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 Pédagogie

Maisons d'éditions scolaires


La fondation des éditions était la Librairie.

Elle dépendait de la Sorbonne, c’est-à-dire de la faculté de théologie de l’Université de Paris dont le recteur avait la haute main sur les libraires et les imprimeurs.

Depuis qu’il existe des libraires, obligation leur était faite d’habiter et d’exercer leur profession dans le Quartier latin. On nomme pays latin le quartier de la rue St-Jacques, de la Montagne Ste-Geneviève et de la rue de la Harpe. Là sont les collèges de l’université, et l’on y voit monter et descendre une nuée de sorbonistes en soutane, de précepteurs en rabat, d’écoliers en droit… (Louis-Sébastien Mercier).

Ce nom de «Librairie» était traditionnel dans l’édition française jusqu’au milieu du XXe siècle (on disait la Librairie Hachette, la Librairie Larousse, etc.). Le terme d’«Editions»  qui l’a remplacé correspond à l’évolution du métier : les libraires au XVIIIe et XIXe siècles, et même au XXe, étaient presque tous imprimeurs et éditeurs.

Puis ces métiers se sont séparés les uns des autres après la Seconde Guerre mondiale, les libraires n’impriment plus et les imprimeurs n’éditent plus.


Le décret du 5 février 1810, réorganisa en France l'imprimerie et la librairie qui, depuis 1791, étaient restées sans réglementation. Il institua une direction de l'imprimerie et de la librairie placée sous l'autorité du ministre de l'intérieur. Les imprimeurs et les libraires étaient brevetés et assermentés. Ce décret remit en vigueur quelques unes des dispositions des anciens règlements.

Le nombre des imprimeurs de Paris était fixé d'abord à soixante, puis à quatre-vingts.

  

Editions Paul Dupont


François Dupont, né à Dijon en 1763, reçoit une formation d'imprimeur à Paris, puis quitte la capitale pour Bordeaux d'abord (où il arrive en 1789) puis pour Périgueux où il fait tout le reste de sa carrière.

A peine arrivé à Périgueux, il est un des militants actifs de la jeune république, et il dirige le bataillon des volontaires de la Dordogne à la guerre de Vendée ; il y est grièvement blessé. Il abandonne vite la politique pour se consacrer à son mariage d'abord, à son imprimerie ensuite.
Il s'y enrichit assez rapidement, mais par la suite il ne sait pas s'adapter à la rapide évolution des méthodes commerciales et financières, et il meurt à 90 ans dans un état proche de la gêne.
Marié à une fille du Périgord, Marie Laborie, il n'en eut que deux enfants, Paul et Auguste; elle mourut bien avant lui, en 1813.


Paul François Dupont (1795-1879) fait son apprentissage chez Firmin-Didot.

Il est élu député du département de Dordogne de 1853 à 1870, et sénateur de 1876 jusqu'à sa mort en 1879.

Il fonde lui-même, en 1825, une imprimerie assez importante dont les établissements se situent à Paris, 4 rue du Bouloi, puis en 1858 dans une succursale à Clichy, 12 rue du Bac-d'Asnières.

il est à l'origine de nombreuses innovations techniques dans le domaine de l'imprimerie, et est récompensé à ce titre dans plusieurs expositions internationales.

L'usine de Clichy, bombardée et occupée militairement en 1871, échappe par miracle à la destruction. L'entreprise est transformée en Société anonyme. L'usine est installée dans les vastes bâtiments de la Société des Verreries impériales, contrainte à la liquidation.


Paul Dupont son fils, issu d'un second mariage, lui succède à la direction de l'imprimerie en 1879.

L’imprimerie atteint son apogée entre les deux guerres avec un effectif s’élevant à 1200 personnes.

Menacée de fermeture, l'usine est reprise en 1969 par la Société nationale des entreprises de presse (SNEP), sous le nom de Société nationale de l'imprimerie Paul Dupont.

Mais la concurrence et la vétusté des presses conduit à la fermeture inexorable de l'’imprimerie en 1987.

- Nouveau cours d'études primaires publié sous la direction de MM. Pltrier, Martin, Brochet et Caviale, CS, livret du mois de janvier, Société d'imprimerie et librairie administratives et classiques Paul Dupont, Editeur 41, rue Jean-Jacques Rousseau, Paris, 1987


- Lire, Ecrire, Compter, Livret n°1, Ecole Moderne, Cours préparatoire, par A. Seignette, Paul Dupont, Editeur, 4, rue du Bouloi, Paris,.


- Cours complet d'enseignement primaire, Histoire de France par A. Seignette, CE, nouvelle édition entièrement revue, Paul Dupont Editeur, 4, rue du Bouloi, Paris, 1902

Editions Hachette


Louis-Christophe-François Hachette, né à Rethel (Ardennes), le 5 mai 1800, mort le 31 juillet 1864, a été le fondateur de la grande maison de librairie qui porte son nom.

Louis Hachette a été étudiant à l’Ecole normale supérieure. Après la fermeture de l’école en 1822 par les ultras, il met fin à une carrière d’enseignant. Il envisage un moment une carrière d’avocat, et suit pour cela les cours de l’école de droit. Mais son projet n’aboutit pas.

Il achète, en 1826, une petite librairie, rue Pierre-Sarrazin, dans le quartier Latin qui devient Librairie Classique de L. Hachette.

Il se spécialise dans l'édition scolaire et sa devise est « Sic quoque docebo », qu’on peut traduire par : « Ainsi, moi aussi j’enseignerai ».

Quand la loi Guizot impose l’ouverture d’une école primaire dans chaque commune, Louis Hachette qui, dès 1829, avait mis en chantier un abécédaire, est le seul à pouvoir répondre à la commande d’un million de manuels passée par l’État.

Il livre au gouvernement, pour les préfectures et sous-préfectures, qui les distribuent gratuitement dans les écoles, des masses considérables de livres élémentaires qui sont longtemps restés les seuls classiques de l'école.

Il publie des livres en collaboration avec Firmin Didot Frères, imprimeurs libraires.

Déjà, en 1832, il a, de concert avec Firmin Didot frères, F.-G. Levrault, et Jules Renouard, fondé le Manuel général de l'instruction primaire, destiné, dans l'origine, à populariser les nouvelles méthodes et à en enseigner le fonctionnement aux instituteurs.


Lorsque s'ouvrent les premières salles d'asile, Louis Hachette entreprend, en 1835, la plus ancienne publication périodique destinée à l'éducation de la première enfance qui ait paru dans notre pays, l'Ami de l'enfance. Ce journal, qui, sous la direction de Mme Pape-Carpantier, puis de Mme Kergomard, cesse de paraître en octobre 1896.

Une autre publication périodique, d'un caractère plus général, la Revue de l'instruction publique en France et dans les pays étrangers est créée par Louis Hachette en 1842, en vue de défendre, dans une mesure libérale, la cause universitaire, contre laquelle on prélude déjà, à cette époque, aux attaques passionnées et incessantes qui ont fini par triompher en 1850.

La société L. Hachette et Compagnie est créée le 1er Janvier 1846.

La même année, un contrat est signé avec Émile Littré pour la publication d’un dictionnaire, dont les premiers volumes sortent en 1863.

En 1852, la signature du contrat de concession avec sept compagnies ferroviaires pour la création et l’exploitation de Bibliothèques de gare lui permet de s’adresser au plus grand nombre: on y trouve des guides touristiques, avec les « Guides Joanne », et des romans, comme ceux de Charles Dickens, de Gérard de Nerval et de George Sand.

Dès 1854, Louis Hachette les ouvre à la vente de journaux, jusque-là assurée par le colportage, quelques librairies et la poste, pour les abonnements alors la norme pour se procurer la presse. Le commerce des périodiques rencontre un tel succès qu’il devient en l’espace de cinq ans la principale source de bénéfices des bibliothèques de gare. L’entreprise continue son œuvre de démocratisation de la culture avec l’édition d’un magazine de distraction grand public, Le Journal pour tous, et l’invention des collections, notamment la Bibliothèque des merveilles devenue la Bibliothèque rose.

Le décès en 1864 de son fondateur ne saurait ralentir le processus, la librairie Hachette constitue toujours son emprise culturelle et rachète en 1897 des messageries de journaux.

Les héritiers développent également le réseau de distribution en l’ouvrant aux marchés extérieurs, d’abord en Belgique et en Espagne pendant la première Guerre Mondiale.

En 1914, Hachette acquiert Hetzel, l'éditeur de Jules Verne.

En 1919, les Guides Joanne deviennent les Guides bleus. La collection pour enfants Bibliothèque verte est créée. Hachette et Cie devient Librairie Hachette.

En 1953, est créé, sous l’impulsion d’Henri Filipacchi, le Livre de Poche.

En 1977, la Librairie Hachette devient Hachette SA.


L’entreprise est rachetée en 1980 par Matra, en 1981 Jean-Luc Lagardère en prend la direction et crée le Groupe Livre Hachette en 1987.

En 1992, apport d’actifs de l’activité livre de Hachette SA à une société nouvellement baptisée Hachette Livre.

En 1996, Le groupe Alexandre Hatier rejoint Hachette Livre.

En 2003, À la faveur de la mise en vente du groupe Editis par Vivendi, les maisons Larousse, Armand Colin, Dunod rejoignent Hachette Livre.

- Petite géographie moderne à l'usage des écoles primaires par F. Ansart, Librairie de L. Hachette et Cie, Boulevard Saint-Germain, n°77, 1863.


- Cours d'orthographe par E. et O. Bled, CM2 et fin d'études, Classiques Hachette, 1946


- Leçons de choses, CM, par Orieux et M. Everaere, Classiques Hachette, 79, Boulevard Saint-Germain, Paris VIe, 1970.


- Math 001, l'éveil mathématique au cours préparatoire par J. Manesse et G. Lecouvez, Classiques Hachette, 79, Boulevard Saint-Germain, Paris VIe, 1970.

  

Editions Belin

L’histoire des éditions Belin commence lorsqu’un jeune Champenois, né en 1748, fils de maître d’école, décide de chercher fortune à Paris où il se rend vers 1770.

François Belin est reçu apprenti-libraire en 1773, chez le maître Chardon, d’une vieille famille de la profession.

L’acte de naissance de la Librairie Belin est du 10 mars 1777, jour où «syndic et adjoints de la Librairie et imprimerie de Paris certifions à tous que nous avons reçu libraire le sieur François Belin».

François Belin ouvre sa boutique de libraire rue Saint-Jacques, à peu près à la hauteur de l’actuel n°30.

Avant la révolution, François Belin publie et diffuse beaucoup.

En 1789, l’actualité politique devient plus pressante: François publie trois manifestes de l’abbé Grégoire, l’un pour la défense des «gens de couleur» de Saint-Domingue, véhémente dénonciation du racisme colonial, l’autre sur le redécoupage des paroisses, et enfin la célèbre Motion en faveur des Juifs qui réclame pour ces derniers la pleine citoyenneté.

En 1792, François Belin s’associe à un imprimeur chevronné, Claude Simon, qui se trouve dans le même immeuble que sa librairie.

Le livre vedette de ces années-là c’est la Constitution française décrétée par l’Assemblée nationale constituante et acceptée par le Roi.

François Belin, le calme revenu, continue de faire prospérer sa librairie jusqu'à sa mort survenue en décembre 1808.

Sa femme Marie-Geneviève Belin continue le métier. Elle fait face aux crises de la profession de la fin de l’Empire et évite la faillite en 1812, en vendant sa maison de campagne de Sceaux.

Marie-Geneviève Belin estime venu en mars 1820, le moment de la retraite: elle liquide sa librairie et rend son compte de tutelle.


Auguste-Jean Belin, second fils de François, marié à Adèle Mandar, s’installe, dès 1822, libraire rue Hautefeuille, au n° 13. 

Son frère François également libraire (Belin-Le Prieur) va vers l'édition de beau livre illustré: cartonnage polychrome et dorures, filets ornés, vignettes, lithographies hors-texte, et les plus grand dessinateurs romantiques: Tony Johannot, Granville, Bertall. Charles Nodier, le célèbre conteur, dirige la Bibliothèque variée à 3,50 francs appelée aussi «Nouvelle bibliothèque bleue» qui tente de renouer avec la littérature de colportage.

Auguste Belin-Mandar publie de nombreux livres et ses affaires prospèrent.

Auguste souhaite alors devenir imprimeur, comme l’était son père. Comme il existe un numerus clausus départemental pour la profession d’imprimeur, on ne peut que prendre la succession d’un professionnel décédé ou souhaitant se retirer. Auguste prend ainsi la succession d’un imprimeur de Saint-Cloud, dénommé joliment Chausse-Blanche.

Une deuxième difficulté se présente alors: il est obligatoire de résider dans la ville où on exerce. Auguste donne donc sa démission de libraire à Paris, où sa femme sollicite le brevet, et il demande à Saint-Cloud un brevet d’imprimeur. Les deux brevets sont obtenus et signés par le ministre de l’Intérieur, Adolphe Thiers, en octobre 1834.

La troisième difficulté est celle de la résidence: le Code civil stipule que les époux doivent habiter ensemble et non pas l’un à Paris et l’autre ailleurs. Qu’à cela ne tienne, ils louent une maison à Saint-Cloud, rue du Calvaire n° 2 bis.

En 1844, Adèle Belin loue à son mari les immeubles du 5 et du 7 rue du Calvaire qu’elle avait achetés en 1843: c’est là qu'est installée l’imprimerie Belin pour près de cent ans.

Cette même année commence la collaboration entre Belin et l’abbé Drioux, par un Précis de l’histoire du Moyen Âge; cette collaboration durera quarante-huit ans et donnera quatre-vingt seize titres, dont un bon nombre de magnifiques atlas historiques et géographiques.

 

En septembre 1845, Adèle Belin-Mandar meurt et son mari se porte acquéreur des maisons qu’elle lui loue. L’année suivante, Auguste vend à son fils Eugène Belin, qui l’exploite déjà depuis plusieurs années, le fonds de commerce de librairie alors situé 5, rue Christine dans l’actuel 6e arrondissement de Paris.

La raison sociale de la maison devient alors Librairie classique d’Eugène Belin, fils et successeur de Belin-Mandar.

Eugène Belin veut se mettre en règle et obtient son brevet de libraire parisien, en août 1847. L’année d’après, il se marie avec Hortense-Bernardine Sangnez qui lui donnera sept enfants, trois garçons et quatre filles.

Auguste Belin meurt à soixante-cinq ans.

Pour que l’imprimerie ne change pas de mains, on fait agréer la jeune veuve d’Auguste (remarié en 1846) «en remplacement de son mari et comme tutrice légale et naturelle de Marie-Joséphine, sa fille mineure» en mars 1852. Dès lors et jusqu’en 1870, tous les livres publiés par Eugène sortiront de l’imprimerie de Madame Veuve Belin, Saint-Cloud. Il est plus que probable qu’Eugène gérait l’affaire de Saint-Cloud en même temps que la librairie de Paris.

Cette même année, Eugène et sa famille s’installent 52 rue de Vaugirard, bel hôtel du XVIIIe siècle; il construit ses bureaux et magasins sur le jardin qui est derrière l’immeuble et y transfère le siège de sa librairie. En 1864, il achètera tout l’immeuble.

Il publie beaucoup pour l'enseignement notamment le Nouveau syllabaire par peigné en 1853.

 

À 52 ans, Eugène Belin meurt en 1868. Hortense Belin reprend, seule, la maison de commerce et l’imprimerie.

Elle publie le Dictionnaire latin-français de Lebaigue, qui restera en vente plus d’un siècle et Francinet, livre de lecture, premier ouvrage de G. Bruno, couronné par l’Académie et choisi par la ville de Paris.

Arrive la guerre de 1870 qui fait quelques dégâts aux Belin ; les Prussiens ont incendié Saint-Cloud ; de l’imprimerie et de son matériel, il ne reste rien. L'imprimerie est reconstruit plus grand et en 1875, elle achète le petit hôtel du 8, rue Férou, en partie mitoyen du 52, rue de Vaugirard.

La veuve Eugène, comme on l’appelle, colle au plus près des évolutions de l’enseignement de la IIIe République et son extraordinaire développement des années 1880.

Au bout de 100 ans d’existence, en 1877, le catalogue Belin compte 1039 titres.

La même année paraît Le tour de la France par deux enfants. Ce livre, toujours en vente, a été tiré à plus de huit millions quatre cent mille exemplaires en 100 ans, et… cela continue encore. L’édition du centenaire en 1977 reprend l’édition originale de 1877 qui avait été en 1905 «laïcisée» à la suite de la loi de séparation.

En 1881, la raison sociale devient Librairie classique Eugène Belin, appellation qui ne changera qu’après 1970.

En 1883, Hortense décide d’agrandir les locaux: sur l’emplacement du jardin du 8, rue Férou, elle construit un nouveau magasin et des bureaux, un vaste sous-sol et deux étages au dessus du rez-de-chaussée, en fonte, bois et verre, style très Baltard. Ce bâtiment est actuellement le siège des Éditions Belin.

 

En 1887, Paul Belin, le plus jeune fils, entre à la Librairie et en 1889, Hortense, estimant son rôle achevé, se retire, laissant la maison à ses trois fils, qui se partagent les fonctions. La raison sociale porte maintenant la mention «Belin Frères». Ainsi, un atelier de reliure acquis en 1891, rue du Château, sera la responsabilité de Tony, le deuxième fils, tandis que le plus jeune, Paul, l’imprimerie de Saint-Cloud. Quant à l’aîné, Henri, c’est l’homme des relations extérieures: président du Cercle de la Librairie, Vice-président de la chambre des imprimeurs, membre de la chambre de commerce de Paris, il est extrêmement intéressé par les problèmes coloniaux et les expositions universelles.

En 1912, décès de Madame Eugène Belin : la rue de Vaugirard est vendue et tout est regroupé rue Férou.

La guerre arrive vite et fait stagner le catalogue de 1 430 titres, qui subit comme tous les autres les difficultés du moment: inflation, majoration des prix, etc.

Après la mort de Henri et Tony, la société Belin frères est dissoute en 1926 et les actifs sont rachetés par Paul Belin.

En 1929, Philippe Brossollet, frère du gendre de Paul Belin, vient seconder celui-ci, âgé de 67 ans. Ils transforment l’affaire en une SARL dont ils sont tous deux gérants. En 1939, le catalogue comprend 1 180 titres dont le meilleur est le Cours moyen Arithmétique pratique et raisonnée de Mortreux, publié en 1908 et refondu en 1925, qui se vend à 7 556 exemplaires.

La Géographie documentaire de Louis Planel paraît en mars 1939; le seul Cours moyen, réimprimé 24 fois, atteindra le million et demi d’exemplaires.

En avril, Paul Belin meurt et conformément à la tradition, sa veuve le remplace et prend la gérance.

L’atelier de cartonnage de la rue du Château est exproprié à cause des extensions de la gare Montparnasse; du coup, l’imprimerie quitte Saint-Cloud et le tout est regroupé à Essonne, près de Corbeil.

Marcel Brossollet, petit-fils de Paul Belin, entre à la Librairie, où il restera trente ans.

L’évolution des techniques d’impression et de la démographie (toujours plus de couleur et de plus gros tirages) rend les services de l’imprimerie Belin de moins en moins utilisables, le tout est liquidé en 1952. Belin se recentre sur le rôle d’éditeur et ne s’occupe plus d’impression et de façonnage, évolution que la très grande majorité des éditeurs français ont connue.

Berthou, Gremaux et Voegelé, trois instituteurs, publient une série Grammaire, Conjugaison, Orthographe qui connaîtra un succès colossal: plus de cinq millions d’exemplaires vendus en cette période où les écoles françaises se rééquipent et équipent les petits enfants du baby-boom…

 

En 1952, Madame Paul Belin meurt.

La SARL est transformée en Société anonyme dont Philippe Brossollet prend la présidence, fonction qu’il gardera jusqu’en 1959, année où Jacques Brossollet, gendre de Paul Belin le remplace.

Max Brossollet, le dernier petit-fils de Paul Belin, devient Directeur général en 1960; les locaux de la rue Férou devenant trop exigus pour stocker dans le sous-sol la production rénovée (de 192 000 volumes vendus en 1939, on atteint 1 243 000) un centre logistique est installé à Cachan.

Les locaux du 52, rue de Vaugirard, quittés en 1912, ont été rachetés et aménagés à nouveau en bureaux: ils abritent maintenant la direction, la comptabilité, la mécanographie, la fabrication et l’édition.

En 1969, Marie-Claude Brossollet, plus jeune sœur de Max, entre à la librairie, avec d’autres spécialités que son frère, notamment les langues et l’histoire.

En 1994, Max Brossollet, atteint par la limite d’âge, prend sa retraite après 40 années où il a transformé une vieille dame un peu chevrotante en allègre jeunesse.

Marie-Claude Brossollet lui succède.

Nommée directeur général délégué en 2006, Sylvie Marcé succède en 2008 à Marie-Claude Brossollet, atteinte par la limite d’âge, et préside désormais aux destinées de la vieille maison.


(sources www.editions-belin.com/)

  

- Petits cours d'histoire et de géographie, mis à la portée du premier âge, par M. L'abbé Drioux, Librairie Classique d'Eugène Belin, rue de Vaugirard, n°52.


- Histoire de France, CM, par Désiré Blanchet, cent soixante-troisième édition, Librairie Classique Eugène Belin, Belin Frères, rue de Vaugirard, n°52., 1899


- Méthode phonomimique de Aug. Grosselin, Enseignement de la lecture rendu attrayant et rapide par l'emploi de la phonomimie, Librairie Classique Eugène Belin, Belin Frères, 8, rue Férou, 1919.


- Au pays bleu, roman d'une vie d'enfant par Edouard Jauffret, illustrations de Ray-Lambert, CE, Librairie Classique Eugène Belin, 8, rue Férou, 1941.


- Géographie documentaire, CE 2 et CM1, par Louis Planel, Librairie Classique Eugène Belin, 8, rue Férou, 1955

  

Editions Delalain


Nicolas-Augustin Delalain (1735?-1806), frère aîné du libraire parisien Louis-Alexandre Delalain, entre en apprentissage en septembre 1758 et il est reçu libraire en 1764 ; actif entre 1764 et 1804 à Paris comme imprimeur-libraire.

Jacques-Auguste Delalain (1774-1852), est le 3e fils de Nicolas-Augustin Delalain ; établi libraire à Paris dès 1801 et imprimeur peu après. Imprimeur pour les livres de classe, d'éducation et de piété (1807).  Rachète les fonds de Richard-Gontran Lallemant (imprimerie-librairie) et de Jean Racine (librairie, en partie) à Rouen, où il exerce d'avril 1803 à déc. 1804, ayant cédé à Théodore Leclerc jeune sa librairie parisienne, qu'il reprend à son retour. Il succède en septembre 1808 au fonds et à l'adresse d'Hugues Barbou dont les héritiers lui cèdent l'établissement. Hugues Barbou est le dernier imprimeur de ce nom à Paris, où ses grands oncles s'étaient établis au commencement du XVIIIe siècle. Dès 1539, Jean Barbou était imprimeur à Lyon, puis à Limoges. La librairie a pour spécialité la publication de livres relatifs à l'enseignement.

Son fils Auguste-Henri-Jules Delalain (1810-1877) est reçu imprimeur-libraire en 1836. C'est à l'occasion de son mariage avec Stéphanie Lagarde la même année, qu'il s'associe avec son père dans la maison d'imprimerie et de librairie. A la retraite se son père en 1842, il devient le seul propriétaire.

Pour fournir aux besoins des écoles naissantes et de méthodes nouvelles, Jules Delalain fait appel aux membres du corps enseignant et provoque les plus autorisés d'entre eux à refondre ou à rédiger les livres indispensables aux maîtres et aux élèves. La librairie classique élémentaire acquière un développement insolite.

Au mois de février 1848, paraît le premier numéro du Recueil des lois et actes de l'Instruction publique. Il commence à publier en 1850 l'Annuaire de l'Instruction publique. (Annuaire de l'Instruction publique, Paris, J. Delalain, 1851-1878 ; Annuaire de l'Instruction publique et des beaux-arts, Paris, Delalain frères, 1879-1922)

Il est nommé imprimeur de l'Université.


Henri et Paul-Adolphe Delalain sont d’abord associés à leur père (dès 1864 et 1866) ; Maison Jules Delalain et fils

A la mort de Jules Delalain en 1877, ils continuent la direction de l’imprimerie et de la librairie sous la raison sociale Delalain frères. Situés jusqu’en 1900 rue des écoles, devant la Sorbonne, ils sont les imprimeurs de l’Université. Ils se consacrent à la publication d’ouvrages d’enseignement primaire et secondaire, à l’édition d’une double collection d’auteurs classiques (français, latins, grecs), de programmes d’examens et de manuels scolaires.
Paul Delalain est secrétaire de la Chambre des imprimeurs (1872-1874) ; secrétaire (1881-1884) puis président (1886-1889) du Cercle de la Librairie. Il publie plusieurs études et annuaires relatifs à l’histoire du livre et de l’imprimerie.

- L'histoire moderne mise à la portée des enfants par G. Beleze, septième édition, Imprimerie et Librairie classiques de Jules Delalain, rue des écoles, 1863.


- La lecture et le Français au cours élémentaire par A. Locqueneux, L. Lecat et J. Piton, Librairie Delalain, 115, boulevard Saint-Germain, Paris.

  

- Dictées et corrigé des exercices orthographiques accompagnés d'analyses grammaticales pour chaque jour de l'année scolaire, et mis en rapport avec la grammaire française élémentaire, à l'usage des écoles chrétiennes, par L.C. et F.P.B., sixième édition, chez les éditeurs, Mame et Cie, imprimeur-libraire et Poussielgue-Rusand, libraire rue Hautefeuille 9, 1844

  

Editions Mame  


Charles-Pierre Mame (1746-1825), fondateur de la prestigieuse lignée d’imprimeurs-libraires, s’installe à Angers en 1769.

Il est compagnon notamment chez Pierre-Louis Dubé puis sa veuve, qui se démet en sa faveur en 1777. N'ayant pu être reçu imprimeur en succession de la veuve Dubé, il obtient une place de libraire le 10 août 1778 ; finalement il est reçu imprimeur le 15 mars 1781. Il publie sous la raison "Imprimerie de Monsieur" et en 1792 et 1793, aussi sous la raison : "Imprimerie nationale".

Il devient très vite l’imprimeur le plus important de la région ; libraire de l'université ; imprimeur de la ville (1781) ; de monseigneur l'évêque (1781) ; de Monsieur, frère du Roi (1781) ; du Roi (1787) ; du collège ; du chapitre ; de la municipalité (1790) ; du département de Mayenne-et-Loire (puis : de Maine-et-Loire) (1790-1797) ; du préfet (1801).

Il travaille en association avec son fils aîné Charles-Mathieu Mame dès 1795.

En 1796, il rachète l'imprimerie de Charles II Billault à Tours et y installe son fils Armand Mame (1776-1848) peu après. Armand Mame sera breveté imprimeur le 15 juillet 1811 et libraire le 1er janvier 1813.

Charles-Pierre Mame se retire en 1802. Il cède à son fils cadet, Philippe-Auguste Mame (1778-1824) la librairie à Angers (remplacé à sa mort par son frère Charles Mame) et son imprimerie de Paris à ses fils Charles-Mathieu et Louis-Charles (1775-1839).

Après la mort du patriarche et la faillite de la librairie parisienne en 1837, les activités de la famille se déploie à Tours.

En 1830, Armand Mame associe son neveu et gendre, Charles-Ernest-Auguste Mame (1805-1883), puis en 1833, son fils Henri-Amand-Alfred Mame (1811-1893) à la direction de l'entreprise. Alfred Mame demeure seul à la tête de la maison en 1845, mais celle-ci continue à publier sous la raison Armand Mame et Cie  jusqu'en 1863.

Alfred Mame donne à l’entreprise familiale une impulsion qui fait entrer la production de livres dans l’ère industrielle. La maison Mame devient la référence en matière d’édition religieuse, au point d’obtenir l’exclusivité du rite romain dans le monde entier. Par ailleurs, Alfred Mame comprend immédiatement le parti à tirer des lois scolaires qui se succèdent à partir des années 1830. La loi Falloux de 1850 lui est tout particulièrement favorable. Il assoit alors sa réussite sur la publication à grande échelle de livres de prix et d’ouvrages pour la jeunesse.

Pour ce faire, il met sur pied un empire de l’édition de masse, concentrant sur un même lieu toutes les étapes de la fabrication du livre, industrialisant sa fabrication, de l’impression à la reliure. En 1848, il emploie à Tours plus de 600 ouvriers, et produit annuellement trois millions de volumes. En 1849, on décompte déjà 1000 ouvriers relieurs travaillant pour le compte de Mame. La gigantesque usine construite en ville obéit à un principe rigoureux de division et de mécanisation du travail. Cette logique industrielle se double d’une politique sociale inspirée des théories de Frédéric Le Play, avec lequel Alfred Mame est lié. 

En 1859, Paul Mame (1833-1903), fils unique, s'associe à son père qui lui laisse à sa mort, une entreprise prospère.

En 1887 et 1888, les deux fils Edmond et Armand, entrent dans les affaires et y sont associés à leur tour.

Armand Mame (1864-1926), réussit à bien gérer la sortie de guerre et réalise des investissements immobiliers très bénéfiques sur la région de Tours.

La librairie Mame reste spécialisée dans l’édition d’ouvrages religieux (missels, catéchisme). Elle publie un certain nombre d’éditions luxueuses, parmi lesquelles La Bible de Gustave Doré et La Touraine. Une part importante de la production concerne cependant la jeunesse avec des abécédaires, des collections éducatives, des livres de lecture dont de nombreux exemplaires illustrés.

En 1940, les locaux de Mame sont détruits par les bombardements de Tours. En 1945, Alfred Mame (1909-1994) reprend l'entreprise et lance en 1950 la construction d'une vaste usine totalement moderne, connue aujourd'hui sous le nom de Site Mame. L'usine réalise entre autres pour le compte de Gallimard la collection La Pléiade et pour d'autres éditeurs, quantité de livres scolaires.

En 1971, Alfred Mame quitte la direction et les éditions sont cédées aux Editions de Tournai, en Belgique. Les Nouvelles Editions Mame sont créées en 1975, dans un premier temps elles revendent le fonds profane aux Editions Delarge. Puis Mame, passe sous le contrôle du groupe franco-belge Média-Participation en 1989, qui l'associe aux éditions du Chatet et à Desclée pour la constitution d'un groupe Mame. En 1994, s'opère la fusion avec Fleurus, autre branche de Média-Participation, créant ainsi le groupe Mame-Fleurus

Editions Firmin Didot



La famille Didot est une dynastie d’imprimeurs, éditeurs et typographes français qui commence au début du XVIIIe siècle.

C'est la famille Didot, qui, au dix-huitième et au dix-neuvième siècle, occupe si dignement la place tenue au seizième siècle, dans la typographie française, par la famille des Estienne,


François Didot (1689-1757) est le premier imprimeur de cette famille. Apprenti d'André Pralard, il est reçu libraire en 1713. Il ouvre sa librairie À la Bible d’Or, à l'angle du quai des Grands-Augustins et de la rue Séguier, à Paris. C'est seulement en 1754 qu'il est reçu imprimeur. François Didot se fait connaître, entre autres par l'édition, en 20 volumes in-4°, de l'Histoire des Voyages de l'abbé Prévost, dont il est l'ami, et dont il publie tous les ouvrages.
François-Ambroise Didot, son fils (1730-1804) est le premier qui donne aux caractères des proportions exactes et invariables, en inventant le système des points typographiques. Le nom d'une des deux unités typographiques (ou point typographique), porte son nom, le point Didot.

On lui doit, en outre, l'invention de la presse à un seul coup, et l'introduction en France de la fabrication du papier vélin.

Les types employés à ces éditions, beaucoup plus élégants que tous ceux qui existent alors, ont été gravés par son fils, Firmin Didot. François-Ambroise Didot a été reçu imprimeur en 1753, et nommé imprimeur du clergé en 1788.
Pierre-François Didot, son frère (1732-1795) est reçu libraire en 1753 et il est nommé imprimeur du futur Louis XVIII, en 1761. Il est le créateur de la papeterie d'Essonne.

Deux de ses fils, Henri Didot et Didot Saint-Léger se distinguent, le premier comme graveur en caractères et comme inventeur de la fonderie polyamatype ; le second, par l'invention du papier sans fin. Son troisième fils, Didot jeune, héritera de son imprimerie.
Pierre Didot, né à Paris, en 1761, fils ainé de François-Ambroise, lui succède en 1789, comme imprimeur, et fait paraître de magnifiques éditions.
Pour honorer l'imprimerie en sa personne, le gouvernement fait placer ses presses au Louvre, où elles restent sous le consulat et jusqu'au commencement de l'empire. C'est là que sont imprimées les magnifiques éditions dites du Louvre.
Son fils, Jules Didot lui succède. Il se retire du commerce en 1841.

Firmin Didot (1764-1836), second fils de François-Ambroise Didot, célèbre comme littérateur, comme imprimeur, comme graveur et fondeur en caractères, et comme fabricant de papier. En 1789, il succède à son père pour la fonderie, qu'il avait enrichie de types élégants. Il travaille de concert avec son frère Pierre Didot à perfectionner son art.
Il invente, en 1795, un procédé de stéréotypage.

Il est nommé imprimeur de l'Institut de France le 16 octobre 1811, et imprimeur du roi le 1er avril 1814.

Firmin Didot est en faveur d'une réforme substantielle de l'orthographe et expose ses idées à ce sujet dans son essai Observation sur l'orthographe française ou ortografie française.
Il exécute de très-beaux caractères d'écriture sans interruption dans le délié qui permettent de répandre en France, à bon marché, d'excellents modèles d'écriture pour les enfants.

Plusieurs imprimeurs de France et de l'étranger se forment à son école en faisant leur apprentissage dans ses ateliers.
Firmin Didot cède à ses fils, en 1827, son immense maison de commerce, où se trouvent réunies une fonderie en caractères, une fabrique de papiers, une imprimerie et une librairie.

Ambroise-Firmin Didot, (1790-1876), fils de Firmin reprend avec son frère Hyacinthe l’entreprise qui devient Firmin Didot Frères, situé  rue Jacob, au n° 24.

Alfred Firmin-Didot (1828-1913), fils d’Ambroise, imprimeur éditeur, succède à son père et à son oncle.


L'annuaire du commerce Didot-Bottin


Son ancêtre a été publié en l’an VI (1797-1798) par Duverneuil et Valade sous le titre Almanach du commerce de Paris. Il est poursuivi l’année suivante par Duverneuil et Jean de La Tynna, puis de 1807 à 1818 par le seul Jean de La Tynna.
À partir de 1819 il est poursuivi par un statisticien averti Sébastien Bottin.

En 1839 cet annuaire prend le titre d’ Almanach-Bottin du commerce de Paris, des départemens de la France et des principales villes du monde.. La publication de l'annuaire connaît bien des vicissitudes. Sébastien Bottin meurt en 1853 et en 1856 ses héritiers vendent son œuvre à la maison concurrente Firmin-Didot frères qui publiait de son côté depuis 1841 un Annuaire général du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration (cet annuaire remontant lui-même à 1838).

La publication prend le titre en 1857, d’Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers: Firmin Didot et Bottin réunis, Paris, 1857 -1908

La S. A. Didot-Bottin est constituée en 1881.

En 1909 son titre devient Annuaire du commerce Didot-Bottin et forme la tête de la collection qui perdure de nos jours sous le titre générique de Bottin.

Au fil des décennies Didot-Bottin ne cesse d’élargir ses activités et entreprend une croissance externe qui a conduit à sa profonde transformation avec l’avènement du téléphone.

Avec l’arrivée du minitel, le Didot-Bottin ne trouve plus sa place comme à sa création.


Aujourd'hui, l'imprimerie Firmin Didot est toujours en activité, sous le contrôle du groupe CPI.

Les Editions Delagrave


La librairie est fondée, en 1865, par Charles Delagrave (1842-1934) grâce à l’achat de la librairie classique fondée 25 ans auparavant par Dezobry et Magdeleine dirigée par Ferdinand Tandou.

Charles Delagrave poursuit l'édition d'une centaine de petits ouvrages scolaires ou didactiques écrit par Jean-Henri Fabre.

Il se spécialise dans l'enseignement primaire, avant de s'orienter, à partir de 1896, vers l'enseignement professionnel.

Dès 1866, il publie L’Instituteur, journal de l’instruction primaire, des classes d’adultes, de l’instruction secondaire spéciale et de l’enseignement agricole. Le journal traite des questions pédagogiques, offre des leçons et des devoirs types, donne aussi des renseignements sur les documents officiels et administratifs.

la maison Charles Delagrave et Cie, libraires-éditeurs se situe 58 rue des Ecoles.

Après la guerre de 1870-1871, Delagrave prend une part importante à la réorganisation des études géographiques, publie le Bulletin de la Société de Géographie et fonde, l’année suivante, l’Institut géographique de Paris. Continuant sur sa lancée, Charles Delagrave publie aussi le Journal de Mathématiques élémentaires puis la Revue de Géographie. Parallèlement, la Librairie Delagrave fournit du matériel scolaire (articles de papeterie, appareils et produits pour expériences de physique et chimie, etc.).

En 1880, elle commence à produire, à côté des manuels et des fournitures scolaires, des meubles de classe. Cette activité " annexe " prend rapidement une place importante et les lois scolaires de 1881 et 1882 vont permettre d’ajouter à son catalogue un modèle de pupitre à deux places, muni d’une barre repose-pieds, plus solide et plus confortable que les précédents : le mobilier scolaire Delagrave est né et, à la fin du siècle, la Librairie Delagrave a le rare privilège de pouvoir équiper complètement une école, tant en meubles qu’en tableaux, cartes, cahiers et surtout en manuels, dont le catalogue présente un choix des plus étendus dans toutes les disciplines.

Après la guerre de 1914-1918, la maison d’édition acquiert l’imprimerie de Villefranche-de-Rouergue puis élargit son catalogue à des ouvrages de sciences, à des encyclopédies, à des ouvrages littéraires sur des auteurs classiques ainsi qu’à des ouvrages de droit et de politique, renouvelant régulièrement son catalogue de manuels.


Maison familiale, la Librairie Delagrave est reprise en 1934 par Max Delagrave, puis en 1938 par Hervé Delagrave. Depuis la guerre, la Librairie Delagrave, dirigée par un Delagrave, est restée fidèle à sa politique et à sa production, le matériel scolaire continuant d’être un complément et un soutien actif au secteur proprement éditorial.

En 1995, les éditions Delagrave sont cédées par les descendants de leur fondateur au groupe Flammarion et intégrées comme filiale.

- Premier cours d'études du jeune âge à l'usage des élèves de 6 à 9 ans par une société d'instituteurs de Metz, Librairie Ch. Delagrave, 15, rue Soufflot, 1882.


- Mon premier livre d'histoire de France par L. Brossolette et M. Ozouf, CE1, Images en couleurs de René Giffey, Librairie Delagrave, 15, rue Soufflot Paris, 1948.



- L'école nouvelle, La petite classe, Méthode de lecture, premier livret, par A. Belot, E. Devinat et A. Toursel, Librairie Delagrave, 15, rue Soufflot Paris.


- Le relais des cigales, lectures suivies cours moyen, par Paul-Jacques Bonzon, Delagrave, 1967.

- Catalogue général 1900, Mobilier scolaire et matériel d'enseignement, Librairie Ch. Delagrave, 15, rue Soufflot, Paris.

Editions Armand Colin


Auguste Armand Colin (1842, 1900), après dix ans passés sur les routes de France comme "commis voyageur" pour les éditeurs Firmin Didot et Delagrave, s'installe dans un modeste magasin 16 rue de Condé.

Armand Colin, associé avec son ami Lecorbeiller, fonde en 1870 sa propre maison d'édition, la Librairie Classique Armand Colin et Cie.

Dès 1872, il inaugure une nouvelle politique commerciale en diffusant auprès des instituteurs des exemplaires gratuits de ses manuels scolaires (les spécimens). Il commence par le Cours de grammaire française par Larive et Fleury qui a un succès inouï.

Armand Colin utilise les lois scolaires de Jules Ferry pour développer sa maison d'édition.

Il se consacre à l'édition de manuels pour les écoles primaires dans un style proche de la langue orale avec beaucoup d'illustrations. La première année de grammaire parue atteint au bout de sept ans le million d'exemplaires. Pour la rédaction de ses livres scolaires, il s'adresse à des universitaires qui comme lui défendent les valeurs de la république tel Ernest Lavisse pour le cours d'histoire (édité de 1876 à 1950), Paul Bert pour les sciences naturelles, Leyssenne pour les mathématiques, Pierre Foncin pour le premier atlas scolaire. En collaboration avec le géographe Vidal de la Blache, il édite également les cartes murales.

En 1877?, la librairie s'installe, 5, rue Mézières à Paris.

En 1889, plus de cinquante millions de volumes ont été vendus.

Cependant, dès la fin du siècle, une diversification s'opère. Une orientation plus ouverte vers le grand public est ainsi définie, avec notamment de vastes entreprises éditoriales comme celles que dirige Ernest Lavisse ou Paul Vidal de la Blache.

Armand Colin meurt en 1900, remplacé par son gendre Max Leclerc et Henri Bourrelier gendre de son associé Lecorbeiller qui avait pris sa retraite. 

En 1913, la Librairie Armand Colin s'installe au 103 boulevard Saint Michel près de la Sorbonne.

Après la Première Guerre mondiale, la production connaît un net ralentissement. La Librairie Armand Colin délaisse peu à peu le secteur scolaire. En 1926, Henri Bourrelier quitte ainsi la maison pour fonder avec son fils une entreprise d'édition classique qui rivalisera dans les années cinquante avec la maison Armand Colin.

René Philippon succède à Max Leclerc en 1932, lorsque celui-ci décède.
Au lendemain de la guerre, la plupart des collections ont vieilli. L'effort se porte alors sur le renouvellement des productions destinées à l'enseignement primaire dont le marché est alors plus porteur. En 1960, un second renouvellement se produit, portant principalement sur l'enseignement secondaire.

Par la suite, la maison d'édition s'est largement diversifiée mais depuis les années 1980, elle est revenue à son domaine d'origine : le milieu universitaire. Parmi ses collections les plus renommées, la collection "U" créée en 1968, la collection "Cursus" ou encore la collection "128". Parallèlement, elle développe un grand nombre de publications à destination du grand public éclairé, en histoire ou en science politique.

En 1987, Masson rachète Armand Colin. La production spécifiquement scolaire connaît une nette diminution au profit des manuels destinés aux étudiants. Un nouveau concept de collection est créé avec la collection "Cursus".

Rachetée par les éditions Masson, puis intégrée en 1994 aux Presses de la Cité, elle est de nouveau cédée à Hachette Livre lors de la cession de Vivendi Universal Publishing. entraîne le transfert de la production scolaire chez Nathan et la spécialisation de Colin dans le marché universitaire

- La première année d'histoire de France avec récits, certificat d'études primaires, par Ernest Lavisse, septième édition, Librairie Classique Armand Colin et Cie, 1, 3, 5, rue de Mézières, 1877.


- La deuxième année de grammaire, orthographe Rédaction Littérature, CS, par Larive & Fleury, 105e édition, Librairie Armand Colin, 5, rue de Mézières Paris, 1902.


- Choix de lectures, CE, par A. Mironneau, 39e édition, Librairie Armand Colin, 103, Boulevard Saint-Michel, Paris, 1937.


- Cours d'arithmétique Ch. Pugibet, Arithmétique, CE1, par Gaston et Jeanne Duhem, Librairie Armand Colin, 103, Boulevard Saint-Michel, Paris, 1938.


- Géographie, CE, par A. Fraysse, Librairie Armand Colin, 103, Boulevard Saint-Michel, Paris, 1951.

  

Editions Larousse


Son histoire est liée à celle de son fondateur, Pierre Larousse (1817-1875).

Il publie en 1849, à compte d'auteur, son premier ouvrage scolaire: "la lexicologie des écoles primaires", qui est suivi de nombreux autres petits livres dont certains voient plus de 40 rééditions.

C'est en 1852 que Pierre Larousse demande officiellement un brevet de libraire-éditeur et qu'il reçoit l'autorisation d'exercer.

Il ouvre avec son associé Pierre-Augustin Boyer (1821-1896), une librairie à leurs noms dans le quartier latin : la Maison Larousse & Boyer.

Pierre-Augustin Boyer, républicain laïc, avait été démis de ses fonctions d'instituteur en mai 1851, lorsqu'il rencontra Pierre Larousse.

Le but de ces deux républicains anticléricaux est d'écrire des manuels scolaires rénovés destinés au primaire et au secondaire, à l'instar de ceux proposés par Louis Hachette depuis 1833. Les deux instituteurs bourguignons louent un petit local au 2, rue Pierre-Sarrazin puis s'installent en 1856 au 49, rue Saint-André-des-Arts.

En 1856, il publie avec l’aide de François Pillon le Nouveau Dictionnaire de la langue française, ancêtre du Petit Larousse, un ouvrage qui est condamné par l’Église.

En 1858, il fonde l’École normale, un journal destiné aux enseignants. Il y défend les principes de gratuité scolaire et d'obligation de l'enseignement primaire.

En 1869, Boyer rachète la librairie Larousse et devient ainsi le principal diffuseur des éditions Larousse. Il fonde alors la Maison Boyer et Cie. Il publie de nombreuses œuvres classiques. L'entreprise devient Librairie A.Boyer et Cie, Ancienne Maison Larousse et Boyer et diffuse les ouvrages scolaires et le dictionnaire Larousse tout en faisant imprimer ses propres ouvrages par Larousse.

Pierre Larousse s'installe comme auteur-éditeur au 19, rue du Montparnasse et comme imprimeur grâce à une imprimerie qu'il loue rue Notre-Dame-des-Champs.

Pendant près de vingt-cinq ans, il élabore le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle (paru de 1866 à 1877) en 17 volumes (20 500 pages).

Il meurt à 57 ans, épuisé par son labeur, sans avoir pu voir la fin de son œuvre.

Son épouse Suzanne Caubel crée la société Vve P. Larousse et Cie avec son neveu, Jules Hollier-Larousse (1842-1909) qui termine ce monumental dictionnaire encyclopédique.

Pierre Larousse n'ayant pas eu d'enfants, les continuateurs de la Librairie Larousse sont Émile et Georges Moreau, Paul Gillon et Claude Augé, qui était entré comme aide-comptable dans la maison. C'est à cette époque que Émile-Auguste Reiber invente le "pissenlit" associé à la devise "Je sème à tous vents".

La maison Boyer est réunifiée en 1885 au sein de la Librairie Larousse.


Claude Augé développe des produits devenus des références. Le Nouveau Larousse illustré (1897-1904), véritable chef-d'œuvre de l'édition française en 7 grands volumes (et 1 supplément en 1907).

En 1889, le Dictionnaire complet de la langue française prend le titre de Dictionnaire complet illustré, pour devenir en 1905 le Petit Larousse illustré.

A propos de ce dictionnaire, la maison invente le slogan : « Souvent imité mais jamais égalé ».

La première édition du Petit Larousse illustré a inaugurée la division tripartite qui fait la marque de cet ouvrage : dictionnaire de langue, pages roses des locutions latines et étrangères, dictionnaire des noms propres.

Il devient en 1924 le Nouveau petit Larousse illustré et connaît de multiples éditions.


De 1927 à 1933, Paul Augé, fils de Claude, coordonne le Larousse du XXe siècle, dictionnaire encyclopédique universel en 6 volumes et imprimé en héliogravure. Il succède progressivement au Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, en étant toutefois plus concis, abondamment illustré, scientifiquement plus fondé, et en se fixant pour objectif de renouveler les connaissances de son temps.


En 1933, naissent les Classiques Larousse, série de monographies synthétiques sur les grands auteurs, et qui devient la collection Nouveaux Classiques Larousse (années 1950-1970).

Le Nouveau petit Larousse illustré : dictionnaire encyclopédique est republié en 1948, 1952 et 1959. Cette dernière édition, afin de marquer le centième anniversaire de la fondation de la Librairie Larousse, contient une « brochure contenant la liste des mots supprimés depuis l'édition de 1948.

De 1960 à 1975, le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes et 2 suppléments est publié, avec un logo dessiné par Jean Picart Le Doux.

Depuis la création de la maison, les dictionnaires encyclopédiques Larousse dominent très largement le marché français. Toutefois, vers la fin des années soixante, la concurrence frappe sur deux fronts. D'une part, la suprématie en matière de dictionnaire se termine avec la parution en 1967 du Petit Robert. D'autre part, sur le front des encyclopédies, la menace vient de la parution à partir de 1968 de l' Encyclopædia Universalis. La réponse de la maison prend la forme d'une Grande Encyclopédie Larousse en 21 volumes, publiée de 1971 à 1978. Mais celle-ci est un échec commercial.

Dans les années 2000, tout en revisitant le logo de la Semeuse d'Eugène Grasset, Larousse fait appel à Christian Lacroix puis Karl Lagerfeld pour redésigner Le Petit Larousse. C'est un succès phénoménal.

En 1983, la société Larousse, qui est restée une entreprise familiale depuis plus de 125 ans, intègre CEP Communication (Groupe de la Cité) lequel est absorbé par Havas en 1997 puis par Vivendi. Depuis 2004, Larousse fait partie du Groupe Hachette et partage ses locaux historiques, situés 15-17-19-21 de la rue du Montparnasse, avec Armand Colin.

  

- La lexicologie des écoles, Jardin des racines latines, suivie d'un dictionnaire des étymologies curieuses, par P. Larousse, 11e édition, livre du maitre, Aug; Boyer et Cie, Libraires Editeurs, 49, rue Saint-André-des-Arts Paris, 1884.


- Premier Livre de Grammaire par Claude Augé, Librairie Larousse, Hollier-Larousse & Cie, Imprimeurs-Editeurs, rue Montparnasse, 15, 17, 19, Paris, 1891.


- Structure de la langue française, Grammaire nouvelle pour le CE1, par Emile Genouvrier et Claudine Gruwez, Librairie Larousse, 17, rue de Montparnasse, Paris, 1973.

Editions Alcide picard et Kaan


Librairie Picard-Bernheim et Cie, 11 rue Soufflot

Alcide Picard et fils, Editeurs, 18 et 20 rue Soufflot

Librairie d'Education nationale, Alcide Picard et Kaan, éditeurs 11 rue Soufflot.

Librairie d'Education nationale, 9, rue d'Hautefeuille

- Le droit usuel, le droit commercial et l'économie politique à l'école par Henri Reverdy et Auguste Burdeau, quatrième édition, Librairie Picard-Bernheim et Cie, 11 rue Soufflot, 1885


- Méthode Cuissart, Enseignement pratique et simultané de la lecture, de l'écriture, de l'orthographe et du dessin, par E. Cuissart, premier livret, 324ème édition, Librairie d'Education Nationale, Alcide Picard et Kaan, Editeurs, 11, 18, 20 rue Soufflot Paris, 1904


- Encyclopédie économique des écoles et des familles fondée par A. Burdeau, Arithmétique calcul mental Système métrique et Géométrie par Barreau et Lelarge, vingt-deuxième édition, Librairie d'Education Nationale, Alcide Picard et Kaan, Editeurs, 11, 18, 20 rue Soufflot Paris, 1906


Premier livret de lecture, méthode Martin et Lemoine avec la collaboration de MM. Baudrillard et Fenard, Librairie d'Education Nationale, Alcide Picard et Kaan, Editeurs, 11 rue Soufflot Paris, 1907


.- Jean Lavenir par Edouard Petit et Georges Lamy, Librairie d'Education Nationale, 9, rue Hautefeuille, Paris, 1918.


- Cours rationnel de sciences physique et naturelles par MM Fenard, Surier et Vinçon, CM et CS, Librairie d'Education Nationale, 9, rue d'Hautefeuille, programme de 1923.

- Livre de prix décerné en 1907, Collection Picard, Bibliothèque d'Education récréative, Histoire d'un enfant du peuple (Auguste Burdeau) par Charles Simond, septième édition, Librairie d'Education Nationale, 11, 18 et 20 rue Soufflot Paris


- Livre de prix, Collection Picard, Bibliothèque d'Education récréative, Scènes d'éducation morale et civique, reproduction des 53 sujets de la collection des tableaux muraux de MM Lecerf et Démoulin, publiée sous la direction de Edouard Petit, texte de M. de Grandmaison, deuxième édition, Librairie d'Education Nationale, 11, 18 et 20 rue Soufflot Paris


- Livre de prix, Pour la jeunesse par Marcel Charlot, Librairie d'Education Nationale Alcide Picard et Kaan, Editeurs, 11 rue Soufflot Paris

- L'Enfance de Suzette, livre de lecture courante à l'usage des jeunes filles, par Marie Robert Halt, Paris, Librairie classique Paul Delaplane. 48 rue Monsieur-le-Prince, Paris, 1889.


- Le livre unique des Commençants, lectures morales, récits historiques, notions de géographie…, par un groupe d'instituteurs, Paris, Librairie classique Paul Delaplane. 48 rue Monsieur-le-Prince, 1898.


- Histoire de France depuis les origines jusqu'à nos jours, par J. Guiot et Fr. Mane, quinzième tirage, Librairie Classique Paul Delaplane, 48 rue Monsieur-le-Prince, Paris, 1917

  

Editions Paul Delaplane

  

Maisons d'éditions

1. Les éditeurs fin XVIIIe et XIXe siècle

Éditions Ch. Fouraut


Christophe-Denis Fouraut, né à Paris en 1809, libraire-éditeur, rue Saint-André-des-Arts,47. - Livres classiques et d'éducation.

Librairie Ecclésiastique, Classique et Elémentaire de CH. Fouraut (ancienne maison Edouard TETU et Cie) Rue Saint André des Arts, n°49.

Librairie Classique et Elémentaire, Ch. Fouraut et Fils

Librairie classique de Ch. Fouraut et fils, A. Fouraut, successeur, 1886,

Librairie classique internationale, A. Fouraut,1878, 1935

  

- Nouvelles lectures manuscrites morales et amusantes, à l'usage des écoles primaires, suivies d'un fac-similé de l'écriture de Henri IV, par M.E. C. Louis, Librairie Ecclésiastique, Classique Elémentaire de Ch. Fouraut, Rue Saint-André-des-Arts, 47.


- Petit cours d'histoire à l'usage des pensions et de toutes les maisons d'éducation par Ambroise Rendu fils, Tome quatrième histoire moderne, Librairie Ecclésiastique et Classique de Ch. Fouraut et fils, rue Saint-André-des-Arts, 47, 1879


- Manuel des Enfants, lectures graduées morales et instructives, à l'usage des familles chrétiennes, par M. De Saint-Surin, Librairie Ecclésiastique et Classique de Ch. Fouraut, rue Saint-André-des-Arts, 47, 1857


- La ferme ou notions d'agriculture et d'horticulture pratiques, livre de lecture à l'usage des écoles primaires rurales, par J. Dunand, sixième édition, Librairie Classique et Elémentaire de Ch. Fouraut et fils, 47, rue Saint-André-des-Arts Paris1868

Editions Garnier Frères


En 1837, Auguste (1812-1887) et Hippolyte Garnier (1816-1911), originaires de la Manche, ouvrent sous les arcades du Palais-Royal, alors l’un des centres les plus animés de la capitale, une librairie dans la tradition des libraires-éditeurs du XIXe siècle. Ils sont bientôt rejoints par un autre de leurs frères, Pierre. Très vite, l’établissement prospère et les frères Garnier rachètent les fonds de Delloye, Dubochet et Salvat, éditeurs des grands écrivains romantiques, puis le fonds classique de Panckoucke.

En 1847-48, ils commencent d'éditer le Dictionnaire national de Louis-Nicolas Bescherelle, d'abord avec Simon Éditeur, puis seuls.

La Maison Garnier Frères gagne encore en prestige en s’installant, en 1853, dans l’ancien hôtel du gouvernement, à l’angle de la rue de Lille et de la rue des Saints-Pères. Les frères Garnier travaillent à diversifier et à améliorer leur catalogue. Ils publient de nombreux dictionnaires, des ouvrages de vulgarisation, des livres pour la jeunesse et ils poursuivent leurs publications littéraires.

C’est en 1896 que les premiers «Classiques Garnier» apparaissent, issus d’une fusion des collections «Classiques latins», «Classiques grecs» et «Bibliothèque choisie».
La nouvelle collection propose, selon la formule du catalogue, les «meilleurs ouvrages français et étrangers, anciens et modernes à prix modiques». C’est une réussite où l’on trouve, dès lors, de nombreuses références aux «Classiques Garnier» dans la littérature autobiographique.

Dès le début de la collection le jaune s’impose pour la couverture: un papier jaune d’abord, qui tire parfois vers l’ocre ou le beige, un papier imprimé en jaune ensuite. Avec l’arrivée des illustrations en couverture dans les années 1960 (d’abord sous forme de jaquettes), le jaune, recouvert d’un pelliculage devient plus brillant, plus lumineux: le jaune «Garnier» que tout le monde connaît.

Progressivement, durant le XXe siècle, le principe de l’édition savante prend le pas sur celui de l’édition à prix modique si bien qu’un accord sera passé avec Flammarion, dans les années 1960, pour exploiter au prix du poche les «Classiques Garnier» délestés de leur appareil critique. C’est la création de Garnier Flammarion, qui devient autonome en 1979, sous la marque GF Flammarion.

Lorsque les Éditions Garnier Frères déposent leur bilan en juin 1983, le fonds est repris par Les Presses de la Cité. La collection «jaune» rassemble alors quelques deux cents titres conçus selon des principes éditoriaux qui n’ont pratiquement pas été modifiés depuis lors.

(source : Classiques Garnier)

- Cours complet d'arithmétique par trois directeurs d'écoles primaires élémentaire, supérieure et normale, cours préparatoire, Garnier Frères, Libraires-Editeurs, 6 rue des Saints-Pères, 1893.

  

Maison Quantin


Fondée en 1876 par Albert Quantin (1850-1930), l'imprimerie-librairie qui porte son nom joue un rôle majeur dans le renouvellement des traditionnelles images populaires (dont les fameuses images d'Epinal), comme dans l'avènement d'une littérature à destination des plus jeunes.

Albert Quantin est d'abord directeur puis propriétaire en 1876 de l'imprimerie de Jules Claye, l'une des plus grandes maisons parisiennes du Second Empire. dont il agrandit la fabrique située 7 rue Saint-Benoît à Paris.
Grâce à l'achat d'un matériel d'impression moderne, il devient le spécialiste du livre d'art et des ouvrages illustrés de luxe. Rapidement, son ambition le pousse à enrichir son activité de la fonction d'éditeur, métier qui connaît alors une formidable expansion.

Le catalogue de la Maison Quantin fait ainsi une large place au livre à images, qu'il s'agisse de beaux volumes illustrés attachés aux domaines des beaux-arts et de la littérature ou de la collection d'albums pour la jeunesse, qu'il lance en 1885. Sous le titre d'Encyclopédie enfantine, cette collection introduit l'éditeur parisien dans le domaine du livre pour enfants qui se développe considérablement en cette fin de XIXe siècle. Son entrée dans l'édition enfantine s'accompagne, au regard des productions existantes dans le domaine, d'une volonté affichée de modernisation passant par la qualité artistique et littéraire d' « ouvrages faits dans le double but de plaire et d'instruire ».

Le même objectif préside à la réalisation des images populaires réunies sous le titre d'Imagerie artistique, qu'Albert Quantin annonce en 1886. Constituée de planches au format 28 cm par 38 cm, cette publication est présentée comme « une collection d'images à un sou, d'un genre entièrement nouveau, humoristique et enfantin tout à la fois ». Adressées à un public jeune et familial, les feuilles de l'Imagerie développent des récits graphiques aux sujets et aux compositions beaucoup plus variés et modernes que ceux traités jusqu'alors par l'imagerie populaire. Ce renouvellement est rendu possible grâce à l'emploi de dessinateurs issus de la presse parisienne, dont les styles et les sources d'inspiration sont chargés, comme l'indique une réclame publiée dans le Figaro, de « remplacer les vieux sujets grossièrement enluminés qui ont fait la joie de nos pères ». Publiées au rythme d'une série de vingt planches par an, les feuilles de l'Imagerie tiennent les exigences artistiques qu'Albert Quantin place en elles, grâce au procédé moderne de la chromotypographie - qualité chromatique et bon marché sont enfin réconciliés (sources : la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image)


Le succès de son imprimerie et de sa maison d'édition exige des disponibilités financières que Quantin trouve dans la transformation de son entreprise, en 1886, en société anonyme dénommée Compagnie générale d'Impression et d'Édition, SA  — précédée de la mention Maison Quantin puis remplacée par Ancienne maison Quantin.

En 1890, elle fusionne avec le groupe des Imprimeries réunies, représentées par Claude Martinet et Claude Motteroz.

La nouvelle association adopte la raison sociale  Librairies-Imprimeries réunies (anc. Maison Quantin, Motteroz, Morel, Martinet) SA.

- Imagier de l'enfance, série d'albums en couleurs par Melle Geotgin et M. Lacabe-Plasteig, 1er livret, L'enfant, illustrations de Ferdinand Raffin, Ancienne Maison Quantin Librairie-Imprimeries Réunies,Motteroz et Martinet Directeurs, 7 rue Saint-Benoit, Paris


- Les sciences physique et naturelles apprises par l'image, l'observation, l'expérience par M. Lacabe-Plasteig, CM et CS, Ancienne Maison Quantin, Librairies et Imprimeries Réunies, Motteroz et Martinet Directeurs, 7 rue Saint-Benoit, Paris, 1905


- Histoire de France pazr E. Devinat, CM, Rducation civique histoire de la civilisation, Librairie Motteroz et Martinet, 7 rue Saint-Benoit, Paris, 1908