des cartes d’alimentation, en hébergeant des clandestins, en modifiant les états civils, en fabriquant de faux-cachets ou en répandant les nouvelles de Londres…

Pour protéger les écoliers des régions touchées par les bombardements, des évacuations sont organisées. Les enfants dont les parents le souhaitent, sont dirigés dans des colonies scolaires ou répartis dans des communes d’accueil.

Le rationnement général est établi par décret du 17 septembre 1940. Les denrées insuffisantes sont distribuées, non en fonction des besoins, mais en proportion de ceux-ci. La distribution se fait sous forme de tickets d’achats ; chaque habitant reçoit une carte nominative qui lui permet, chaque mois, de recevoir des tickets.

  

Cahier d'écolier.

  

Des instituteurs sous l'occupation


A l'origine de l'implantation du maquis Durestal, c'est Pierre Larrue que tout le monde appelle ici "le père de la Résistance". Il est né le 10 avril 1884, à Paunat, petit village pittoresque situé à une quarantaine de kilomètres à l'est de Bergerac.

Instituteur, nommé à Sainte-Alvère où il exerce avec son épouse jusqu'en 1941 où sonne l'heure de la retraite.


Capitaine de réserve, il participe à la Grande Guerre, "sa glorieuse tenue au cours de la guerre 14/18" lui vaut d'être décoré de la croix de guerre. Après la guerre, il milite au Syndicat des Instituteurs où il côtoie bon nombre de celles et ceux qui furent, dans notre département, des résistants de la première heure.


On retrouve Pierre Larrue parmi les participants de l'une des premières réunions de l'Armée Secrète du secteur, organisée à l'initiative de Louis Bonnafi et Marc Goldmann et qui se déroule à Sainte-Foy-de-Longas, au lieu-dit Camberou, où Henry Demay et Léonard Clair, tous deux agriculteurs, les accueillent dans une maison au milieu des bois. Au cours de cette réunion que préside Marc Goldmann qui, dès 1942, "commence, selon Sylvain Le Bail, à réunir les volontés qui se font jour, il est question de l'organisation des futurs maquis. Il faut, ajoute Sylvain Le Bail, trouver les hommes sur lesquels le mouvement pourra s'appuyer, puis recruter et former.


Cette fonction d'instituteur, rappelle Fernand Sabouret, lui avait permis de connaître toutes les familles de la commune, pour avoir enseigné à leurs enfants. Il était lieutenant de louveterie. Cette deuxième fonction lui avait fourni l'occasion de connaître de façon absolument parfaite l'immense zone boisée située aux confins des cantons du Bugue, Sainte-Alvère et Vergt.

Il fut l'un des principaux organisateurs de l'Armée Secrète dans son secteur et on lui doit l'implantation, au lieu-dit La Font du But, du premier maquis de la région, celui de Durestal, sur la commune de Cendrieux, Sainte-Avit-de-Vialard et Sainte-Alvère.


C'est lui, note Sylvain Le Bail, qui indiqua aux résistants le premier emplacement qui deviendra le PC de "Mireille" en septembre 1943, à Durestal. Lesquels prendront le nom de groupe des "Sangliers".

Des lors, Pierre Larrue, désigné par les Renseignements Généraux comme "responsable du ravitaillement des réfractaires, s'efforce, pour ce faire, de créer un réseau de "légaux', parmi lequel Sylvain Le Bail mentionne Hélène Lalot qui apporta une large contribution et Jeanne Verdier qui, après son brevet d'études professionnel, occupe quelques emplois intérimaires, dont un poste d'enseignante à Sainte-Alvère et qui, à la demande de Pierre Larrue et, avec la complicité de sa sœur Marguerite, secrétaire à la mairie de Sainte-Alvère et l'accord du maire Adrien Bels, réalise des faux papiers pour les réfractaires ou les personnes visées par les lois de Vichy.

Cependant, Pierre Larrue est recherché tant par la police allemande que par celle de Vichy. Devenu gibier, mais en connaissant toutes les ruses, le fin chasseur qu'il est, échappe à ses prédateurs jusqu'à la fin de l'occupation.

(Jean-Paul Bedoin / ANACR)

  

Lettre du Chef de l'Etat français à Jacques Papini à Bonnac en Ariège, 1942.

Mon cher enfant.

J'ai reçu la lettre par laquelle tu me fais savoir que tu as profité de mes conseils.

Persévère dans tes efforts. Travaille bien et sois loyal ; tu feras plaisir à tes parents et à tes maîtres.

Donne toi pour règle d'accomplir scrupuleusement la tâche de chaque jour ; ainsi tu rendras service à toi-même et à la France.

Ph. Pétain