Méthodes de lecture 19e
Méthodes de lecture
L'écriture
Grammaire française
l'orthographe
Les math aux XIXe siècle
Les math aux XXe siècle
Le musée scolaire
Les sciences à l'école
La science de l'hygiène
L'enseignement ménager à l'école
L'agriculture à l'école
la morale à l'école
la prévention routière à l'école
l'épargne scolaire
Histoire à l'école
La géographie à l'école
Le travail manuel à l'école
Les travaux à l'aiguille
Le dessin à l'école
La musique à l'école
La gymnastique
Les bataillons scolaires
L'éducation physique
L'éducation physique et sportive
L'écriture
L'école communale
Histoire de l'enseignement
Documents sur l'école
matières d'enseignement
La pédagogie
Post et périscolaire
Découvertes sur l'école

Français


4. L'écriture


Pendant longtemps l'écriture a été l’une des trois matières dont on s’occupait exclusivement, ou à peu près, dans les écoles : lire, écrire et compter, c’était tout le programme, et encore l’écriture ne devait venir qu’après la lecture. Ce n’est que lorsque l’enfant savait lire qu’on lui apprenait à écrire.

A l'école de la République, elle tient toujours une place importante et on la lie avec la lecture.

Conseils donnés par la Conduite des Ecoles chrétiennes :


De l'encre : En prenant de l'encre, les écoliers tremperont légèrement le bout de la plume dans le cornet et la secoueront dedans et non à terre ni sur la table, ayant soin de ne salir ni leur papier ni celui de leurs voisins.

On fournira l'encre gratis aux écoliers.

Du papier brouillard : Chaque écrivain aura un feuillet ou deux de papier non collé, qui prenne l'encre facilement, pour appliquer sur la page qu'il vient d'écrire, afin de la sécher sans la brouiller.

De la taille des plumes : Il est très important que les écoliers sachent tailler leurs plumes ; Pour cet effet, le maître les fera venir auprès de lui, et taillera lui-même une plume neuve en leur présence, leur faisant remarquer tout ce qu’il faut faire pour bien réussir. Il leur fera remarquer que pour l’expédiée les deux côtés doivent être égaux ; que pour la posée, le côté du pouce doit être plus gros et plus long, et que pour l’écriture cursive, le bec doit être plus fendu, plus long, et en forme de fausset ; et enfin qu’il ne faut pas la couper sur l’ongle du pouce gauche, sur la table, ou sur du bois, mais sur le dos du tuyau d’une autre plume qu’on fait entrer dans celle qu’on taille.

L'Encyclopédie Diderot & D'Alembert, Art de l'écriture.

  

Dans les instructions de 1923, à l'écriture cursive s'ajoutent la ronde et la bâtarde au cours supérieur.


En 1945, l'écriture anglaise (gros, moyen, fin) est complétée de l'écriture script (imite les caractères d'imprimerie et facilite la lecture) à partir du cours moyen.


Il y a 20 ans, la Nouvelle édition publiait un petit ouvrage destiné à faire connaître aux éducateurs français une méthode d'écriture qui depuis plusieurs années s'étaient répandue en Angleterre et aux Etats-Unis. Elle rencontra d'abord chez nous une certaine opposition. Cela est ordinaire dans notre pays, quand apparaît une nouveauté, surtout une nouveauté pédagogique, même lorsque, comme dans le présent, cette nouveauté est une antiquité. Car l'écriture script était conforme à celle de nos anciens manuscrits. Toujours est-il qu'elle était une nouveauté à l'école, et que la tradition venue des maîtres d'écriture du XVIe siècle était encore assez forte pour imposer aux enfants les pleins et les déliés, et écarter de cet enseignement le naturel et la simplicité. (Roger Cousinet)

Les enfants apprennent sensiblement à lire plus vite qu'avec les moyens ordinaires, où les formes s'embrouillent dans leurs yeux. Le gain est d'un mois ou d'un mois et demi.

  

- Cartouches d'encre en poudre pour un litre d'eau.

Nouveaux exercices d'écriture de M. Decouty, Fernand Nathan, 1956.

Ecritures Script et cursive.

Méthode d'écriture moderne cursive au crayon à bille, André Casteilla, 1964.

L'écriture usuelle et rapide au crayon à bille, de H. Bonnard, Librairie Istra, 1967.

Cahier d'écriture complétant les livrets de lecture Luc et Caroline par J. Moscan, éditions M.D.I., 19

Ecriture script et cursive à la plume ou au stylo-bille.

Pages d'écriture par M. Cunéo et Grosgurin, Magnard, 1966.

Ecriture cursive.


 Enseignements

Successivement on a eu pour écriture nationale,

La gothique (forme du bec de plume carrée),

La bâtarde (ou italienne, elle diffère principalement de la coulée par la distribution des arrondis qui, au lieu d'être tous au pied des jambages, sont repartis comme dans la minuscule italique),

La ronde (les pleins sont verticaux),

La française (mélange de bâtarde et de la coulée)

La coulée (elle ne diffère de la ronde que par l'inclinaison ou pente, très utilisée au XVIIIe siècle),

Et l’écriture anglaise (plus rapide que la coulée, plus penchée et plus liée). C'est cette dernière qui s'impose au XIXe siècle.

La généralisation de l'écriture anglaise est une conséquence de l'invasion des plumes de fer.


Enfin, la hâte, qui est une des caractéristiques du XIXe siècle, a eu pour effet de ramener la forme des lettres à la plus grande simplicité en faisant disparaître les fioritures ; les personnes qui écrivent vite et bien ne perdent pas leur temps à former des pleins et des déliés irréprochables, au moyen de variations de pression de la plume, et elles écrivent penché.

Il y a dans chaque espèce d’écriture six grosseurs différentes :

1. Le gros, dont la hauteur est de quinze millimètres ;

2. Le demi-gros, dix millimètres ;

3. Le moyen, cinq millimètres ;

4. Le petit-moyen, trois millimètres ;

5. Le demi-fin, deux millimètres ;

6. Le fin ou l’expédiée, autrement dite cursive, de un millimètre à un millimètre et demi.

Ecriture anglaise

Ecriture coulée

Ecriture ronde

Ecriture bâtarde

Ecriture gothique

L'apprentissage de l'écriture est essentiellement un art d'imitation d'abord de lettres, puis de mots, d'une suite de mots souvent difficiles et peu usités comme, et enfin de sentences ou de maximes chrétiennes.

La fabrication de l’encre, comme la taille des plumes, faisait autrefois partie des connaissances techniques indispensables au maître d’école, et toutes les anciennes méthodes d’écriture contenaient une recette pour faire de la bonne encre noire.

La "liqueur employée pour écrire" ne doit être, aux dires des experts, ni trop épaisse, ce qui donne des "traits pâteux", ni trop liquide, car elle risque alors de produire des "taches appelées pâtés".


  

- Maître d'école taillant sa plume.

De la manière de tailler la plume.

Je ferai d’abord observer qu’il est essentiel de s’attacher à la qualité des plumes… La cinquième et la sixième plume de l’aile (d’oie) ne doivent jamais être employées, parce qu’elles sont trop faibles… La meilleure manière de choisir de bonnes plumes est de regarder soigneusement le dessus, et de voir si elles ont au-dessus du tube une tige forte et épaisse, et pas trop garnie de barbes à l’extrémité ; ces barbes doivent être étroites, et commencer juste au milieu de la tige. Le tuyau d’une plume d’oie est ordinairement long de trois pouces, et quelquefois plus, et la partie au-dessus du tuyau doit être d’environ dix pouces ou à peu près ; quand elles sont bien garnies, c’est un signe certain que la plume ne vaut rien : elles ont rarement plus de neuf pouces.

Il est impossible même à celui qui a le plus de pratique de tailler une bonne plume s’il n’est muni d’un bon canif… Le côté droit de la lame doit être un peu rond et convexe ; la lame doit être étroite pour pouvoir échancrer la plume…

Avant de commencer à entamer le tuyau, détachez environ trois pouces du plumasseau, ensuite avec le dos de la lame raclez tout le dessus du tube ; tenez le tuyau de la plume serré entre l’index et le pouce de la main gauche, de sorte que le dos se trouve en haut ; que le côté droit du pouce de la main droite placé près du bout de la plume lui serve de support ; le canif étant tenu dans la main droit, coupez ave la lame du canif que vous tenez dirigée vers le bout de la plume dans une pente oblique, un petit morceau du bout du tuyau, ensuite retournez la plume le dos en bas, et faites la même opération de l’autre côté, ce qui formera deux angles.

Ensuite avec la lame que vous tenez sur son plat, ou presque horizontalement, tenant toujours la plume serrée entre l’index et le pouce de la main gauche, plaçant le pouce de la main droite sous la plume, coupez et dégagez environ à un pouce du bout du tuyau jusqu’aux deux angles, et avec deux ou trois coups de plus votre plume sera bonne à fendre. 1°. Dans la partie creuse du bout introduisez le tranchant du canif dans le dos de l’entaille, puis placez le médium de la main gauche sous le tuyau de la plume ; introduisez la pointe du manche du canif entre le doigt et la plume ; servez-vous en comme d’un levier dont le doigt sera le point d’appui, la plume sera la résistance, et le poignet la puissance. Le pouce gauche doit presser fortement le dos de la plume pour en arrêter la fente, qui s’opérera parfaitement si l’on a bien raclé le dos comme nous l’avons prescrit plus haut. 2°. Une fois l’incision faite on peut fendre la plume en la forçant avec le bout d’une autre plume que l’on entre dans la première, ou avec le poinçon qui se trouve à quelques canifs.

Commencer à faire dans la partie évidée du tuyau une entaille à droite et à gauche, à peu près à la hauteur de la fente, si la plume doit être taillée en gros, et un peu plus haut si elle doit être taillée en fin, en observant surtout d’échancrer chaque côté obliquement jusqu’à ce que les deux côtés soient pointus et exactement de la même longueur. 3°. Pressez le pouce de la main droite sur le dos de la fente pour la rendre plus serrée et plus ferme ; ensuite, dans le tuyau, introduisez celui d’une autre plume ; coupez avec le canif un peu de l’épaisseur du tuyau, puis vous raffinez le bout de la plume ; relevez votre canif, placez-le obliquement sur la pointe de la plume, de sorte que le bout du canif et la plume forment un angle aigu, et avec le canif (ainsi tenu) coupez du tube aussi peu que possible, et de sorte que le côté droit ait quelque chose de plus long que l’autre, pour que les déliés soient faits avec plus de délicatesse qu’ils ne le seraient si la plume avait été surcoupée avec le canif placé horizontalement. 4°. Il est parfois nécessaire, quand la plume a le tuyau trop dur et trop fort, de racler un peu le dos de la plume depuis le tube jusqu’au bout, ce qui lui donne plus de flexibilité, et contribue à la faire glisser plus librement sur le papier. Une plume bien fendue facilite non seulement l’écriture, mais fait mieux ressortir les têtes et les queues des lettres ; si la plume a assez de taillant, il est mieux qu’elle soit bien fendue, ce qui convient davantage pour l’expédiée. (Manuel de calligraphie. Méthode complète de Carstairs dite américaine)

  

Composition de différentes sortes d’encre.


Encre ordinaire

Prenez seize onces de belles noix de galle, et pilez-les dans un mortier ; ou autrement, prenez quatre onces de bois de campêche, et coupez-le en petits morceaux. Faites réduire de moitié tout cela dans quatre pintes d’eau, qui doit être bouillante ; puis prenez deux onces de couperose en poudre, et trois onces de gomme arabique : mêlez-y ceci (mais passé dans un petit linge). Au bout de quelques heures on peut écrire avec cette encre qui, ainsi préparée, est très belle, et donne du brillant et de la beauté à l’écriture. (Manuel de calligraphie. Méthode complète de Carstairs dite américaine)

  

Écolier faisant son travail d'écriture sous l'œil de sa petite sœur, 1875, par Albert Anker (1831–1910)

  

2. L'écriture sur papier à la plume d'oie

- Cahier d'écriture pour le concours de l'année 1860 de Louis Hérogné, élève des frères des écoles chrétiennes.

- Cahier d'écriture pour le prix de l'année 1828 par Constant Davroult, élève des Frères des Ecoles chrétiennes de la 4e classe de Ste Marguerite à Saint Omer.

  

4. L'écriture sur papier au crayon à bille

Boîte plumes du "sergent-major" de Blanzy-Conté-Gilbert réunis qui retracent les épisodes glorieux de l'histoire de France.

Boîtes de plumes


Les plumes sont vendues dans des boîtes en carton, entourées d'une étiquette. Au début elles se contentent d'indiquer le nom du fabricant, le numéro de la plume, la grosseur de sa pointe, puis, elles sont envahies de mentions multiples et de médailles glanées lors d'expositions plus ou moins universelles. Vers 1860 apparaissent les étiquettes illustrées.

Boîte Blanzy Poure & Cie, Boulogne-sur-mer.

Boîtes, Baignol & Farjon, Boulogne-sur-Mer.

- La gloire de Boulogne

- La gloire de Boulogne supérieure

- A la cocarde

- La France militaire, infanterie de ligne

Boîte plumes métalliques Hachette & Cie. N° 150 à 155.

Nouvelle méthode d'écriture française, plume Flament N°2, Librairie Eugène Belin.

Plumes métalliques


L’industrialisation de la fabrication de plumes métalliques commence en France avec la société Blanzy-Poure, en 1846, à Boulogne-sur-Mer. Pour arriver à ses fins, Pierre Blanzy avait négocié des brevets, débauché des chefs d’ateliers et des ouvriers experts à Birmingham, premier site mondial de fabrication de plumes d’acier. Suivront Baignol et Farjon et la Compagnie française quelques années plus tard.

Il y a des plumes pour la ronde, la bâtarde, l’anglaise ou la gothique et pour d’autres utilisations.

Les cahiers d'écriture préparés

Méthode pratique d'écriture-lecture en 12 cahiers, par A. Renault, Ets Godchaux.

Nouvelle méthode d'écriture en 3 livrets contenant les principes et les modèles et 3 cahiers d'application par A. Surier et G. Duret, Librairie H. Le Soudier.

Méthode Pratique d'Ecriture par F. Victorin. la méthode est contenue dans 12 cahiers. Aug. Godchaux & Cie.

Méthode Godchaux, cahiers d'écriture réglés avec modèles gravés et gradués. la méthode est contenue dans 12 cahiers. Ets Godchaux.

Méthode d'écriture en rapport avec l'enseignement de la lecture par F. Dubus et C. Lemaire. La méthode se compose de 12 cahiers. Gédalge.

Une nouvelle méthode d’écriture inventée par J. Carstairs a un grand succès à Londres. Elle est connue en Angleterre grâce à la publication d’un ouvrage de 1814.

M. Audoyer est le premier à la faire connaître à Paris. D’autres personnes qui, comme lui, en ont reconnu les avantages l’ont adoptée et la propagent. Elle apporte une grande économie de temps et de dépense, on ne sera plus obligé d’employer trois ou quatre années de l’enfance pour acquérir une écriture mal formée.

Notre écriture se compose d’un petit nombre de traits élémentaires faciles à exécuter, si l’on employait tous les moyens que la nature nous a donnés ; mais les maîtres d’écriture ont prétendu que les lettres doivent être formées par la seule flexion des doigts, et lorsqu’un enfant commence à manier la plume, on exige qu’il trace avec fermeté de longs jambages, sans avoir égard à la faiblesse et à la petitesse de sa main : aussi éprouve-t-il des crampes après quelques instans de l’exercice forcé auquel on le soumet.

M. Carstairs  a mieux consulté nos moyens naturels d’exécution, et les succès prodigieux qu’il a obtenus tiennent uniquement aux changements qu’il a apportés dans la manière de tenir et de conduire la plume.

Dans le tracé de notre écriture, il faut pour qu’elle soit parfaitement alignée, que le bras s’écarte progressivement du corps, à mesure que les lettres se forment ... Comme le bras porte de tout son poids sur la table, la translation ne peut s’opérer que par intervalles et par sauts ; ce qui donne lieu à des temps d’arrêt et fait que la main est continuellement entraînée hors de sa position avec le bras. Par cela seul il est très difficile de donner aux lettres la même inclinaison, d’où résulte le défaut de parallélisme qu’on remarque dans la plupart des écritures.

Dans la méthode de M. Carstairs, la translation latérale de la main suit constamment la formation des lettres, parce qu’elles sont tracées par le bras. Les doigts sont disposés autour de la plume, de manière que le bras porte sur les ongles des deux derniers doigts ; alors il glisse sans frottement sur le papier, et la main ainsi que la plume restent dans la même position non-seulement pendant le tracé d’un long mot, mais encore pendant celui d’une ligne entière. (Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, 1825)

  

1. L'écriture sur l'ardoise

Pour apprendre l'écriture on fait un grand usage du sable dans les petites écoles de l'ancien régime et dans les écoles mutuelles. Il est délaissé au profit de l'ardoise qui apparaît au XVIIIe siècle, et permet aux commençants de débuter avant l'écriture sur le papier. Il a l'avantage de faire économiser l'argent qu'il faudrait dépenser pour acheter du papier, des plumes, de l'encre, etc.., mais a l'inconvénient de rendre la main lourde, car l'enfant est obligé d'appuyer avec force sur son crayon de talc pour obtenir des pleins.

3. L'écriture sur papier à la plume métallique

- Cahier d'application de Rosalie Gacher, à Gontaud, le 14 août 1850.

  

Au milieu du XIXe siècle, dans presque toutes les écoles, on emploie les plumes métalliques de préférence aux plumes d'oie, qui prend un temps considérable au maître chargé de les tailler.

la plume métallique permet de passer de l'écriture posée d'autrefois qui s'effectue lentement à celle qu'on nomme expédiée, celle qui doit se faire à main courante et dont les enfants auront le plus besoin.

L'écriture cursive (qui signifie écriture courante), qui tient de l'anglaise et de la bâtarde, est apprise prioritairement.

Commencer par l'écriture moyenne de cinq millimètres, continuer par la grosse d'un centimètre, et arriver en dernier lieu à la fine de deux millimètres, voilà, la marche qu'il convient de suivre, relativement à la grosseur ou la hauteur de l'écriture pour les commençants.(conseille Heuguet dans le bulletin de l'instruction primaire en 1855)

On trouve maintenant en quantité des cahiers tout préparés chez la plupart des marchands qui tiennent les fournitures de classe. Ces cahiers, ordinairement garnis de couvertures, sont faits, soit avec du papier blanc, soit avec du papier réglé. Les cahiers qu'on achète tout réglés, offrent de grands avantages pour faire contracter aux enfants des habitudes de propreté, d'ordre et de régularité.

  

 Début XXe, un débat se développe, autre qu'entre différentes écritures ou la hauteur des lettres, mais entre l’écriture penchée et l’écriture droite. Il s’agit surtout d’une question d’hygiène plutôt que d’une question de méthode. "Il est certain que l’enfant, pour l’écriture penchée, est souvent assis sur son banc le corps penché, s’appuyant, d’un seul côté, sur le coude gauche. Son épaule gauche remonte ; sa colonne vertébrale dévie de la ligne verticale et se courbe avec convexité à gauche. En outre, cette position penchée l’oblige à incliner la tête à gauche et en avant, de telle sorte que les yeux s’accommodent à une vision trop courte et prennent un degré différent d’accommodation. La myopie et la scoliose peuvent être le résultat de cette attitude.

A cela, les défenseurs de l’écriture à pente répondent qu’il suffit de veiller à la tenue des enfants ; qu’on peut tenir le corps droit et les épaules à la même hauteur en écrivant penché, et qu’il suffit d’incliner le cahier à gauche pour obtenir le résultat cherché." (dictionnaire de F. Buisson)

L’écriture droite gagne dans l’opinion et se répand de plus en plus.

Méthode d'écriture droite par

C. Robquin, Hachette.

Les buvards

Au début du XIXe siècle, pour sécher l'encre, on use de la seule poudre dont dispose l'écolier des campagnes, à savoir le sable, souvent grossier, dont la seule vertu est d'encrasser les plumes et de permettre aux enfants de se le jeter dans les yeux.

A l'époque du Second Empire, avec l'utilisation de la plume métallique et les cahiers de petites dimensions que l'on trouve tout préparés chez la plupart des marchands qui tiennent les fournitures de classe, on préconise l'emploi du papier "brouillard", appelé ainsi car il provoque la brume de l'écriture. Il se dénommera "buvard" un peu plus tard.

Afin que la fermeture des cahiers n'occasionne aucun retard, par suite de la nécessité de laisser sécher l'encre, l'instituteur doit exiger que chaque cahier soit garni d'une feuille de papier brouillard, gris, bleu ou rose, n'importe la couleur, mais coupée exactement de la dimension du cahier. Cette feuille se met sur la page qu'on vient d'écrire, et permet de tourner le feuillet sans attendre que la page sèche. (bulletin de l'instruction primaire, 1855)

  

- "Le Nick" l'ardoise magique modèle N°4,

- Ardoise en carton bouilli avec un porte-mine, une mine, un étui de mines et sa boite d'éponge.

- Ardoise avec cadre bois

- Ardoise en carton bouilli avec cadre plastique rouge.

En 1965, le crayon à bille et la pointe mousse sont les instruments préférés. On signale les avantages du premier dans l'apprentissage d'une écriture cursive qui ne nécessite à aucun moment une pression différenciée de la main. Les traits sont d'une largeur uniforme et sont tracés d'un mouvement continu. Mieux vaut désormais s'épargner les difficultés de la plume à bec. Les écritures droite et penchée sont autorisées l'une comme l'autre depuis longtemps.

Dans les instructions de 1972, l'enseignement de l'écriture script reste facultatif.

  

- Méthode moderne d'écriture, anglaise et script, par R. Echard et F. Auxemery, Editions Magnard.

Nécessité de notre temps ! En effet, les caractères de l'écriture SCRIPT conviennent à la plume du stylo et à la petite bille d'acier qui tracent les signes de l'écriture sans plein et déliés.

La plume d'oie et la plume d'acier ont eu leurs formes graphiques appropriées ; nos instruments modernes d'écriture auront à leur tour la leur et sans aucun doute le SCRIPT ira s'imposant de plus en plus.

  

Instructions Officielles du 4 décembre 1972


L'apprentissage de l'écriture met en jeu de façon si complexe des facteurs si divers, que des instructions spéciales en traiteront. Quelques indications sont toutefois nécessaires.

L'écriture-dessin peut mener à la calligraphie, qui a sa valeur propre comme travail d'ornementation ; mais son étude doit être bien distinguée de l'apprentissage courant, auquel nous limiterons notre propos, et qu'il serait absurde de mépriser. L'enfant qui apprend à écrire, à bien conduire les mouvements de sa main, s'exerce au contrôle de soi. La liaison, la sûreté, la légèreté des gestes qu'exige une «bonne écriture» sont des éléments de l'éducation que l'on ne peut négliger sans dommage ; l'élève qui écrit péniblement sera gêné dans ses études, et dans sa vie.

Le progrès de l'écriture dépend des possibilités psychomotrices de l'enfant. La préparation déjà reçue à l'école maternelle ou dans la classe enfantine est d'un grand secours au C.P. ; mais il arrive qu'elle doive y être prolongée.

Associé à l'enseignement de la lecture, qui fait apparaître les mots comme des assemblages autonomes de caractères déterminés, celui de l'écriture apprend à bien former les caractères manuscrits ; l'enfant s'aperçoit vite que leur déformation l'empêche de se relire et de retrouver le sens de ce qu'il vient pourtant d'écrire.

L'enseignement au C.P. de l'écriture dite «script» restera facultatif. Le script, imitant les caractères d'imprimerie, facilite la lecture ; le dessin de ses lettres est simple ; il ajourne les difficultés, nombreuses pour le débutant, de la liaison des lettres. En revanche, il impose une étape supplémentaire, à laquelle il peut être paradoxal de soumettre ceux des enfants qui, à l'école maternelle, ont déjà appris l'écriture liée. Au surplus, il présente les inconvénients d'une écriture hachée : les intervalles entre les lettres, qui doivent être plus petits que les intervalles entre les mots, font difficulté. C'est pourquoi tout en recourant au script pour des titres ou des étiquettes, les maîtres peuvent juger bon d'économiser l'étape du script dans l'apprentissage de l'écriture.

Le crayon à bille et la pointe mousse seront les instruments préférés. Des instructions de 1965 ont déjà signalé les avantages du premier dans l'apprentissage d'une écriture cursive «qui ne nécessite à aucun moment une pression différenciée de la main. Les traits sont d'une largeur uniforme et sont tracés d'un mouvement continu». Mieux vaut désormais s'épargner les difficultés de la plume à bec.

On rappellera enfin que les écritures droite et penchée sont autorisées l'une comme l'autre depuis longtemps.

Si les occasions d'écrire ne sont saisies qu'à l'occasion d'exercices appelant l'attention sur d'autres soins que celui de l'écriture - travaux d'expression écrite, d'orthographe, etc. - on ne s'attendra pas à des chefs-d'œuvre de graphisme. Or, il est nécessaire que l'écriture devienne aisée, régulière et bien lisible. Le goût du dessin et le désir de produire un travail propre et plaisant pourront faire aimer les exercices spéciaux auxquels il faut recourir, sans mépriser les modèles ni les surimpositions.

Ce qu'il faut éviter dans ce travail, c'est que l'enfant, en s'efforçant à la régularité, perde cette aisance sans laquelle la lisibilité ne tarde pas à disparaître. L'exercice a des effets négatifs si l'enfant se crispe. La raideur, l'attitude contrainte, les contorsions trahissent une pédagogie qui éveille la répugnance de l'élève. Le remède sera souvent de reprendre les exercices d'initiation graphique de l'école maternelle dont l'exécution sera progressivement accélérée.

Les exercices spéciaux seront continués au C.E. 1. Mais les soins apportés à l'écriture dans les deux premières années de la scolarité élémentaire ne dispenseront pas d'en prendre d'autres dans les trois années suivantes. Le geste, il est vrai, devient plus rapide et plus vigoureux, mais ce peut être au détriment de la précision et de la propreté auxquelles le maître doit veiller. Il ne comptera pas trop sur l'efficacité des réprimandes : celle d'exercices de transcription bien faits est meilleure. En revanche, les «lignes» à titre de pensum sont - en toute classe - fatales à l'écriture. Les pensums ne sont d'ailleurs pas autorisés.