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 Enseignements

Français


3. Lecture


Jusqu'au XVIIIe, la lecture constitue la première et souvent la seule connaissance enseignée à l'élève. C'est d'abord en latin que l'élève apprend à lire afin qu'il puisse répondre à la messe. Le fait de ne pas comprendre ce qu'il lit n'est pas un problème.

J. B. de la Salle s'est élevé contre cette méthode : Si on souhaite que les enfants pauvres ne quittent pas l'école ne sachant pas lire le français et ne lisant le latin que d'une manière ridicule ou incorrecte, il convient de commencer l'apprentissage de la lecture par le français.

On commence par mémoriser l'alphabet dans un abécédaire appelé "croix de par Dieux". Puis l'on poursuit par le syllabaire avant la lecture courante dans le psautier.


Il est évident que toutes les législations scolaires sont d'accord pour ranger la lecture au nombre des matières obligatoires.

En ce qui concerne la méthode à suivre, il ne peut être question d'imposer officiellement aux instituteurs l'emploi de tel ou tel procédé. Le plus souvent l'autorité scolaire s'abstient de toute prescription et ne rédige aucun programme ; lorsqu'elle le fait, elle se contente de quelques directions ou recommandations d'un caractère très général.

  

Lecture en latin avant le français


C’est au XVIIe siècle, dans les Règlements pour les écoles de la ville et diocèse de Lyon de Charles Démia, que l’on voit les premières tentatives d’une organisation systématique de l’enseignement de la lecture. Démia veut que le maître divise son école en des classes différentes, par rapport à la capacité des écoliers, dont les uns sont aux lettres, les autres aux silabes, ou aux mots, ou aux phrases, etc.

Le livre l'Ecole paroissiale, par I. D. B., prêtre, ouvrage dédié au chantre de l'église de Paris, contient un cours d'études complet à l'usage des « petites écoles » (la première édition est de 1654).

Pour bien montrer à lire, dit l'auteur, il faut se bien garder d'embrouiller les enfans en voulant enseigner tout à la fois, à assembler et à lire en françois et en latin : mais se servir de l'ordre, et ne point entreprendre de les faire voler dans la lecture avant que de sçavoir épeler les lettres, car voulant les avancer en leur apprenant tant de choses à la fois, on leur rend la lecture si confuse qu'outre qu'ils sont longtemps à apprendre, ils ne sçavent jamais bien lire, ni en latin, ni en françois. Pour procéder donc par ordre, il faut : 1° enseigner aux petits enfans à connoître les lettres ; 2° à les assembler, pour en faire des syllabes ; 3° à épeler les syllabes, pour en faire des mots ; et ensuite, lire les mots, pour en faire des périodes latines : puis à bien lire en françois.

J.-B. de La Salle fut un réformateur remarquable pour son temps ; et parmi les services qu'il a rendus à l'enseignement primaire, on lui doit la substitution de la lecture du français à celle du latin. Mais, sauf sur ce point capital, sa méthode de lecture ne s'écarte pas sensiblement de celle qui était en usage avant lui. Il n'a pas adopté le procédé d'épellation de Port-Royal, soit qu'il ne l'ait pas connu, soit que l'origine janséniste de cette nouveauté la lui ait rendue suspecte. (Dictionnaire Buisson)

  

Le manque de livres


Lorsque les hommes de la Révolution entreprennent de créer un système national d'instruction publique, une de leurs principales préoccupations est la rédaction de livres élémentaires destinés à mettre à la portée des élèves des écoles primaires et secondaires, ainsi que des citoyens désireux de s'instruire, les connaissances indispensables à tous les hommes.

Le plan de Talleyrand, présenté à la Constituante, s'exprime à ce sujet de la manière suivante : il faut, que des livres élémentaires, clairs, précis, méthodiques, répandus avec profusion, rendent universellement familières toutes les vérités, et épargnent d'inutiles efforts pour les apprendre. De tels livres sont de grands bienfaits : la nation ne peut ni trop les encourager, ni trop les récompenser.

Condorcet, dans son rapport à la Législative, écrit : On fera composer pour les hommes, et même pour les enfants, des livres faits pour eux qu'ils pourraient lire sans fatigue, et qu'un intérêt soit d'utilité prochaine, soit de plaisir, les engagerait à se procurer.


L'acte le plus important de François de Neufchâteau pendant son second ministère du Directoire, au point de vue scolaire, est la création d'un Conseil d'instruction publique, composé de huit membres de l'Institut, et chargé, entre autres attributions, de l'examen des livres élémentaires.

La plupart des instituteurs, hors d'état de sortir des sentiers de l'ancienne routine, ne connaissent d'autre méthode pour apprendre à lire à leurs élèves que de les faire épeler. A cette méthode, vicieuse en elle-même, est attaché un grand inconvénient, c'est de ne point avoir de syllabaire propre aux principes d'après lesquels l'instruction doit être dirigée. Il est donc nécessaire, en attendant que les instituteurs, plus instruits, puissent suivre un meilleur système d'enseignement, de faire composer des syllabaires ou abécédaires dégagés des formes superstitieuses, et adaptés aux principes de la raison et de la morale républicaine.

En quittant le Ministère de l'intérieur en 1799, François de Neufchâteau, publie une Méthode pour apprendre à lire aux enfants. Le Conseil d'instruction publique indique que cet ouvrage est compris dans la liste générale des livres élémentaires, parmi lesquels doivent choisir les instituteurs et les institutrices tant des écoles nationales que des écoles particulières. A ce titre, chaque exemplaire sera marqué de l'estampille destinée à prouver l'identité de l'ouvrage.

  

Sous la Restauration de Louis XVIII, la Commission de l'Instruction publique arrête, le 8 février 1817, que les livres suivants sont provisoirement indiqués comme pouvant être mis utilement dans les mains des enfants et des maîtres.

Syllabaires

- Syllabaire classique ou nouveau Traité élémentaire de lecture française par M. D. de M. C. ; Paris, Rappel.

- Premier livre de l'enfance, par M. Saron, à Arbois.

- Nouveau syllabaire français, par un ancien instituteur ; Lyon, 1808.

- Le quadrille des enfans ou Système nouveau de lecture ; Lyon, 1815.

- Lecture par écho, par Daubenton ; chez Belin fils, Paris, 1809.

- Les images ou Introduction aux principes de lecture, par F. A. Laussel ; Toulouse, 1816.

- Cours pratique et progressif de lecture élémentaire par D. A. F. Courtois ; chez Emery, Paris, 1816.

Exercices de lecture.

- Le catéchisme historique, de l'abbé Fleury.

- La doctrine chrétienne, tirée du Catéchisme historique de l'abbé Fleury.

- Histoires édifiantes et curieuses tirées des meilleurs auteurs, par l'auteur de l'Ame élevé à Dieu ; Lyon, 1807

- Abrégé de l'ancien testament, de Mésenguy.

- Mœurs des israélites et des chrétiens, par l'abbé Fleury.

Livres pour le maître

- A B C royal ou l'Art d'apprendre à lire sans épeler les voyelles et les consonnes, du nom que ces dernières ont dans l'alphabet ; dédie aux enfants de France, par Bouchat ; Paris, 1759.

- Traité des sons de la langue française et des caractères qui les représentent, par l'abbé Bouillette ; Paris, 1760.

- Syllabaire classique.

- Manuel pratique ou Précis de la méthode d'enseignement mutuel, pour les nouvelles écoles élémentaires, rédigé par M. Nyon ; Paris, 1816.

- Abrégé de la méthode des écoles élémentaires ou Recueil pratique de ce qu'il y a de plus essentiel à connaître pour établir et diriger des écoles élémentaires, selon la nouvelle méthode d'enseignement mutuel et simultané ; Paris, 1816.

- Guide des fondateurs et des maîtres pour l'établissement et la direction des écoles élémentaires de l'un et l'autre sexe, basées sur l'enseignement mutuel ; Paris, 1816.


Le Conseil royal souligne, le 22 mars 1822 aux Recteurs, l'importance qu'il attache à voir se répandre dans les écoles de bons livres élémentaires. Il se propose à cet égard deux objets principaux : le premier, d'améliorer l'instruction, en même temps que l'éducation religieuse et morale des enfants ; le second, d'introduire dans les écoles des livres uniformes, afin d'en faire disparaître peu à peu la vicieuse méthode de l'enseignement individuel.

Différents petits ouvrages vous ont déjà été adressés dans cette vue, pour être recommandés aux instituteurs ou distribués à leurs élèves…

L'emploi de colporteur, comme dans le département de la Moselle, est jugé utile et recommandable. Le Recteur a confié à un homme sûr un choix de livres convenables aux enfants des écoles primaires ; de charger cet homme, muni de recommandations près des Comités cantonaux, des maires, des curés et des maîtres d'écoles, de se transporter dans les bourgs et villages du ressort de l'Académie, pour y remettre les livres dont il serait porteur aux prix d'achat marqué sur les ouvrages mêmes.

Montalivet constate, comme tous ces prédécesseurs que les livres de lecture manquent de toutes parts dans les écoles primaires, surtout pour les enfants pauvres. Il écrit aux Recteurs, le 2 novembre 1831, qu'une des premières pensées du gouvernement devait être d'y remédier, en faisant composer, imprimer et distribuer dans les écoles des ouvrages destinés à communiquer et à répandre les premières connaissances. C'est d'une part, un moyen sûr de propager des idées utiles dans toutes les classes de la société, et particulièrement parmi les nombreux habitants des communes rurales. C'est, d'autre part, le moyen le plus efficace de faire enfin disparaître la méthode de l'enseignement individuel avec tous les inconvénients qu'elle entraîne, et de lui substituer les méthodes perfectionnées de l'enseignement mutuel et de l'enseignement simultané.

Je viens de prendre des mesures afin de satisfaire promptement à ce qu'exigent, sur ce point capital, les plus pressants besoins de l'instruction élémentaire.

Il fallait avant tout chercher à rendre aussi facile que possible l'art de lire, en mettant entre les mains des enfants  un premier livre qui fût à leur portée : Alphabet et premier livre de lecture.

Il était à souhaiter en outre que ce petit volume fût composé de telle façon qu'il pût être employé dans toutes les écoles primaires, soit catholiques, soit protestantes, et par tous les élèves de l'une ou l'autre de ces religions.


Suite à la loi Guizot, dans le statut sur les écoles primaire du 25 avril 1834,il est indiqué que l'enseignement de la lecture comprend successivement l'alphabet et le syllabaire, la lecture courante des manuscrits et du latin.

Guizot s'occupe à son tour de fournir aux écoles les ouvrages nécessaires à l'enseignement.

 

Relevé des envois de livres élémentaires destinés à être distribués dans les écoles.

En 1831 :

Alphabet ou premier livre de lecture                     500 000 exemplaires

Petit catéchisme                                                100 000

En 1832 :

Histoire de la Bible par Boissard                          10 000

Instruction pour les israélites                               5 000

Alphabet ou premier livre de lecture                     200 000

Petit catéchisme historique                                 50 000

Robinson dans son île                                        6 000

Petite arithmétique raisonnée                              25000

En 1833 :

Alphabet ou premier livre de lecture                     300 000

Petit catéchisme historique                                 100 000

Petite arithmétique raisonnée                              30 000

Collection de tableaux de lecture                         5 000

Histoire de la Bible par Boissard                          10 000

Instruction pour les israélites                               5 000


Livres qui doivent composer les bibliothèques des écoles normales : Alphabet et premier livre de lecture et tableaux correspondants, La Citolégie, par Dupont. – Méthode simplifiée de lecture, par Maître. Tableaux de lecture sans épellation, par MM. Lamotte, Perrier, Meissas et Michelot. – Méthode de Lavaud. – Cahiers lithographiés de Selves. – id. de Levrault. – id. de Montizon.


Dans son tableau de l'instruction primaire en 1837, Lorain note que souvent l'instituteur qui reçoit les livres les laisse pourrir dans un coin sans y toucher, soit parce qu'il en coûte à sa paresse d'étudier une méthode nouvelle pour lui, soit pour condescendance aux instances, aux conseils de personnes influentes, aux menaces même des parents. Tantôt, les comités ou les maires avertis qu'à quelques lieux de là, le préfet ou le recteur tiennent à leur disposition des ballots de livres gratuits, répondent qu'ils ne peuvent faire les frais de transport. On se plaint du peu de soin et de la négligence avec laquelle sont reliés les livres. Les cahiers se détachent à la moindre ouverture du volume, le carton est beaucoup trop mince, et le papier de couleur qui les recouvre est à peine collé.

Lorain indique également que les croix de par Dieu, les psautiers latin, les abécédaires de Limoges avec figures de girafe ou d'éléphant (éditions de livres très bon-marché remplies des fautes les plus grossières) n'ont au moins qu'un tort, celui de mal seconder les leçons du maître et de laisser languir l'instruction de l'enfant.

De tous les livres, il n'en est pas dont l'emploi soit plus général dans les écoles, il n'en est pas qui soit mieux accueilli par le clergé, que l'Instruction de la jeunesse par le père Gobinet.


M. de Salvandy, vers la fin de 1847, projette de faire composer un livre de lecture courante à l'usage des écoles primaires. Comme l'avait fait M. de Vatimesnil, il ouvre un concours : Un concours au jugement du Conseil royal, sur le rapport de la section des études, est ouvert pour la composition d'un livre de lecture courante et d'exercice grammatical contenant les notions usuelles de toute nature les plus propres à détruire les préjugés et les mauvaises traditions, à propager les connaissances les plus utiles dans toutes les conditions de la vie, à inspirer l'amour du devoir et le respect des lois, à former les bons citoyens, en un mot à améliorer les mœurs publiques. (Arrêté du 24 septembre 1847.) Une récompense de 6000 francs est promise à l'auteur du livre qui serait couronné. Mais il en est de ce concours comme de celui de la Restauration : une révolution l'empêche d'aboutir.


L'enseignement de la lecture dans les écoles mutuelles françaises se donne au moyen d'un Syllabaire, formant 38 tableaux répartis entre les huit classes de l'école, et de leçons de lecture, formant 50 tableaux à l'usage des quatre classes supérieures seulement. On emploie la méthode d'écriture-lecture, car les pédagogues de l'enseignement mutuel estiment que l'on apprend plus facilement à lire aux enfants en activant plusieurs sens simultanément.

  

- Premières lectures dans les manuscrits à l'usage des écoles primaires par M. De la Palme conseiller à la cour de cassation, Librairie Hachette et Cie


- Nouvelles lectures manuscrites morales et amusantes, à l'usage des écoles primaires, suivies d'un fac-similé de l'écriture de Henri IV, par M.E.C. Louis, ouvrage autorisé par l'Université.

Librairie Ecclésiastique, Classique, Elémentaire de Ch. Fouraut à Paris


- Manuscrit à l'usage des écoles élémentaires de Savoie par un frère des Ecoles Chrétiennes. Lectures diverses sur le système du monde, les trois règnes, etc., adopté par le Conseil supérieur d'Instruction Publique. Jh Perrin, Libraire Editeur et Lithographe, Chambéry, 1857.

- Epitome Historiae Sacrae, Auctore C. F. Lhomond, ad usum scholarum, Paris, Imprimerie et librairie Classiques de Jules Delalain et Cie, 1815.


- Psautier de David


- Psautier des écoles avec la méthode pour apprendre à lire le latin à l'usage des écoles primaires par l'abbé B. R. Gibert, nouvelle édition, Librairie Ecclésistique et Classique de Ch. Foutaut, 1841.


- Psautier disposé pour tous les jours de la semaine avec les hymnes, cantiques, proses et saluts des dimanches et fêtes de l'année, impromé par permission de S. Em. Mgr Le Cardinal de Bonnechose, Archevêque e Rouen, Primat de Normandie, en faveur des écoles de son diocèse. Rouen, Fleury Editeur, 1867.

- Manuel des enfants, lectures graduées morales et instructives, à l'usage des familles chrétiennes, par M. De Saint-Surin. Ouvrage couronné par l'Académie Française et autorisé par l'Université. Paris, Librairie Ecclésiastique, Classique et Elémentaire de Ch. Fouraut, 1857.

  

Comprendre ce qu'on lit


L'instituteur tiendra à ce que la lecture des élèves soit correcte ; il les habituera à se rendre compte de ce qu'ils liront, en leur expliquant le sens des mots.

La lecture du latin est spécialement recommandée ; on se servira, pour cette lecture, du Psautier ou d'autres livres en usage pour les offices publics du diocèse.

Pour la lecture des manuscrits, on emploiera de préférence des cahiers autographiés contenant des quittances, baux, marchés, devis, mémoires d'ouvrages ou des instructions élémentaires sur l'histoire naturelle, l'agriculture, l'industrie et l'hygiène. (Règlement modèle pour les écoles publiques de Crouseilhes, du 17 août 1851)

On voit encore trop souvent dans les classes non pas des livres mauvais, mais des livres qui ne conviennent ni à l'âge ni au degré d'instruction des enfants. Ce qui n'est pas moins regrettable, trop souvent aussi, les élèves d'une même division ne sont pas pourvus des mêmes livres, rapporte l'abbé Daniel en décembre 1851.

Le ministre Fortoul souligne l'importance de l'examen du brevet de capacité et donne comme instruction en ce qui concerne la lecture que l'on doit s'assurer que tous les candidats non seulement lisent et prononcent correctement, mais encore qu'ils comprennent ce qu'ils lisent. Il convient aussi de rattacher à cette épreuve diverses questions sur les meilleurs procédés à suivre pour l'enseignement de la lecture (8 mai 1855).

Le projet de Rénovation pédagogique (Instruction du 15 novembre 1856), affirme qu'il est indispensable d'accéder précocement à la compréhension: " faire contracter aux élèves l'habitude de ne rien lire sans le comprendre". Les pédagogues s'élèvent contre la lecture mécanique, on ne doit déchiffrer que des mots signifiants pour l'enfant.


Le ministre Rouland demande aux Recteurs, le 20 août 1857, de lui adresser des réponses puisées dans l'étude des faits : en lecture, s'efforce-t-on, quelles que soient d'ailleurs les méthodes adoptées, à faire de cet exercice, presque toujours si fastidieux pour les élèves, un instrument de développement intellectuel ? Il s'agit d'obtenir d'abord que la lecture soit faite avec aisance et naturel, et, en général, sur le ton de la conversation ; ensuite, que les enfants prennent l'habitude de se rendre compte de tous les mots et de toutes les pensées. Quand un morceau a été lu, le maître le relit-il lui-même avec la prononciation, le ton, les inflexions de voix convenables ? Adresse-t-il des questions sur le sens de telle phrase, l'orthographe de tel mot, la portée de telle expression ?

En 1866, la circulaire de Rouland n'ayant été suivie d'aucune mesure ni même d'aucune proposition, Duruy interroge les Recteurs pour parvenir à réformer un vice de méthode si général et si persistant.

Nous avons amené les instituteurs à pratiquer la lecture expliquée, indique l'inspecteur d'académie du Jura, les instituteurs congréganistes seuls ont résisté. Pour eux, la lecture matérielle est tout. La lecture intellectuelle leur semble chose presque absurde. Il est certain qu'avec les livres qu'ils ont dans les mains et qu'il leur est défendu de changer, la lecture n'est, ne doit et ne peut être intellectuelle, ou ne l'est pas suffisamment.

Le recteur de l'académie de Douai signale que l'enseignement donné par les congréganistes est inintelligent, machinal, et emploie en outre des livres qui ne sont nullement en rapport avec le but qu'on propose… La plupart sont des enfants ou vieillards usés, impuissants. Jamais une explication n'est demandée à l'enfant, jamais on ne s'assure s'il a compris, jamais on ne cherche à se mettre à sa portée… Les frères n'emploient guère que deux ouvrages édités par leur propre société, les Devoirs du chrétien, la Doctrine chrétienne de Lhomond, que les enfants lisent deux ou trois ans de suite.

Dans le Bas-Rhin, l'inspecteur d'académie dit que nos instituteurs ne veulent absolument pas contracter l'habitude de lire à haute voix, en présence des élèves, et comme un modèle à suivre, la leçon qui est à lire ; il ne veulent pas parce qu'ils sentent qu'ils lisent mal à haute voix, qu'ils ne comprennent pas bien ce qu'un de leurs collègues lit à haute voix, et qu'il faut qu'ils lisent avec les yeux s'ils veulent eux-mêmes bien comprendre.

Lecture à haute voix


Bardoux, dans une circulaire de 1878, prescrit l'enseignement à haute voix dans les établissements d'instruction publique. Il faut qu'en France on apprenne à lire ; car apprendre à lire, c'est la meilleure manière d'apprendre à parler. Cet art que nous désirons voir enseigner avec plus de méthode dans nos lycées et collèges, nous le croyons non moins utile à nos instituteurs, à cause des services de toutes nature qu'ils sont appelés à rendre, surtout dans nos petites communes. La lecture d'un acte, d'un arrêté, d'une délibération municipale, n'est pas sans importance.

Sans doute, la lecture est l'un des principaux exercices dans les écoles normales primaires et dans nos écoles primaires ; mais c'est un art qui a besoin d'être enseigné comme les autres. Pour combler cette lacune, il nous a semblé que, pour les écoles normales primaires, il fallait un manuel court, substantiel, sommaire, et ne contenant que des principes ; pour les classes d'instruction secondaire, un petit traité aussi solide, mais plus littéraire.

L'inspecteur primaire de Meurthe-et-Moselle constate que l'usage de la lecture expliquée et résumée à la suite de chaque leçon fait des progrès dans les écoles du département. Toutefois les écoles de filles sont encore très en retard sur ce point. La persistance des institutrices congréganistes à n'avoir d'autre livre de lecture que la Bible est un obstacle sérieux à la diffusion dans les écoles de filles de notions utiles et variées que comporte l'usage d'un livre de lecture bien choisi.

Jules Ferry constatant que la lecture laisse à désirer, propose en 1879, aux inspecteurs d'académie, d'instituer un concourt de lecture entre les élèves des écoles publiques.


Dans les classes des écoles primaires, les maîtres et les maîtresses doivent profiter de toutes les occasions que peuvent leur offrir les exercices oraux auxquels les élèves ont à prendre part (récitation des leçons, exercices de lecture courante, etc.) pour faire sentir aux enfants l'importance d'une diction intelligente et correcte ; rectifier les intonations vicieuses ; habituer enfin les enfants à se rendre compte du sens des mots qu'ils prononcent et à donner à ces mots leur valeur, indique Carriot, directeur de l'enseignement primaire de la Seine.


  

- Instruction de la Jeunesse en la piété chrétienne, tirée de l'écriture sainte et saints pères, par Charles Gobinet, Tour, Mame et Cie, Imprimeurs- Libraires, 1844.

- Alphabet et premier livre de lecture, à l'usage des écoles primaires, approuvé par le Conseil royal de l'Instruction publique, publié par MM. L. Hachette et Firmin Didot, quatrième édition, octobre 1833.

- Livres de lecture courante contenant la plupart de notions utiles qui sont à la portée des enfants de 8 à 12 ans, par Th. Lebrun, Inspecteur des écoles primaires de la Seine, à l'usage des écoles primaires. Ouvrage autorisé par le Conseil de l'Instruction Publique, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie.

Première partie : janvier, février, mars, 1852.

Seconde partie : avril, mai, juin, 1853.

  

La circulaire ministérielle du 18 novembre 1871 indique, de la manière suivante, la série des exercices de lecture de la première année d'études :

 1er trimestre. — Etude des éléments: sons et articulations. — Combinaison de ces éléments et application immédiate à la lecture de mots simples et usuels. — Lecture de petites phrases simples et graduées. Explication de ces phrases.

 2° trimestre. — Exercices de syllabation. — Lecture au tableau et dans les livres. — Explication du sens des mots et des phrases.

 3e trimestre. — Lecture courante de phrases courtes renfermant des connaissances usuelles. — Explication du sens des mots et des phrases.

 4° trimestre. — Lecture courante dans les livres. — Explication du sens des mots et des phrases.

 

Le programme des écoles maternelles veut que, dans la section des petits enfants (enfants de deux à cinq ans), il ne soit fait aucun exercice de lecture proprement dite ; pour la section des enfants de cinq à six ans, il porte ce qui suit : Exercices combinés de langage, de lecture et d'écriture préparant à l'orthographe.

Le programme des écoles primaires élémentaires porte ce qui suit pour la section enfantine (élèves de cinq à sept ans) : Premiers exercices de lecture. — Lettres, syllabes, mots.

 

Comme on le voit, toute latitude est laissée à l'instituteur et à l'institutrice pour le choix de ses procédés.


En 1875, L'inspecteur d'académie de Lozère constate qu'à l'exception d'un très petit nombre d'instituteurs et d'un nombre plus restreint encore d'institutrices, les maîtres se contentent d'apprendre à leurs élèves à lire des mots et des phrases qu'ils n'expliquent pas, de faire réciter textuellement le catéchisme et quelques pages de grammaire, de faire écrire sans principe et sans méthode.

L'enfant ne peut rien apprendre s'il ne sait pas lire ; il n'apprend rien volontiers s'il ne sait pas lire aisément. Il faut donc lui donner le plus vite possible l'habitude de lire sans effort, et l'on ne peut pas lui donner cette habitude sans multiplier les exercices. Voilà pourquoi nous exigeons qu'au cours préparatoire l'enfant consacre à la lecture le tiers de son temps, dix heures par semaine, deux heures par jour, soit quatre séances d'une demi-heure, deux le matin et deux l'après-midi.

Nous ne préconisons aucune méthode la meilleure sera celle qui donnera les résultats les plus rapides et les plus solides. Entre la méthode d'épellation et la méthode syllabique ou la méthode globale, nous ne faisons aucun choix ; des expériences se poursuivent qui décideront. Toutefois, les procédés qui nous paraissent devoir l'emporter sont ceux qui amènent l'enfant à s'intéresser à cette tache ingrate qui consiste à associer des sons et des formes sans rapport apparent. Par suite, ceux qui font appel à son besoin de mouvement ont les plus grandes chances d'être féconds. Et telle est probablement la raison du succès de la méthode phonomimique, malgré sa bizarrerie. L'essentiel est que l'enfant prenne plaisir à cet apprentissage difficile. S'il y prend plaisir, en y consacrant le temps fixé par le programme nouveau, au bout de trois mois il saura lire et au bout de l'année il saura lire couramment.

Au cours élémentaire, la tâche principale est encore d'entraîner l'enfant à lire sans effort… Pendant cette période, le caractère essentiel de la lecture est d'être "courante" et l'on se gardera d'en arrêter trop souvent le cours par des questions ou des explications…

Par suite, on peut exiger de lui qu'il prouve par sa manière de lire, qu'il comprend ce qu'il lit. La lecture devient "expressive"… C'est dès le début du cours moyen, à neuf ans, que l'écolier doit lire avec expression…

Au cours supérieur, la lecture va devenir une modeste leçon de littérature. Les explications données à l'enfant ne porteront plus seulement sur le sens, elles devront "tendre à faire sentir la beauté des morceaux". Très simplement, l'instituteur éveillera le sens littéraire, fera discerner les différences qui existent entre les expressions choisies par de grands écrivains et celles qui viendraient à l'esprit d'auteurs sans style… L'instituteur commencera par lire lui-même à haute voix, en indiquant par les variations de l'intonation les nuances de la pensée et du sentiment, le morceau qu'il veut faire expliquer... Par des questions alertes et des explications sobres, il fera comprendre le sens des détails et sentir la beauté des expressions. Alors seulement il fera lire le texte à haute voix par des élèves, afin de s'assurer qu'ils en comprennent la signification et en apprécient la valeur. (Instructions officielles du 20 juin 1923)

  

Les programmes de 1923 ont estimé que les élèves, après les trois premières années de scolarité, c'est-à-dire dès le début de la première année du cours moyen, doivent posséder complètement le mécanisme de la lecture. Ces vues exprimaient plutôt un idéal que la réalité. Des constatations faites dans de nombreuses écoles, il résulte que la lecture courante n'est pas encore complètement acquise à dix ans par la moyenne des élèves… les maîtres estiment avec raison que les heures de lecture devraient être consacrées à lire et non à expliquer des mots ou des tournures. Cet exercice pratique de la lecture doit être poursuivi au cours supérieur, et jusqu'à la fin de la scolarité. (Instructions du 20 septembre 1938 par Jean Zay)

  

Cours complet de lecture et d'instruction, par G. Bruno

Librairie Classique Eugène Belin


Le tour de la France par deux enfants décrit des voyages et prolonge l'enseignement de la géographie tout en lui apportant une dimension morale. Paru en 1877, ce livre a joué un très grand rôle dans l'histoire de l'enseignement et de l'éducation populaire en France, ceci à un point tel qu'il a été réédité en fac-similé récemment pour les amateurs du passé.

  

Le tour de France par deux enfants, devoir et patrie, livre de lecture courante par G. Bruno, CM, Librairie Eugène Belin

- Deux cent quatre-vingt-dix-huitième édition, conforme au programme du 27 juillet 1882, 1900.

- Quatre-cent-cinquième édition, entièrement revue et augmentée d'un épilogue, 1947.

- Francinet, livre de lecture courante, principes élémentaires de morale et d'instruction civique, d'économie politique, de droit usuel, d'agriculture, d'hygiène et de sciences usuelles par G. Bruno, (CM - CS)  soixantième édition, , 1886.

- le tour de l'Europe pendant la guerre, CM, 1916.

- Les enfants de Marcel, instruction morale et civique en action, livre de lecture courante, CM, 1904.

- Premier livre de lecture et d'instruction pour l'enfant (morale et premières connaissances), soixante et onzième édition, 1882.

- Premier livre de lecture et d'instruction pour l'enfant, CE, 1919.

- Jean & Lucie, histoire de deux jeunes réfugiés, la guerre racontée aux enfants, livre de lecture pour les CM et CS, par Madame Dès, préface de Henri Havard, cinquante-cinquième mille, Librairie Classique Fernand Nathan, 1920.

- Yvan Gall, le pupille de la marine, livre de lecture courante (CM –CS) par Gabriel Compayré, Librairie Classique Paul Delaplane.

  

- Jacques le poucet et KLAPP la cigogne au pays de Françoise par Antonin Fraysse, livre de lecture courante (CM - CS), Librairie Armand Colin, 1930.

- Coco le corbeau, par F. et F. Laurent, lecture courante CE, illustration de O'Klein, Librairie Hachette, 1946.

Réforme du certificat d'études, de David-Sauvageot, Editeur Armand Colin &Cie

- Monsieur Prévot, livre de lecture courante

- Frère et sœur, la lecture attrayante, deuxième livret de lecture à l'usage des écoles maternelles, des cours préparatoires, par M. et Mme Jeanne revue et complétée par P. Liquier, sixième édition, Librairies-Imprimeries réunies L. Martinet, 1938.

- Maurice ou le travail, livre de lecture courante à l'usage des écoles primaires par Mme Z. Carraud, nouvelle édition, Librairie Hachette et Cie, 1910.

- De tout un peu, deuxième livre de lecture courante à l'usage des élèves des classes du CM garçons et filles, par J.-B. Tartière, septième édition, Librairie Larousse,

- Deuxième degré de lectures courantes, quatrième livret (CE – CM), par E. Cuissart, douzième édition, Alcide Picard et Kaan, Editeurs, 1889.


- Le livre de lecture courante par Pierre Dumont, instituteur, CP, Garnier frères, Libraires-Editeurs, 1908.

  

- La vie littéraire à l'école par E. Huleux, Collection publiée sous la direction d'Edouard Petit, CP, cent vingt et unième mille, Librairie d'Education Nationale, publications Alcide Picard.


- Le livre de lecture des petits garçons par Jules Masson, instituteur à Paris, livre de l'élève, Librairie Hachette et Cie, 1881.


- Le livre de l'école, choix de lectures expliquées à l'usage des écoles primaires par Ch. Lebaigue, CP, troisième édition, Librairie Classique Eugène Belin, 1885.

- Au garage de Bourgogne, roman-lecture, CM – CS, de G. Guignard, inspecteur de l'Enseignement Primaire, Fernand Nathan Editeur, 1937.

- Jeanne et Madeleine, livre de lecture pour les jeunes filles à l'usage des CM – CS, Librairie Armand Colin, 1902.

- Lectures choisies d'auteurs français à l'usage de l'enseignement primaire par J. Martin et A. Lemoine, préface de Edouard Petit, cinquième édition, Librairie d'Education Nationale, A. Picard et Kaan, Editeurs, 1902.


- La vie littéraire à l'école par E. Huleux, Collection publiée sous la direction d'Edouard Petit, CP, cent vingt et unième mille, Librairie d'Education Nationale, publications Alcide Picard.

  

- Monsieur Marcel ou l'ami de la jeunesse, livre de lecture courante, première partie religion et morale ; deuxième partie, géographie et voyage, notices historiques, notions générales, par Honoré Arnoul et Auguste Humbert, nouvelle édition, Librairie Ecclésiastique, Classique et Elémentaire de Ch. Fouraut.

- Choix de lectures en prose et en vers ou leçons abrégées de littérature & de morale, par Mgr Daniel, ancien Evêque de Coutances, ouvrage autorisé par le Conseil de l'Instruction Publique, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1869.

  

- La Petite Jeanne ou le devoir, livre de lecture courante spécialement destiné aux écoles primaires de filles, Par Mme Z. Carraud, deuxième édition, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1853

- Récits moraux et instructifs, livre de lecture à l'usage des écoles primaires par Ambroise Rendu fils, autorisé par le Conseil de l'Instruction Publique, Paris, Librairie Ecclésiastique, Classique, Elémentaire de Ch. Fouraut et Fils, 1873.

- La Petite Jeanne ou le devoir, livre de lecture courante spécialement destiné aux écoles primaires de filles, Par Mme Z. Carraud, deuxième édition, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1853

  

- Livre de lecture et de morale, éducation de la conscience, éducation du goût, par E. Devinat, CM – CS, Librairie Larousse.

  

Choix de lectures par A. Mironneau

Librairie Armand Colin


A. Mironneau, directeur de l'Ecole normale d'instituteurs de Lyon puis Inspecteur de l'Enseignement primaire de la Seine.

- Cours préparatoire, 1455e mille, 1937.

- Cours élémentaire, 1909.

- cours moyen, 1908.

- Lectures enfantines illustrées par E. Devinat pour les enfants de 5 à 7 ans, quatrecent trente-deuxième mille, Librairie Charles Delagrave, 1909.

 A. Souché

Inspecteur de l'Enseignement Primaire, Fernand Nathan Editeur.


La lecture courante et le Français












La lecture littéraire et le Français

Mme Marie Robert Halt

Lauréat de l'Académie française

Librairie Classique Paul Delaplane

  

- Premières et deuxièmes lectures, leçons de morale et leçons de choses, éducation du sentiment, instruction usuelle, proverbes et maximes en action, lecture courante pour les garçons et les filles, CP et CE, 1875.


- Suzette, livre de lecture courante à l'usage des jeunes filles, morale, leçons de choses, économie domestique, ménage, cuisine, couture, quatrième édition, 1889.


- Le droit chemin, livre de lecture courante à l'usage des jeunes filles (CM-CS), éducation de la volonté, éducation du sens moral, devoirs sociaux, antialcoolisme, 1889.

- Les lectures de l'école en trois parties à l'usage de l'enseignement primaire par F.-L. Marcou, docteur ès-lettres, deuxième partie, CM, Garnier Frères, Libraires-Editeurs, 1890.

- La première année de lecture courante, morale, connaissances usuelles, devoirs oraux, un lexique par M. Guyau, quatrième édition, Librairie Classique Armand Colin et Cie, 1877.

  

K. Seguin, inspecteur de l'enseignement primaire

Librairie Hachette


- Line et Pierrot, premier livre de lecture courante

- Jeannot et Jeannette, CE,

- En route pour l'école, deuxième livre de lecture courante suivi d'un choix de récitations, faisant suite à Jeannot et Jeannette

- Histoire de trois enfants, CM, illustrations de Ferdinand Raffin, cinquième édition, 1927.

  

- Madame Adeline ou récits d'une institutrice à ses élèves sur l'intelligence des animaux par Melle Lilla Pichard, septième édition, Librairie Classique Eugène Belin, 1889.

  

- Les récits de Pierre Laloi, lecture courante, par Ernest Lavisse, CE – CM, Librairie Armand Colin, 1925.

Récits extraits des volumes L'année préparatoire et La première année d'Instruction morale et d'Instruction civique, par Pierre Laloi publiés sous le nom véritable de l'auteur : Ernest Lavisse.

Lectures primaires, morceaux choisis d'auteurs français avec des explications, des questions et des devoirs, par E. Toutey, Inspecteur d'académie, Librairie Hachette.

- Cours préparatoire, neuf cent cinquante- cinquième mille, 1922.

- Cours élémentaire, onzième édition, 1921.

- Jacques et Zette, premier livre de lecture courante, CP, par Marguerite Bodin, Librairie Armand Colin, 1929.

- Les premières lectures enfantines par Ed. Rocherolles, CE, cinquante-neuvième édition, Librairie Armand Colin, 1903.

Sous la Restauration de Charles X, en mars 1829, Octave Gréard, écrit que la première condition d'une bonne éducation, c'est qu'elle soit religieuse. Toutefois il n'est pas question ici de s'occuper des livres destinés à l'enseignement de la religion.

L'éducation a un second objet : elle considère les besoins temporels de l'homme, elle prépare les enfants à remplir un jour les différents états de la société… Sous ce rapport, l'enseignement primaire manque de plusieurs ouvrages, pour la composition desquels il convient de faire un appel aux talents et à l'expérience.

C'est dans cette vue que l'Université met au concours la composition d'un livre destiné à être placé dans les mains des élèves des écoles primaires, immédiatement après le syllabaire.

Ce livre aura un double but : il devra exciter chez les enfants, le goût de la lecture, le désir de l'instruction ; il devra, en outre, faire pénétrer dans leurs esprits, avec les principes de la morale, les premiers éléments des connaissances usuelles…

On n'exigera point que le livre de lecture courante soit appris par cœur ; mais il sera lu et relu dans toutes les écoles primaires, et par tous les élèves…


Un arrêté par M. de Vatimesnil, en avril 1829, indique que l'Université met au concours la composition d'un livre destiné à être placé dans les mains des élèves des écoles primaires, immédiatement après le syllabaire. Le terme du concours est fixé au 1er mai 1830 ; lorsque cette date arrive, un nouveau ministre est aux affaires.

Premier best-seller des manuels scolaires


Simon de Nantua, ou le marchand forain Suivi des Œuvres posthumes de Simon de Nantua(1818) par Laurent Pierre de Jussieu, chez Louis Colas, Libraire à Paris, 1844.

Ouvrage qui a obtenu, en 1818, le prix proposé par la Société pour l'instruction élémentaire, en faveur du meilleur livre à l'usage des habitans des villes et des campagnes.

La seule force qui ait toujours raison, mes amis, c'est celle de la vérité. Celui qui est sincère, est puissant; celui qui veut tromper, est faible : car la bonne foi marche en compagnie avec le bon droit, et la fausseté a partout une position fausse.

  

- Jean Lavenir, éducation du sentiment, sciences et progrès pratiques, vie sociale, mutualité, solidarité, livre de lectures courantes, CM – CS, par Edouard Petit et Georges Lamy, 147e mille, Librairie d'Education Nationale Publications Alcide Picard,

- Peau-de-Pêche, livre de lecture courante CM 6 CS, par Gabriel Maurière, inspecteur de l'enseignement primaire, Librairie Gédalge, 1932.

- "Lisons !", leçons de lecture er de langage à l'usage des écoles primaires, CM – CS – Certificat d'études, dessins de Firmin Bouisset, par J. Beaudrillard et M. Kuhn, Fernand Nathan Editeur, dix-septième tirage, 1936.

  

- Méthode de langue française, par Brunot & Bony, deuxième livret, CE et CM, Librairie Armand Colin, 1906.

L'entraînement oral réduit la distance entre le langage de l'enfant et celui de ses livres, il ne la supprime pas, indique les instructions du 4 décembre 1972.

A quelle époque convient-il de commencer l'apprentissage de la lecture ? On pose déjà la question à l'école maternelle, mais elle intéresse au premier chef le cours préparatoire. La maturité nécessaire est acquise, en effet, à un âge variable ; et il y faut plus qu'un langage parlé suffisamment évolué…

Au début du C.P., c'est une erreur que de vouloir emmener tous les élèves à la même allure. Cette tentative n'égalise pas les chances, mais diminue celles des plus faibles, qui subissent des échecs répétés jusqu'au moment où leur retard devient à peu près irrémédiable. Il faut donc que le maître commence par observer ses élèves, pour les répartir bientôt en groupes relativement homogènes auxquels seront demandées les tâches qui leur conviennent. Ces groupes ne doivent pas être rigides. Le passage d'un groupe à un autre plus avancé ou inversement, dès lors qu'il paraît avantageux, doit s'opérer de manière souple et naturelle…

Énoncer sans erreur, mentalement ou à haute voix, les sons correspondant aux signes d'un écrit, cela peut se faire sans rien comprendre : on sait lire quand on saisit en même temps le sens du texte écrit. On lit d'autant mieux que cette compréhension est plus rapide, plus précise, plus souple et plus sensible aux qualités du texte. Il y a bien des degrés dans le «savoir lire»…

Ces diverses remarques infirment l'ancienne distinction entre un premier « savoir lire » qui serait acquis au bout de trois mois, la « lecture courante » qui serait obtenue à la fin du C.P. et cultivée au C.E., enfin la « lecture expressive », qui garantirait, au C.M., la compréhension par l'intonation. L'apprentissage de la lecture au C.P. serait aussi inutile que pénible si l'enfant ne comprenait pas ce qu'il lit ; c'est donc bien dès cette classe qu'il faut s'attacher à obtenir la compréhension et autant que possible l'intonation.

 

En 1985, Jean-Pierre Chevènement écrit que tous les moyens sont bons pour susciter, encourager et développer le désir de lire. Quelle que soit la méthode utilisée, l'objectif est de conduire chacun, dès l'école et pour toute la vie, à vouloir lire, à savoir lire, à aimer lire.

  

Paul-Jacques Bonzon

Instituteur, lauréat du Prix jeunesse en 1953, Grand Prix de littérature du Salon de l'enfance en 1958, est surtout connu comme grand romancier de la jeunesse.


Il sait, de longue expérience, que composer un livre de lectures suivies est une entreprise délicate, que le goût des jeunes est à l'action rondement menée, aus péripéties multiples voire violentes et cruelles. Les livres d'évasion, de délassement, de bibliothèque, pour tout dire, laissent paraître ces caractères. (Paul Vignoux, Inspecteur Général Honoraire)

- Le château de Pompon, premier livre de lecture courante, CP.

- Pompon à la ville, CP.

- Le jardin du paradis, CP, CE1, 1965.

- La maison aux mille bonheurs, livre de lectures suivies, CE, 366e mille, 1986.

- Le cirque Zigoto, CE.

- Le chalet de bonheur, CE, CM1, 283e mille, 1984.

- Yani, CM.

- Le relais des cigales, CM, 177e mille, 1980.

- La roulotte du bonheur, CM2, 213e mille, 1984.

- Ahmed et Magali, CM.


Illustrations de Daniel Dupuy, Editions Delagrave.

  

- Tipiti le rouge-gorge,  lectures suivies CE, par R. Guillot, A. Biancheri et P. Cousin, illustrations d'Hélène Poirié, Larousse,1963.

- Le goût de lire, CE2, par Henri Salandre, Andrée Vandenbosch et René Cheyssac, illustrations de Jean Reschofsky, Fernand Nathan Editeur, 1971.

 Illustrations de Ray-Lambert


Raylambert, pseudonyme de Raymond Gabriel Lambert, né le 14 janvier 1889 à Elbeuf (Seine-Maritime) et mort le 16 juillet 1967 à Villemomble (Seine-Saint-Denis), est un peintre et illustrateur français.

Il travaille surtout au pinceau mais aussi au crayon à mine de plomb, à la plume, au crayon Conté, à la gouache ou au lavis.

Il collabore notamment à la maison Rossignol, de Montmorillon.

Il travaille aussi pour Gedalge, Delagrave et Plon. Chez Hachette, il illustre les livres de français de L.Dumas et chez les éditions Belin, les grammaires Berthou-Grémaux-Voegele.

- Jean-Christophe de Romain Roland raconté aux enfants par Mme Hélier-Malaurie, Livre de lecture, garçons et filles, cinquième édition, Editions Albin Michel, 1932, 1946.

- Au point du jour, premier livre de lecture courante de récitation et de chant, deux cent soixante dix-huitième mille, Librairie Delagrave, 1938.


- Le livre des quatre saisons, d'Ernest Pérochon, ancien instituteur, CS et Classe de fin d'études, deux cent-trente-sixième mille, Librairie Delagrave, 1954.


- TAP-TAP et Bilili, roman scolaire d'Ernest Pérochon, CE, Librairie Delagrave, 1954.

- Au pays bleu, roman d'une vie d'enfant par Edouard Jauffret, inspecteur de l'enseignement primaire, CE, neuvième édition, Librairie Classique Eugène Beulin.


- Le livre unique de français, CM et CS, par L. Dumas, Hachette, 1928

  

- Mon premier livre de Français, par S. Blin, institutrice, R. Thabault Inspecteur d'Académie et H. Yvon, Agrégé de l'Université, Librairie Delagrave, 1940.


- Méthode et exercices de langue française, CE1, par R. Thibault, H. Yvon et G. Texier, instituteur, cent-quarante-troisième mille, Librairie Delagrave, 1951

- Lectures souriantes, troisième livre de lecture courante, CE

 Et CM, par Hermin Dubus, illustrations de Sancery, Bibliothèque d'Education, 1938.

  

- Lisons de belles histoires, premier livre de lecture courante par J. ET A. Juredieu, illustrations de René Bresson, CP et CE, Editions Magnard,

  

 Lectures actives

par G. Duru, directrice d'école et M. Duru, Inspecteur de l'Enseignement primaire,

Classiques Hachette.

- lectures actives, CE, illustrations de Ray Lambert, 1952.

- lectures actives, CE1, illustrations de Lidi, 1961.

- lectures actives, CM2, illustrations de Jacques Adam, 1956.

- La lecture silencieuse et active, CE1, 47 fiches individuelles, parE. Naïdmann, P. Delmont et J.F. Delmont, Fernand Nathan, 1984

  

- Le Français par les choses et par les images, leçons de choses, vocabulaire, syllabaire-lecture, récitation, grammaire et orthographe, CP, Librairie Istra.

On groupera autour de la lecture tous les exercices de langue française, y compris les leçons de choses, qui sont, à notre avis, les meilleures leçons de langage du cours préparatoire.

- La vie enfantine, première éducation et langue maternelle, lectures, entretiens moraux, exercices d'observation, exercices de langage, par A. Belot, inspecteur primaire de la Seine, et J. Camescasse, directrice d'école maternelle, 7e édition, Librairie Delagrave, 1920.

- Pierre et Suzette, lecture courante morale, instruction civique, par Félix Thomas, Revue de l'Enseignement primaire, 1897.