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 5ème République 1958 - ....

De Gaulle, président, met en place le 28 septembre 1958, une nouvelle constitution donnant plus de pouvoir au président de la République.

Le 28 décembre 1858, il est introduit une nouvelle unité monétaire avec une période transitoire d'adaptation, et une appellation officielle provisoire : Nouveau Franc. Cette période prend fin le 31 décembre 1962. Désormais, le "nouveau franc" devient le "franc" et l'"ancien franc" devient le "centime".


Pour devenir candidat au baccalauréat, l'école est inégale, suivant qu'on entre en classe de Fin d'Etudes primaires, en classe de sixième de Cours Complémentaires, ou en classe de sixième des lycées et collèges. Il apparaît nécessaire de transformer les institutions scolaires. La réalisation de "l'école unique" passe par la finalisation de l'école par "degrés". Le régime de la cinquième République, sans plan cohérent, à travers des mesures successives, va effectuer les remaniements nécessaires.

 

Avec l'augmentation de la natalité dans les années 50, les effectifs primaires croissent régulièrement

Vu l'importance et l'urgence des besoins, on recrute un nombre important de bacheliers comme instituteurs remplaçants ou suppléants. Ceux-ci apprennent le métier sur le tas, par eux-mêmes.

La féminisation du corps des instituteurs s'accentue.

Freinet acquière une reconnaissance et ses méthodes ont, peu à peu, droit de cité.

Des événements, en mai 1968, bouleversent la société.


La discipline s’assouplie et les récompenses sont supprimées. Les blouses sont abandonnées.

Le 6 janvier 1969, une circulaire enterre notes et classements, une pratique datant de 1890. La circulaire rappelle l'importance "des progrès de l'élève par rapport à lui-même et qu'il faut surtout "éviter de dramatiser la note".

Des appréciations globales telles que " très satisfaisant ", " satisfaisant ", " moyen ", " insuffisant ", " très insuffisant " auxquelles on peut faire correspondre, si on le juge bon, les symboles A, B, C, D, E, ou 1, 2, 3,4, 5, constituent un système non pas plus rudimentaire que le système traditionnel, mais plus rationnel et mieux adapté aux données. Il sera bien entendu utile à l'élève que cette appréciation globale s'accompagne d'annotations plus détaillées, concernant par exemple, l'orthographe, l'ordre, le vocabulaire, la syntaxe, la précision, l'habileté, les facultés de raisonnement, l'invention, le sens artistique, etc.

Cette réforme portée à bout de bras par Edgar Faure, ne survit cependant pas à l'élection de Georges Pompidou en 1971.

Les professeurs de CEG estimant enseigner à un niveau supérieur à celui des classes primaires, s'efforcent de sortir du corps des instituteurs. Ils obtiennent gain de cause en 1969 ; le décret du 30 mai crée le corps académique des professeurs d'enseignement général des collèges (PEGC) et leur formation passe à trois ans. Les instituteurs des classes de transition intègre le corps des PEGC en 1975.

Loi Jospin du 10 juillet 1989 sur l’éducation.

Article premier - L’éducation est la priorité nationale. le service public de l’éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants. Il contribue à l’égalité des chances.

Le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté (...)

Article 4 - La scolarité est organisée en cycles pour lesquels sont définis des objectifs et des programmes nationaux de formation comportant une progression annuelle ainsi que des critères d’évaluation.

La scolarité de l’école maternelle à la fin de l’école élémentaire comporte 3 cycles (...)

Article 11 - Les parents d’élèves sont membres de la communauté éducative... les parents d’élèves participent par leurs représentants aux conseils d’école...

Article 17 - Sera créé, dans chaque académie, à partir du 1er septembre 1990, un institut universitaire de formation des maîtres, rattaché à une ou plusieurs universités de l’académie...

Article 18 - Les écoles, les collèges et les lycées élaborent un projet d’établissement. celui-ci définit les modalités particulières de mise en oeuvre des objectifs et des programmes nationaux... Les membres de la communauté éducative sont associés à l’élaboration du projet qui est adopté par le conseil d’école, qui statue sur proposition des équipes pédagogiques.

En 1981, la Gauche arrive au pouvoir et abolit la peine de mort.


Au fil des années, et à l'épreuve de la pratique dans les classes, on apporte de nombreux aménagements à la réforme des mathématiques modernes : la géométrie revient dans les enseignements et l'on se remet à compter en maternelle en 1983. En imposant un langage mathématique plus hermétique et abstrait, la réforme des mathématiques modernes a l'effet inverse de son ambition initiale. Elle fait de cette discipline un redoutable outil de sélection.

Les mathématiques modernes stricto sensu sont abandonnées par la plupart des enseignants durant les années 1980.

En 1984, le projet du gouvernement socialiste de faire fusionner l'enseignement public et l'enseignement privé échoue devant la forte mobilisation des parents et des hommes politiques favorables au maintien de la séparation.


Le premier ministre Laurent Fabius lance le plan "informatique pour tous" le 25 janvier 1985.

(Voir page Outils pédagogiques)

La société définit les missions du système éducatif. En réponse aux exigences socio-économiques nouvelles et aux demandes d'enseignement de masse (lycée), l’école doit prendre en compte les différences sociales et les capacités personnelles. La lutte contre l'échec scolaire et les inégalités est lancée.

Jean-Pierre Chevènement recentre l'école sur les apprentissages de base nécessaires pour accomplir une bonne scolarité réussie au collège.

Les nouveaux programmes de 1985, définissent les apprentissages fondamentaux – lire, écrire, compter – avec un accent particulier mis sur la lecture, l'orthographe et la grammaire. Les maîtres doivent s'attacher d'abord à enseigner l'essentiel. On y trouve, comme par le passé, un enseignement artistique propre à éveiller la sensibilité des enfants et l'éducation physique et sportive, nécessaire à l'équilibre et au développement des facultés intellectuelles et corporelles. On y a ajouté des notions et connaissances pratiques de sciences et de technologie, utiles dans le monde moderne, des éléments d'histoire, de géographie et d'éducation civiques. Il s'agit là des connaissances indispensables que les enfants doivent acquérir durant les cinq années de l'école élémentaire.

La formation des instituteurs est portée à quatre ans d'études après le baccalauréat, à l'université (D.E.U.G.) et dans les écoles normales.

  

La réforme Berthoin, en 1959, crée un cycle d'observation de deux années au début du secondaire. Les classes du cycle d'observation restent dans les établissements où elles sont implantées.  Les Cours Complémentaires (CC) dont la scolarité dure quatre ans, deviennent des Collèges d'Enseignement Général (CEG).

La création des CEG conduit à l'éclatement du corps des instituteurs : outre le clivage entre les normaliens et les non-normaliens, la naissance du Certificat d’aptitude à l’enseignement dans les classes de collège (CAPCEG, décret du 21 octobre 1960) et des centres de formation pour y préparer des maîtres, qui restent administrativement des instituteurs, brisent l’unité du corps.


L'obligation scolaire passe de 14 à 16 ans pour les enfants qui atteindront l'âge de 6 ans à partir du 1er janvier 1959.

L'année scolaire est aménagée en 3 trimestres équilibrés (37 semaines de scolarité et 15 semaines de vacances).


La loi Debré de décembre 1959, qui propose le contrat d’association, permet au privé d’être subventionné sous contrôle de l’Etat et aux enseignants d'être payés par l'Etat. L'idée est de trouver des solutions à la poussée démographique et aux difficultés financières rencontrées par le privé. Les établissements catholiques acceptent ce contrat d'autant plus facilement qu'il leur garantit la liberté pédagogique.

DECRET DU 6 JANVIER 1959 PORTANT REFORME DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC


TITRE I

DE L’ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE PUBLIC


Art. 1. – L'enseignement obligatoire public assure à tous les enfants des conditions égales devant l'instruction.

Art. 2. – L'enseignement obligatoire public comporte trois phases :

1° Un cycle élémentaire, ouvert à partir de la sixième année, en principe pendant une durée de

cinq ans ;

2° Un cycle d'observation, ouvert après l'enseignement élémentaire, d'une durée de deux ans, et

comportant, avec la progression normale des études, l'observation des aptitudes des élèves...;

3° Jusqu'au terme de l'obligation scolaire, un cycle terminal,...

Art. 3. – Le cycle élémentaire est le même pour tous, il assure l'acquisition des connaissances et des

mécanismes de base


TITRE IX

DES MAITRES


Art. 51. – Les maîtres de l'enseignement élémentaire sont des instituteurs recrutés et formés suivant

la législation en vigueur.

Art. 52. – Les maîtres du cycle d'observation appartiennent aux enseignements du premier degré, du

second degré et technique, ils reçoivent une formation psychologique et pédagogique spéciale. Ils

sont choisis par les recteurs après avis d'une commission académique composée des inspecteurs

d'académie du ressort, assistés d'une représentation des maîtres des différents ordres

d'enseignement associés au cycle d'observation.

Art. 53. – Les maîtres des enseignements limités à la période de l'obligation scolaire sont, sous

réserve des dispositions prévues à l'article 31, des instituteurs.

Art. 54. – Les maîtres de l'enseignement général court sont normalement des instituteurs pourvus

d'une licence adaptée à leur mission ; à défaut, ils sont choisis et préparés dans des conditions

appropriées, qui sont fixées par arrêté du ministre de l'éducation nationale.

Des professeurs de l’enseignement général long et de l'enseignement professionnel peuvent être

détachés, pour l'enseignement de leur spécialité et pour partie de leur service, dans les

établissements de l'enseignement général court.

Giscard d'Estaing, président en 1974, permet la légalisation de l'interruption de grossesse et abaisse la majorité à 18 ans.

Pour René Haby, le collège doit être unique, donner les mêmes chances à tous, révéler les aptitudes et intérêts différents des élèves, préparer à des orientations ultérieures différentes.

Par la publication de la loi du 11 juillet 1975, René Haby unifie les structures administratives du premier cycle en supprimant la distinction entre CES et CEG, qui deviennent tous des collèges.

Il unifie les structures pédagogiques en mettant fin à l'organisation de la scolarité en filières, les sections devenant « indifférenciées ». La répartition des élèves dans les classes s'effectue sans distinction, l'hétérogénéité est établie, des actions de soutien et des activités d'approfondissement sont organisées, le diplôme national du Brevet des collèges sanctionne la formation acquise. Le brevet est obtenu, soit à la suite d'un examen, soit au vu des seuls résultats scolaires du candidat.

Mais le collège unique est très vite confronté à des difficultés persistantes car il doit accueillir tous les enfants jusqu'à seize ans tout en préparant une partie d'entre eux à des études longues : c'est là toute l'ambiguïté. La réforme Haby n'a cependant pas réussi à créer un véritable parcours unique : le jeu des options (notamment du grec et du latin, le choix des langues vivantes) a très vite joué, à l'entrée en quatrième, un rôle de filtre.


René Haby crée les comités de parents. La participation des familles au fonctionnement des écoles devient effective, avec la présence de parents élus au conseil d’école.

  

Loi du 11 juillet 1975 dite loi Haby


Art.1er. — Tout enfant a droit à une formation scolaire qui, complétant l’action de sa famille, concourt à son éducation.

Cette formation scolaire est obligatoire entre six et seize ans. Elle favorise l’épanouissement de l’enfant, lui permet d’acquérir une culture, le prépare à la vie professionnelle et à l’exercice de ses responsabilités d’homme et de citoyen. Elle constitue la base de l’éducation permanente. Les familles sont associées à l’accomplissement de ces missions…

Art.2. —Les classes enfantines ou les écoles maternelles sont ouvertes, en milieu rural comme en milieu urbain, aux enfants qui n’ont pas atteint l’âge de la scolarité obligatoire. A l’âge de cinq ans, tout enfant doit pouvoir, selon le vœu de sa famille, y être accueilli, ou à défaut, être admis dans une section enfantine d’une école élémentaire…

Art. 3. —la formation primaire est donnée dans les écoles élémentaires suivant un programme unique réparti sur cinq niveaux successifs (organisés en trois cycles – cycle préparatoire, élémentaire, moyen) ; la période initiale peut être organisée sur une durée variable.

La formation primaire assure l’acquisition des instruments fondamentaux de la connaissance : expression orale et écrite, lecture, calcul ; elle suscite le développement de l’intelligence, de la sensibilité artistique, des aptitudes manuelles, physiques et sportives. Elle offre une initiation aux arts plastiques et musicaux. Elle assure conjointement avec la famille l’éducation morale et civique.

Art.7. —Dans les écoles et collèges, des aménagements particuliers et des actions de soutien sont prévus au profit des élèves qui éprouvent des difficultés. Lorsque celles-ci sont graves et permanentes, les élèves reçoivent un enseignement adapté…

Art.10. -- Durant la scolarité, l’appréciation des aptitudes et de l’acquisition des connaissances s’exerce par un contrôle continu assuré par les enseignants sous la responsabilité du directeur ou du chef d’établissement…

Art.12. -- Un enseignement des langues et cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité.

Art.13. —Dans chaque école, collège ou lycée, les personnels, les parents d’élèves et les élèves forment une communauté scolaire. Chacun doit contribuer à son bon fonctionnement dans le respect des personnes et des opinions…

Art. 14. -- Un directeur veille à la bonne marche de chaque école maternelle ou élémentaire ; il assure la coordination nécessaire entre les maîtres. Les parents d’élèves élisent leurs représentants qui constituent un comité des parents, réuni périodiquement par le directeur d’école. Le représentant de la collectivité locale intéressée assiste de droit à ces réunions.

Joseph Fontanet passe ses pouvoirs au nouveau ministre de l'Education nationale, René Haby, mai 1974.

¨Passation de pouvoir à l'Education nationale entre Jean-Pierre Chevènement et René Monory, le 24 mars 1986. (photo Patrice Cotteau/Keystone)

CPA.

Tous solidaires pour leur avenir.

Manifestation Nationale, Paris, 23 novembre 1986.

1789, Recueil de textes et documents pour le bicentenaire de la Révolution française et de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Ministère de l'Education Nationale de la jeunesse et des sports.

Accompagné d'un texte à lire dans toutes les classes le 21 mars 1989. les textes ci-dessous constituent des extraits de différents écrits de Condorcet, d'une part le 5ème mémoire sur l'instruction publique (1791), d'autre part le rapport et projet de décret sur l'organisation générale de l'instruction publique (20-21 avril 1792). Dernier représentant des philosophes du siècle des lumières, Condorcet (1743-1794) fut parmi les révolutionnaires un de ceux qui s'intéressèrent le plus à l'instruction, garantie de la liberté et l'égalité.

Le fonctionnement d'un "Cycle d'observation" entraîne un élargissement considérable de recrutement des classes de 6e et ouvre l'accès de ces classes à tous les élèves ayant accompli une scolarité élémentaire satisfaisante. Pour que ces enfants suivent avec profit l'enseignement du Cycle d'observation, il faut qu'ils possèdent, d'une manière très sûre, les connaissances fondamentales en français et en calcul.

La Circulaire du 19 octobre 1960 précise qu'il convient de remarquer (à ce sujet) que le but de l'enseignement dispensé dans les classes élémentaires s'est sensiblement modifié. Lorsque la plupart de nos écoliers s'engageaient dans une profession à 14 ans, il importait surtout de les mettre en mesure de continuer à s'instruire pendant toute leur vie et de leur en donner le désir. La perspective est bien différente depuis que la poursuite des études est devenue la règle pour la grande majorité de nos élèves et que ceux-là même que leurs aptitudes n'orientent pas dans cette voie entreront néanmoins dans les classes terminales où ils resteront bientôt jusqu'à 16 ans. Il apparaît donc avec netteté que le rôle essentiel des maîtres des classes élémentaires est maintenant plus encore que par le passé d'établir les fondations solides et durables de tout l'édifice scolaire.

Cette nécessité s'impose notamment dans les disciplines fondamentales : lecture, grammaire, orthographe, rédaction et calcul. On est en droit d'attendre des enfants de 10 à 12 ans d'intelligence normale qu'ils ne trébuchent pas à tout instant en déchiffrant un texte simple, qu'ils connaissent les règles élémentaires de la conjugaison, qu'ils sachent accorder un verbe avec son sujet, même si ce dernier ne se trouve pas à sa place habituelle, qu'ils s'expriment correctement oralement ou par écrit, qu'ils soient capables d'ordonner leurs idées dans un petit paragraphe, qu'ils n'hésitent pas sur le sens d'une opération arithmétique, qu'ils ne commettent pas des erreurs dues à une connaissance imparfaite des tables... Il est donc recommandé instamment aux maîtres des classes élémentaires de consacrer tous leurs efforts à fixer d'une manière durable, dans ces diverses matières, les connaissances prévues par les programmes. Ils n'y parviendront qu'au prix de répétitions fréquentes et d'exercices nombreux.

La réhabilitation du rôle de la mémoire, qu'amorçaient déjà les instructions du 20 septembre 1938, devra être reprise car il n'est pas douteux que, pour de jeunes enfants, le "par cœur" ne soit la forme la plus authentique et la plus durable du savoir.

 

Le par cœur de 1887 n'est plus valable en 1961, rétorque l'Ecole Moderne de Freinet.

Le par cœur ne peut être que l'instrument du verbalisme et de la scolastique que nous condamnons, c'est pour défendre la tradition de l'Ecole Républicaine et Libératrice que nous fustigeons la circulaire signée par M. Lebettre.

  

La réforme de l'enseignement du français voie le jour le 4 décembre 1972.

L'enseignement du français est donné pour aider l'enfant à communiquer et à penser.

L'oral est revalorisé et on recommande le décloisonnement des activités de grammaire, lecture, écriture et orthographe.

En raison même de l'importance reconnue de chacun des éléments qu'un bon enseignement associe, on a tenu longtemps à les distinguer. Pour s'assurer de n'en négliger aucun, on attribuait à chacun une fraction déterminée de l'horaire. En unifiant ce dernier, l'arrêté du 7 août 1969 a répudié une méthode qui présente en effet de grands inconvénients.  (Joseph Fontanet, Instructions Officielles du 4 décembre 1972)

La nomenclature grammaticale est réformée en 1975.


Pour rééquilibrer les jours de travail à l'école, à partir de la rentrée de 1972, la pause de milieu de semaine est déplacée du jeudi au mercredi.

Dans les Ecoles normales les classes de préparation au baccalauréat ferment, une année après l'autre, à partir de 1971. La formation des normaliens est portée à deux ans (circulaire du 6 juin 1969). Depuis 1972, les instituteurs peuvent bénéficier d'actions de formation continue. Chaque instituteur a droit à l'équivalent d'une année de formation à répartir sur l'ensemble de sa carrière. En période de stage de formation, les instituteurs sont remplacés par des instituteurs titulaires-remplaçants.

La loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, dite loi Jospin, reconnaît de façon institutionnelle la place centrale de l'enfant. L'idée est de construire un "parcours de la réussite" où l'élève réfléchira par lui-même et sera guidé dans son apprentissage.

L'élève est acteur de sa formation et de son orientation. Les notions de pédagogie du contrat, du projet, d'appropriation active de savoirs utiles et réinvestissables, de méthodes de travail s'affirment. Une nouvelle problématique enseigner/apprendre se dessine.


La loi d'orientation modifie largement le fonctionnement du système éducatif.

Elle se compose d'un article fondamental, l'article premier:

« L'éducation est la première priorité nationale. Le service public de l'éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants. Il contribue à l'égalité des chances (...) »

La scolarité s’organise en trois cycles de trois ans pour le primaire : cycle des apprentissages premiers (cycle1) de la petite à la grande section de maternelle ; cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2)  de la grande section de maternelle à la fin du CE1 ; cycle des approfondissements (cycle 3) du CE2 au CM2.

Les enseignants doivent donc se concerter afin d’assurer la continuité éducative, et pratiquer une pédagogie différenciée, fondée sur l’évaluation continue des acquis des élèves.

Un Conseil National des Programmes est mis en place pour donner des avis sur les programmes scolaires. Les écoles, collèges et lycées sont tenus d'élaborer et d'appliquer un projet d'établissement qui détaille la mise en œuvre des objectifs nationaux et les adapte à la situation locale.

En ce qui concerne la formation des enseignants, les Instituts Universitaires de Formation des maîtres (IUFM) sont créés.

L'objectif de la loi d'orientation du 10 juillet 1989 de « conduire d'ici à dix ans l'ensemble d'une classe d'âge au minimum au niveau du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) ou du brevet d'études professionnelles (BEP) et 80 % au niveau du baccalauréat » n'a cependant pas été atteint.

  

  

Programmes et instructions pour l'Ecole élémentaire de 1985.

- Une institutrice à son bureau en 1950.

En septembre 1970, suite aux préconisations de la Commission Lichnerowicz, les écoles primaires passent aux mathématiques modernes.

Les mathématiques sont considérées comme la base d'une culture générale tournée vers la science et la technique.

Il ne s'agit plus de préparer l'enfant aux problèmes numériques de la vie courante, par des calculs de mesures ou de coûts, mais de commencer l'apprentissage d'une science déductive, d'un langage, que l'on approfondirait par la suite. (Antoine Prost, Histoire de l'enseignement et de l'éducation)

À l'école primaire, la théorie des ensembles et les bases de numération autres que la base 10 constituent l'aspect le plus visible de la réforme. On espère développer la pensée logique et les facultés d'abstraction des élèves.

Lorsque la réforme est mise en œuvre, de nombreux enseignants ne sont pas prêts ; beaucoup ne comprennent pas grand-chose aux mathématiques modernes, et les besoins de formation sont mal anticipés et pas toujours satisfaits.

Colloque d’Amiens


Du 15 au 17 mars 1968, s’est tenu à Amiens un colloque avec la participation de hauts fonctionnaires de l’éducation nationale et des chercheurs en éducation.

Dans la déclaration finale du 17 mars 1968, les membres du colloque," profondément troublés par l’inadaptation d’un système éducatif hérité du XIX siècle " s’accordent sur " l’urgence d’une rénovation éducative aussi bien que pédagogique qui ne saurait être différée sans risques de sérieuses tensions psychologiques, économiques et sociales ". Le rapport final indique " les grandes lignes d’une rénovation pédagogique ", et stigmatise "les excès de l’individualisme qui doivent être supprimés en renonçant au principe du classement des élèves, en développant les travaux de groupe, en essayant de substituer à la note traditionnelle une appréciation qualitative et une indication de niveau ( lettres A,B,C,D,E ) ".

Il est affirmé qu’il faudrait " individualiser les rythmes de progression " et que le contenu des enseignements devrait " être fixé par cycles et non plus par année scolaire, cette souplesse d’organisation rendant nécessaire la constitution d’équipes de professeurs adoptant une stratégie pédagogique concertée ". Enfin les membres du colloque recommandent tout particulièrement "l’institution, auprès de chaque Académie, d’un centre Universitaire de Formation et de Recherche en éducation, et deux années de formation professionnelle pour tous les futurs enseignants ".

Après avoir souligné dans son discours de clôture que la " relation entre l’école et la société traverse une crise véritable que l’on peut mesurer à la méfiance voire à l’agressivité de la jeunesse ", le ministre très gaullien de l’Education nationale Alain Peyrefitte affirme ne voir une solution que par " la réforme des méthodes de l’enseignement " et précise qu’il " retient volontiers pour caractériser l’esprit nouveau, le mot ‘’animateur’’ qui a été employé au sein du colloque […] ; tout cela signifie que nous voulons des maîtres qui soient moins les serviteurs d’une discipline que les serviteurs des enfants, des maîtres qui sachent, certes, de quoi ils parlent, mais aussi et surtout à qui ils parlent."

"C’est seulement par cette réforme des méthodes de l’enseignement, conclut le ministre Alain Peyrefitte, que l’école peut remplir aujourd’hui sa mission de toujours, celle d’initier à une culture ; or cette initiation, aujourd’hui, ne peut qu’être une invention : il s’agit d’aider à la mue de la société, d’apprendre à vivre dans l’incertain sans angoisse ni indifférence, d’éduquer le sens critique, d’enseigner l’ironie, de fortifier à la fois l’autonomie et la sociabilité. Dans cette liberté, naîtra une nouvelle culture, qui sera une culture de notre temps." (Claude Lelièvre)

Suite aux évènements de mai 1968, plusieurs réformes ont connu un commencement de mise en œuvre ou, du moins, ont marqué certaines mesures promulguées quelques mois plus tard.

Jean Piaget, Psychologie et Pédagogie, La réponse du grand psychologue aux problèmes de l'enseignement, Bibliothèque Médiations Editions Denoël, 1973.

La classe des petits dans une école à deux classes en 1974.

Olivier Guichard demande aux recteurs de procéder à la gémination des écoles.

Progressivement depuis 1962, par simple rationalisation administrative, la fusion de deux écoles d'effectif faible permet d'avoir une école mixte d'effectif raisonnable avec plusieurs classes successives et d'éviter la classe unique. On ferme également des écoles de filles et de garçons, pour constituer des écoles mixtes avec selon les besoins des classes supplémentaires.

Dans le grand mouvement qui depuis une vingtaine d'années bouleverse et remodèle les structures de nos enseignements, il semblait que l'école primaire eut été oubliée.

La vague démographique l'a parcourue à partir de 1950 et l'a laissée comme étonnée d'avoir dû faire face si vite à tant de besoins. Beaucoup de maîtres y sont entrés qui n'ont dû leur formation qu'à leur bonne volonté.

Devant l'urgence des tâches d'encadrement, on a remis à plus tard la réflexion sur l'enseignement. On l'a si bien remise qu'aujourd'hui l'urgence s'en impose à son tour. (Olivier Guichard - Discours d'ouverture du stage de Sèvres, octobre 1969)


Le paysage pédagogique de l’école primaire va se modifier de façon considérable. Le tournant s’amorce officiellement avec l’arrêté du 7 août 1969, complété par la circulaire du 2 septembre.

Désormais l’école élémentaire doit être une école préparatoire de tous, ne se proposant plus de donner à chacun un bagage minimum de connaissances, mais de développer la possibilité d’en acquérir ultérieurement.

La durée hebdomadaire de la scolarité dans les écoles élémentaires et maternelles est fixée à vingt-sept heures au lieu de trente dès la rentrée scolaire 1969, avec fermeture des écoles le samedi après-midi. Elle permet aux maîtres de consacrer à leur perfectionnement pédagogique un temps équivalent à trois heures par semaine.

Le tiers temps pédagogique, réclamé depuis des années par la plupart des pédagogues et par les médecins, repose sur le principe d'une redistribution du temps accordé, chaque jour, aux différentes disciplines.

Les matières fondamentales, mathématiques et français, qui nécessitent un maximum d'attention, sont désormais enseignées le matin de préférence. L'après-midi est réservé aux disciplines dites d'éveil (histoire, géographie, sciences naturelles, musique, dessin, etc.) qui font davantage appel aux qualités d'observation ou d'initiative des jeunes enfants. Enfin, le troisième volet de l'activité scolaire est constitué par l'éducation physique et le sport dont le nombre d'heures passe de deux heures trente à six heures par semaine.

Le tiers temps n'est pas seulement un réaménagement des horaires des écoliers ; il doit s'accompagner d'une transformation de l'enseignement lui-même : méthodes et programmes. Une nouvelle pédagogie doit naître, indispensable en particulier pour l'initiation aux disciplines d'éveil.


Mais la plupart des instituteurs reconnaissent qu'ils n'ont pas été formés à ce style d'enseignement et éprouvent des difficultés à innover. Le ministère de l'Éducation nationale entreprend une vaste opération de recyclage. Trois cents conseillers (portés à 3 000 au cours des années suivantes) sillonnent les départements, pour aider les instituteurs à diriger les séances d'éducation physique.

D'autre part, la suppression des cours du samedi après-midi a permis aux instituteurs de participer à quelques stages, encore peu nombreux, ou de suivre les émissions de la radio-télévision scolaire destinées à les informer sur les méthodes d'enseignement qu'on souhaite leur voir appliquer.

L'application généralisée du tiers temps progresse à pas lents, en raison de difficultés matérielles (il n'existe pas de salles de sport dans toutes les écoles des villes) et de l'impréparation de la plupart des maîtres.

Le tiers temps est une œuvre de longue haleine qui doit révolutionner l'enseignement traditionnel de la communale et nécessite la mise au point de nouveaux programmes.

Le 18 mars 1962, les accords d’Evian donnent l’indépendance à l’Algérie.

De Gaulle, le 28 octobre 1962, fait élire le chef de l’Etat au suffrage universel direct.


Les espoirs de démocratisation fondés dans le cycle d'observation s'étant vite révélés vains, le ministre Christian Fouchet établit la durée des études à quatre années avec un cycle d'observation de 2 ans et un cycle d'orientation de 2 ans (décret du 3 août 1963). Il regroupe tous les enseignements de ce niveau dans des établissements autonomes. A côté des CEG, il crée des Collèges d'Enseignement Secondaire (CES) regroupant tous les collèges et le premier cycle des lycées.

Les classes de Fin d'Etudes qui ne mènent nulle part, sont supprimées au profit d'une nouvelle filière dans les collèges : les classes de transition (6e et 5e) et du cycle terminal pratique (4e et 3e). On crée le Certificat d’aptitude pour les classes de transition et de cycle pratique (décret du 12 juillet 1963).

Décidée depuis longtemps, la suppression des classes primaires des lycées qui ont cependant continué leur existence devient effective.

Les maîtres de l'enseignement général long, classique et moderne, sont des professeurs du secondaire, ceux de l'enseignement général court, des PEGC, et ceux des classes de transition, des instituteurs.

L'école primaire se réduit aux seules classes élémentaires : cours préparatoire, cours élémentaire 1ère et 2e années, cours moyen 1ère et 2e années : cinq années au total.


Les sociologues Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron révèlent, en 1964, que l’école méritocratique a mésestimé l’héritage familial dans la réussite scolaire.

En 1964, la France métropolitaine est divisée en plusieurs zones pour l'application des calendriers scolaires.

Le crayon à bille et la pointe mousse remplacent le porte-plume dans la trousse des écoliers.