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 Pédagogie

« La pédagogie est, pour ainsi dire, la théorie de l’éducation

                                                                        et l’éducation la pratique de la pédagogie. »                                                                                                           Gabriel Compayré

  

Modes d’enseignement :


Ils ont trait aux divers groupements des élèves, aux diverses façons dont l’enseignement est donné.

Si le maître s’adresse à un seul élève, c’est le mode individuel (cas du précepteur); s’il s’adresse à toute une classe, c’est le mode simultané ; s’il charge des enfants à instruire les autres, c’est le mode mutuel. L’alliance des procédés simultané et mutuel est appelé mode mixte.


Dans les écoles d’autrefois on avait recours au mode individuel. Il disparut au cours du XIXe siècle. Le maître passait d'un élève à l’autre successivement ; chacun, pendant de longs et nombreux intervalles, restait abandonné à ses propres forces, ou à son impuissance, ou à son insouciance.

Le mode mutuel était utilisé au début du XIXe siècle afin de palier au déficit d’enseignant et la nécessité d’instruire un nombre important d’enfants.

L’enseignement simultané consiste à ordonner l’école de manière que tous les élèves puissent recevoir ensemble l’enseignement sur les diverses parties du programme.

L’application du mode simultané aux petites écoles, était l’œuvre de J.B. de la Salle. Il confiait à chacun de ses maîtres une classe entière, divisée au plus en trois groupes (les faibles, les médiocres, les forts), qu’ils devaient exercer successivement sur les matières inscrites dans leur programme.

La règle générale aujourd’hui est le mode simultané.

Les méthodes.


Premier élément : l'ordre

Le maître qui transmet des connaissances dispose de deux méthodes : l’induction ou la déduction.

S’il prend les faits comme point de départ, les fait observer, expérimenter, classer par les élèves pour conduire à la loi qui les domine : c’est l’application pédagogique de la méthode inductive. S’il s’appuie sur des définitions, des règles qu’il explique et fait comprendre, et par déduction il passe aux applications, aux cas particuliers qui en découlent : c’est alors la méthode déductive.


Deuxième élément : la forme

La forme que l’on donne à l’enseignement en le transmettant aux élèves peut être de deux manières. Soit on expose l’objet de la leçon, on parle magistralement : c’est la méthode d’exposition ; soit on interroge les élèves, leur suggérant, leur faisant découvrir ce que l’on veut leur apprendre : c’est la méthode d’interrogation ou méthode maïeutique (socratique).


Les deux éléments de la méthode, l’ordre et la forme, ne sont pas séparés ; que l’on induise ou que l’on déduise, il faut ou exposer, ou interroger.

« Chacun de ses méthodes a ses caractères et ses avantages propres. D’une façon générale on peut dire que le choix de l’induction ou de la déduction est déterminé surtout par la nature de la science que l’on enseigne… d’autre part, la préférence à donner à l’exposition suivie ou au système des interrogations dépend en grande partie de l’âge et de l’intelligence des enfants auxquels on s’adresse », écrit Gabriel Compayré dans son cours de pédagogie.

Citations


« L’éducation est le développement dans l’homme de toute la perfection que sa nature comporte. » Kant


« L’éducation a pour but de donner au corps et à l’âme toute la beauté et toute la perfection dont ils sont susceptibles. » Platon


 « L’éducation est l’art d’élever les enfants et de former les hommes. » J.J. Rousseau


 « L’éducation est le développement harmonique des facultés physiques, intellectuelles et morales. » Denzel


« L’éducation a pour but de faire de l’individu un instrument de bonheur pour lui-même et pour les autres. » James Mill


« L’éducation est la préparation à la vie complète. » Herbert Spencer


« L’éducation est une opération par laquelle un esprit forme un esprit et un cœur forme un cœur. » Jules Simon


« L’éducation est l’art de préparer la vie éternelle en élevant la vie présente. » Dupanloup


« L’éducation est l’ensemble des efforts réfléchis par lesquels on aide la nature dans le développement des facultés physiques, intellectuels et morales de l’homme, en vue de sa perfection, de son bonheur et de sa destination sociale. » Gabriel Compayré

  

" L'Education n'est plus uniquement considérée comme une "pratique" : elle devient, de plus, l'objet d'une étude scientifique (les sciences de l'éducation) et n'est plus indépendante des progrès de la science et de la technique." Gaston Mialaret

  


 Dossier

L'échec scolaire

Le GFEN contre la théorie des dons


Dans les années 60, l'ouverture du Secondaire à tous les élèves à mesure de justice sociale tout autant que nécessité économique a révélé un phénomène jusqu'alors impensé : l'échec scolaire, assez massif à l'époque. Comment va-t-on alors l'expliquer ? Par la théorie des dons, entendus comme aptitudes naturelles, dont chacun hérite par son patrimoine génétique.

Les dons sont un prêt-à-penser idéologique justifiant les inégalités, qui déporte les raisons des difficultés vers l'individu, vers le programme génétique auquel son destin serait inexorablement soumis, indépendamment du contexte où il agit, des expériences et des interactions avec son entourage. (Jacques Bernardin)


 «Tous les enfants partagent la capacité d’apprendre et de progresser.».

Mais on le voit bien aujourd’hui : tant qu’existeront des forces sociales dirigeantes intéressées à conserver une inégalité de masse face à l’école, combattre la perverse idéologie justificatrice des «dons» inégaux restera une tâche de salubrité publique... (Lucien Sève)


Nos capacités psychiques supérieures par rapport à l'animal, n’ont pas du tout leur origine dans le cerveau. Ainsi le lieu premier de la langue maternelle n’est pas le cerveau mais la famille et au-delà d’elle le monde social...

Le monde socioculturel humain est infiniment plus qu’un simple environnement de l’individu : c’est l’humanité même. Des animaux aux humains évolués s’est ainsi opérée une foncière inversion : ce qui fait d’un chimpanzé un chimpanzé vient pour l’essentiel de son génome, et se voit seulement moduler par l’environnement ; ce qui fait de nous des humains évolués tous semblables et tous différents vient au contraire pour l’essentiel de notre monde social externe...


Le point capital est donc ceci : nos capacités supérieures ne sont pas des données de nature en nous mais des acquis d’histoire hors de nous que nous avons à nous approprier. Bien différent d’un pur environnement, le monde socioculturel est pour chacun de nous un capital milieu formateur, et ce qui décide de notre personnalité biographique, par exemple de notre destin scolaire, est la façon singulière dont se nouent nos relations formatrices avec lui…

Ici les attentes familiales jouent un grand rôle et pas seulement elles. Chez qui ne prennent pas sens des apprentissages donnés, ils demeurent une corvée – les capacités correspondantes ne se forment pas, ou mal. Chez qui ils font sens, vécus comme un agrandissement de soi-même, ils sont intériorisés avec faveur et peuvent même devenir passion – ainsi prennent corps les prétendus «dons». S’imaginer qu’on en trouvera la source «dans le cerveau» est débile.

Mais nulle capacité, bien sûr, ne se forme sans en passer par le cerveau. De sorte que si ses caractéristiques générales et personnelles ne peuvent expliquer les capacités psychiques supérieures, elles ont une part dans leur genèse. Du point de vue biologique, nous sommes tous différents à la naissance ; très tôt se manifeste par exemple un tempérament nerveux singulier, qui par lui-même ne décide pas d’un destin mais va durablement marquer une idiosyncrasie. Tel enfant «pense vite», tel autre «réfléchit longtemps», or les parents vous le diront: «tout petit déjà...». Et à qui «pense vite» ou «réfléchit longtemps» il y a des choses que vous ferez plus difficilement faire. «Tous capables» n’a rien de commun avec «tous pareils». Disons même que favorise la croyance aux «dons» une manière trop sommaire de les nier. Oui, chacun a sa complexion propre, dans la formation de laquelle du biologique natif a sa part – majeure même, dans des cas pathologiques... (Lucien Sève)


Contre la théorie du handicap socioculturel


L'idée de handicap socioculturel s'est substituée aux dons pour expliquer l'échec scolaire : celui-ci serait dû aux déficits de langage, d'ouverture culturelle, de références et d'ambition, en bref aux carences de la socialisation familiale. Dans une telle perspective, on parle de « richesse » ou de « pauvreté » du milieu, sans vraiment spécifier de quoi on parle et sans interroger le point de vue d'où l'on se situe : tendance classique à l'« ethnocentrisme », posture de domination qui consiste à considérer ses propres usages, pratiques et valeurs comme étant des référents universels.

Est-ce l'élève qui est handicapé ou l'école qui est handicapante ? Pour la sociologie critique des années 70, c'est le système éducatif qui transforme les injustices sociales en inégalités scolaires. Dans l'espace socio-familial, se construit un habitus (dispositions psychiques incorporées : rapport au monde, façons de penser et de parler, etc.) qui va constituer une grille d'appréhension du réel. Bourdieu parle de violence symbolique lorsque le système scolaire présuppose chacun des élèves de plain-pied avec ses exigences (en matière de disposition vis-à-vis des études, de références culturelles, de rapport au langage). Il discrimine et sélectionne en supposant présent chez tous ce qui ne fait connivence que pour certains et « en ne donnant pas explicitement ce qu'il exige »... (Jacques Bernardin)



La conviction innéiste, qui sous-tend la croyance en l’inégalité des «dons», la disparité des «races», l’infériorité des femmes, n’est donc pas fortuitement entretenue par l’idéologie néolibérale : c’est le justificatif imaginaire majeur de l’apologie du capitalisme comme forme insubstituable des rapports sociaux – qu’on la donne pour voulue par Dieu ou imposée par la nature. (Lucien Sève)