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Dessin et art plastique


Le dessin linéaire


Dans le projet d'organisation de l'instruction publique élaboré par le Comité d’instruction publique et présenté par Condorcet (1791), le dessin figure parmi les objets de l'enseignement primaire : on y joindra(…), des méthodes simples de mesurer exactement un terrain, de toiser un édifice….  II est clair que c'est à la formation des futurs artisans que l'on songe.


A la Restauration, le dessin linéaire est introduit dans les écoles mutuelles. C’est une nouvelle méthode de dessin qui est conçue par le mathématicien Louis-Benjamin Francoeur afin de permettre cet enseignement à la portée du peuple. Publiée en 1819, celle-ci connaît un large succès, d’abord dans les écoles mutuelles, ensuite dans l’ensemble de l’instruction primaire. Elle vise à exercer l’œil et la main, à développer la précision et le sens de l’observation, mais aussi à initier « le bon goût » par des modèles inspirés de l’art antique. "Concrètement, les élèves dessinent à main levée, des angles et des figures rectilignes, puis des courbes et des figures curvilignes, qu’ils combinent ensuite dans des figures géométriques plus complexes ou des dessins d’ornement et d’architecture" (Renaud d’Enfert). .

Dès les années 1820, les exercices de dessin à main levée sont complétés par des tracés à la règle et au compas, qui donnent plus « de sûreté et de correction ». La géométrie pratique et le dessin linéaire tendent parfois à se confondre.

La loi du 28 juin 1833 range au nombre des objets obligatoirement compris dans le programme de l’école primaire supérieur, les éléments de la géométrie et ses applications, spécialement le dessin linéaire et l’arpentage.

Après 1848, les impératifs industriels prennent le pas sur les perspectives sociales. Pour Morin et Tresca, le dessin doit être la base de tout enseignement ayant pour but de préparer les jeunes gens à l’industrie ; le premier degré ne recevra qu’une initiation par la pratique suffisante pour la plupart des opérations de l’industrie manufacturière.

La loi du 15 mars 1850 supprime les écoles primaires supérieures mais dit que l’enseignement primaire peut comprendre, parmi les branches facultatives : l’arpentage, le nivellement, le dessin linéaire.

Dans la première moitié du XIXe siècle et au-delà, on se soucie peu de sa valeur éducative que des résultats pratiques qu'il peut donner.

Avec la loi du 21 juin 1865, le cours de dessin comporte désormais, outre le dessin linéaire, le dessin d’ornement et le dessin d’imitation.

  

La méthode géométrique


Jules Ferry nomme une grande commission d'étude, dont la tâche consiste à déterminer la méthode générale des programmes, à rédiger et à dresser la liste des modèles qui seraient mis en usage.

L'homme qui fait prévaloir ses idées dans la commission est le statuaire Eugène Guillaume. C'est sur la science qu'il fonde la méthode qu'il propose et qu'il n'a pas de peine à faire accepter, parce qu'on est alors dans une période de ferveur scientifique. Pour lui, le dessin est avant tout une science, et, de cette science, la géométrie est la base. L'objet de l'enseignement du dessin est beaucoup moins de stimuler la personnalité de l'élève, de susciter chez lui le sentiment et le goût artistiques, que de le mettre en état de reproduire avec une exactitude rigoureuse les modèles qu'on place sous ses yeux. C'est d'après ces principes que sont rédigés les programmes (arrêté du 14 janvier 1881 puis du 27 juillet 1882) sous le titre de dessin d’ornement comprenant le dessin à main levée et le dessin géométrique.

La loi du 28 mars 1882 supprime la distinction entre matières obligatoires et facultatives. Le dessin fait partie du projet d’inculcation-moralisation des masses, cher à Jules Ferry.


  

La méthode naturelle



Félix Ravaisson s'élève contre la méthode géométrique. Il ne veut pas admettre que l'on puisse faire reposer l'enseignement du dessin sur la géométrie : « Le dessin, dit-il, repose, dans son opération la plus élémentaire, à laquelle toutes les autres peuvent être réduites, sur un jugement d'une nature spéciale, entièrement différent de ce jugement dont se servent les mathématiques ». Ce jugement, il le désigne ailleurs sous le nom d'intuition ; la méthode applicable à l'enseignement du dessin, c'est donc, à son gré, la méthode intuitive. II trouve aussi très fâcheux que l'on se donne surtout pour but d'obtenir l'exactitude, la correction, et que 1’on se mette peu en peine d'éveiller la personnalité, de former la sensibilité et le goût artistiques. Le dessin « enseigné comme il doit l'être, dit-il, non seulement sert à procurer à un certain nombre de ceux qu'on y exerce une habileté plus ou moins grande à représenter les formes, qui est très utile dans quantité de professions et dans beaucoup d'occurrences de la vie ordinaire, mais encore il procure à tous, quoiqu'à divers degrés, une justesse d'œil et un goût qui sont d'une utilité universelle ».


Une réaction générale se développe contre la méthode géométrique.

Une commission chargée de réviser les programmes du dessin est nommée par le ministre à la fin de l'année scolaire 1908. C’est une nouvelle méthode inspirée par Gaston Quénioux, qui est présentée au Conseil supérieur de l'instruction publique par Gustave Belot. 

A la méthode géométrique est substitué une « méthode intuitive » ou « méthode naturelle » parce qu’elle cultive les capacités naturelles des enfants à représenter par le dessin ce qu’ils imaginent ou ce qu’ils voient.

Les nouveaux programmes sont rendus officiels par l’arrêté du 27 juillet 1909.

La généralisation de la couleur sous toutes ses formes (crayon de couleur, pastel, aquarelle, gouache, encre de Chine) et l’introduction de nouveaux moyens d’exécution concurrençant le dessin au trait métamorphosent l’enseignement du dessin.

  

Les nouveaux programmes et instructions de 1965, établissent sans ambiguïté que, si l’on doit soustraire l’enfant à un formalisme rigoureux, il ne faut pas en retour accorder une faveur unique à la spontanéité absolue. Il est reconnu depuis longtemps « qu’une trop grande liberté paralyse plus qu’elle ne sert. Le jeune élève a besoin d’être encouragé, soutenu, le maître est son guide naturel. »

Dans les Observations générales qui précèdent les nouveaux programmes, est exposée la doctrine dont s'est inspirée la commission. En voici les traits essentiels :


1° Tout enseignement doit être adapté au développement des élèves appelés à le recevoir. Or, au début, l'étude du dessin s'adresse à des enfants très jeunes, pour qui les questions de mesures, de distances, de proportions sont encore très difficiles à comprendre. C'est donc commettre une erreur pédagogique que de vouloir les enfermer pendant de longues années dans l'étude des lignes et des angles, des courbes et des solides géométriques. Les qualités visibles de formes et de couleurs sont, au contraire, naturellement accessibles aux enfants. La méthode prendra donc pour base et pour point de départ l'observation directe de la nature, c'est-à-dire des objets réels et des formes vivantes ;

2° La nature est concrète. Le dessin ne doit pas être abstrait. La géométrie n'est pas dans la nature telle que nous la percevons immédiatement et que nous cherchons à la rendre. On n'exclura donc aucun élément naturel, on envisagera non seulement la représentation des formes, mais aussi celle des couleurs et des reliefs. On ne limitera plus au trait seul les procédés de traduction qui seront mis en usage ; on ne condamnera plus l'écolier à n'avoir d'autre outil que le crayon. Tous les procédés pratiques pourront être employés : dessin au trait, emploi des crayons de couleur, de l'encre de Chine et de l'aquarelle, modelage ;

3° L'enseignement du dessin n'aura pas pour objet principal de faire acquérir aux élèves une certaine habileté technique. Si on les met en contact avec la nature sous toutes ses formes, si on les laisse libres de l'observer sous les aspects qui les touchent le plus, si on leur permet de l'interpréter par tous les moyens pratiques qui peuvent être employés, c'est que, loin de vouloir étouffer en eux le sentiment, on se propose de le susciter et de le développer ; on les sollicite a produire l'impression personnelle qu'ils reçoivent du modèle. Aussi, plus que d'une exécution exacte et correcte, le maître tiendra compte de la sincérité avec laquelle cette impression sera rendue. De plus, à l'aide de certains exercices appropriés (arrangements décoratifs, illustrations de jeux d'enfants, de récits d'histoire, de fables et de contes), on encouragera les facultés imaginatives des écoliers. En un mot, le dessin cessera d'être impersonnel ; sans abandonner l'élève à sa fantaisie, on s'efforcera de mettre en valeur, en les guidant et les perfectionnant, ses goûts naturels et ses aptitudes spontanées ;

4° Dès lors que l'enseignement du dessin ne vise plus seulement à former des copistes, mais que, si ambitieux que le mot puisse paraître, il pousse les élèves à créer, on peut estimer qu'il tient à l'art en un certain sens. Science is knowing, Art is doing, disent les Américains. Pourquoi, au reste, l'étude du dessin ne serait-elle pas une préparation, sinon à la pratique, du moins au goût et à l'amour' de l'art? Serait-ce que, dans notre système d'éducation, la culture esthétique ne saurait avoir sa place? Et, s'il faut, au contraire, lui en faire une, cette culture, n'est-ce pas surtout le dessin qui peut, qui doit la donner? Tel est précisément l'avis de la commission, et, dès le début des Observations générales, on a pris soin de l'exprimer nettement. Traçant la courbe que doit suivre l'enseignement du dessin, « il accompagnera d'abord — dit-on — et fortifiera les leçons de choses ; il s'élèvera ensuite à des exercices d'observation plus compliqués, pour aboutir enfin au développement du sens artistique et à l'intelligence des œuvres d'art » ;

5° Il est un dernier trait par où se caractérise la récente réforme, et c'est peut-être celui qu'il importe le plus de signaler : par elle, l'enseignement du dessin reçoit la même orientation que les autres disciplines et est remis en harmonie avec les directions pédagogiques du système général des études universitaires ; là, comme ailleurs, on restreint le plus possible le rôle de l'abstraction ; là, comme ailleurs, on convie l'élève « à faire directement usage de ses facultés, et le maître à susciter et à guider la spontanéité de l'élève, non à l'étouffer sous les règles ». Il y a plus : non seulement le dessin est orienté comme les autres études, mais, entre les classes de dessin et celles des autres professeurs, on prend soin d'établir une coordination ; on veut créer une liaison étroite entre le dessin et les autres matières de l'enseignement. 11 est recommandé au professeur de dessin d'utiliser « les notions de mathématiques et de géométrie, acquises dans d'autres classes, pour insister sur les questions de mesures, de proportions, de perspective ». On voit par là que la géométrie n'est pas absolument exclue, mais simplement remise à la place qui lui appartient légitimement. De même, il conviendra de profiter des programmes d'histoire « pour aborder l'étude des œuvres du passé, pour parler de l'art égyptien, assyrien, grec, romain, français, en plaçant dans la classe quelques plâtres bien choisis. Les études des sciences naturelles peuvent aussi fournir matière à des choix de modèles intéressants. » Ainsi l'enseignement du dessin cesse de se réduire à une technique étroite et spéciale ; il devient partie intégrante du système général des études. Pour la première fois, on reconnaît toute son importance pédagogique et on lui donne les moyens de développer sa vertu éducative.

  

Manuel de dessin à l’usage de l’enseignement primaire par Gaston Quénioux. Librairie Hachette et Cie, 1911.

  

Cahier Le dessin et le travail manuel à l’école primaire, Cours élémentaire, d’A. Planty, instituteur,  Gédalge, libraire éditeur.

Cours conforme au programme du 27 juillet 1882. Premiers principes du dessin d’ornement.


Cahier Cours de dessin des écoles primaires par L. D’Henriet, Cours élémentaire. Librairie Hachette et Cie, 1883.

Cahier de l’élève n°1 : dessin linéaire.


Cahier Nouveau cours de dessin par J. Herlem, cours élémentaire. Ancienne maison Ract & Falquet, A. Jeandé successeur, Paris, 1885.

Cahier n°4 : Losange et ornement.

Le Dessin linéaire


C'est l'art de représenter par des traits le contour des objets.

On distingue deux espèces de dessin linéaire : le dessin linéaire à vue ou à main levée sans instruments, et le dessin linéaire graphique avec des instruments.

Les élèves commencent par tracer des lignes droites de longueurs déterminées et des figures rectilignes, puis ils en font éventuellement des applications dans des dessins de charpente, de planchers, de carrelages.

Progressivement, le dessin linéaire va incorporer les notions de « graphisme technique » : représentation en plan, coupe et élévation, projections et pénétrations de solides, tracés des ombres et application raisonnée du lavis.

Le dessin linéaire devient alors dessin géométrique ou dessin industriel.

Des liens didactiques forts sont établis entre le dessin linéaire et la géométrie.

Cahier L’écolier parisien, Monrocq Frères, éditeurs imprimeurs à Paris.

- 46e édition

- Edition Nouvelle revue augmentée et adaptée au programme officiel du 27 juillet 1909.

  

Livre Cours élémentaire de dessin linéaire d’arpentage et d’architecture par J.B. Henry. Librairie Elémentaire et Classique de CH. Fouraut et fils, 1873.

Planche sur les instruments graphiques

  

L'art plastique


L’apparition dans l’enseignement général des arts plastiques en 1972 puis des arts visuels en 2002 constitue une véritable révolution qui est aussi celle du rapport de la société à l’art. Formation à l’art par l’art visant à mettre l’art à la portée de tous, les arts plastiques et visuels marquent une rupture et une ouverture dans l’histoire de la discipline.

Rupture dans les objectifs : il ne s’agit plus de former des professionnels ni de transmettre des savoirs et des savoir-faire normatifs mais de donner à tous une formation culturelle et de développer une approche nouvelle de l’art en général et de l’art contemporain en particulier.

Les arts plastiques et visuels réconcilient l’école avec la création artistique des XIXe et XXe siècles alors que, jusqu’aux années 1960 au moins, l’enseignement scolaire du dessin est resté comme étranger à la création contemporaine.

Louis-Benjamin FRANCOEUR


Mathématicien français, né à Paris le 6 janvier 1773, mort le 15 décembre 1849.

Membre fondateur de la Société pour l'enseignement élémentaire, il en devient l'un des secrétaires, et s'applique particulièrement à faire pénétrer dans les écoles primaires l'enseignement du dessin. Il crée à cet effet une méthode qui porte son nom, et qui fut appliquée pour la première fois dans l'école fondée à Libourne par le duc Decazes. Publiée en 1819 sous ce titre : Le dessin linéaire d'après la méthode de l'enseignement mutuel, elle contribue puissamment à vulgariser en France la pratique du dessin scolaire.

  

- Je dessine d'Yvette Basset. Fernand Nathan,1968.

- Du pinceau à la plume d'A. Mareuil et S. Herbinière Lebert. Fernand Nathan, 1963.

Desssin des écoles primaires par V. Cayasse & J. Larue. Cours élémentaire et moyen. 50 modèles muraux comprenant 50 exercices. Alcide Picard et Kaan, Imprimeurs Editeurs.

Cours méthodique de composition décorative, L'ornement géométrique, combinaisons géométriques ornementales, par F. Forichon, librairie Larousse, 1906

  

Cahier de dessin d'écolier

- Cahier de Marcelle Cornetet de 1920 : Aquarelle ; Carré orné de feuilles et de fleurs de primevères.

- Cahier de Roland Mauger :

Coloriage ; Carré orné de feuilles

  


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