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La géographie



Jusqu’au Second Empire, l’enseignement de la géographie a été négligé en France.

L’ancienne géographie apprenait une enfilade de noms groupés par catégories (quatre points cardinaux ; cinq continents ; six caps, …).

Que sont ces montagnes, comment se groupent ces hommes, que se passe-t-il sur ces océans, quel est le caractère des diverses parties du monde ?  L’enfant l’ignorera, l’homme ne l’apprendra pas ensuite…

Tout autre, la géographie moderne est l’étude de la surface terrestre, et des rapports de cette surface avec l’univers ou avec les êtres qu’elle porte.

Pour que cette étude soit fructueuse et complète, l’élève devra savoir le nom des accidents du terrain, des caps, des golfes, des peuples, des montagnes, des déserts : c’est là l’objet de la nomenclature ; il devra savoir où sont situés, les uns par rapport aux autres, les accidents de terrain ou les peuples que ces noms désignent : c’est l’objet de la cartographie ; il devra surtout savoir ce que sont ces pays, ce que sont ces peuples, en connaître la physionomie et la manière d’être : c’est à ce prix seulement qu’il fera vraiment de la géographie. (Schrader,  dictionnaire Buisson)

La loi du 15 mars 1850 la comptait, comme l’histoire, au nombre des matières simplement facultatives. La loi du 10 avril 1867 a placé les éléments de la géographie de la France au nombre des études obligatoires. Enfin la loi du 20 mars 1882 énumère au nombre des matières que comprend l’enseignement primaire, « la géographie, particulièrement celle de la France ».

Entre 1860 et 1890, dans la période qui précède la formation de l'école française de géographie régionale par Vidal de la Blache et ses disciples, Levasseur joue un rôle important dans la refonte ou la création d'enseignements scolaires de géographie. En 1863, Victor Duruy le charge de préparer les programmes de géographie pour les établissements d'enseignement secondaire spécial. En 1870, le choc de la défaite face à la Prusse remet la géographie à l'honneur. Le désastre n'est-il pas le résultat des retards de notre système éducatif et particulièrement de « l'indifférence pour les études géographiques »? Le ministre de l'instruction publique Jules Simon charge Levasseur ainsi qu'Auguste Himly, professeur de géographie historique à la Sorbonne, d'établir un rapport sur l'enseignement de la géographie. Cette mission matérialise une réelle prise de conscience des lacunes de l'éducation classique française. Elle aboutit aux instructions de 1872, réformées en 1890 et 1902, qui construisent une géographie scolaire autonome, dotée de programmes et d'horaires précis. La géographie est très présente dans les travaux de Levasseur, notamment à travers les supports pédagogiques qu'il conçoit pour l'enseignement : manuels, cartes murales et atlas, globes et cartes en relief.

Le point de départ de l’enseignement géographique est assurément dans l’étude de la géographie locale. Entre l’ancien système, qui étudiait d’abord le globe, qui « commençait par où l’on doit finir », comme disait le P. Girard, et la nouvelle méthode, qui part du village ou de la ville que l’on habite pour s’étendre de proche en proche et embrasser peu à peu la terre entière, notre choix ne peut hésiter, écrit Gabriel Compayré.

Autrefois, on apprenait la géographie dans un abrégé, hérissé de noms propres et capable de rebuter l’esprit le plus avide de culture. Maintenant, on a réduit la place du livre sans le proscrire pour autant. Il est mieux fait, plus grand, avec du texte toujours éclairé par des cartes et des illustrations.



Levasseur écrit : En leur disant (aux enfants) que la géographie est la description de la terre, on ne met dans leur esprit que des mots vides de sens. Dites-leur, en leur montrant la chose même sur le tableau noir ou sur la carte murale : voici l’école ; elle est attenante à la mairie ; l’église est là-bas, sur la place ; au bout du pays, à gauche, est telle ferme, à droite est le bois. La géographie a pour objet de décrire ainsi tous les pays.

  

Nouvelle méthode développée par Pestalozzi


Pestalozzi, demande que l’enseignement de la géographie se rattache aux premières sensations de l’enfance. A Berthoud il fait observer à ses élèves, non sur une carte, mais sur le terrain, le petit coin du pays qu’ils habitent.

Par la vue même des choses, il leur donne une idée des collines, des montagnes, des rivières, des divers faits géographiques. Puis, une fois que l’enfant avait acquis par une intuition directe, ou tout au moins par analogie, par intuition directe, ou tout au moins par analogie, par induction du petit au grand, de la flaque d’eau à la mer, de la rigole à la rivière, la connaissance des termes de la géographie physique, Pestalozzi l’initiait à la géographie politique par des moyens analogues. Prenant pour point de départ la maison familiale, il dirigeait ensuite l’attention des enfants sur le village, sur l’église, sur la maison d’école, sur la mairie, sur la route qui conduisait à la ville, sur la ville elle-même, sur les magistrats qui y siégeaient. Enfin, passant à la géographie mathématique, il plaçait l’élève en présence des phénomènes astronomiques, lui faisant observer le lever et le coucher du soleil, la grande Ourse et l’étoile polaire ; et ainsi il l’exerçait à s’orienter et à déterminer la position d’un lieu par rapport à un autre.

Carte de la France divisée en 86 départements , abrégé de la géographie de Crozat, 1832.

Cahier de géographie d'Andrieu François, 1850

- Globe terrestre, dressé par J.Forest géographe.


- Panneau de l'école moderne, géographie par l'aspect de A.Seignette, Paul Dupont éditeur, Région bretonne.

Petite géographie méthodique par Achille Meissas et Michelot, Hachette, 1873.

Abrégé de géographie moderne par A. Magin et Ch. Barberet, 1857.

Cartes et atlas scolaires


En 1752, Philippe Buache impose une « nouvelle manière de considérer la géographie ». Pour lui, la division essentiel de la surface du globe est le bassin auquel il donne sa définition moderne : »l’ensemble de toutes pentes des eaux qui se réunissent dans un fleuve ou une rivière ». La surface des continents se réduit à un ensemble de bassins terrestres séparés par une suite non interrompue de hauteurs ; et il affirme que toute ligne de partage des eaux est nécessairement une chaîne de montagnes. Le versant prime le relief. Sa carte de la France se divise en bassins fluviaux. Une chaîne principale parcourt le royaume des Vosges aux Pyrénées. Ligne de partage entre les bassins du Rhône, de la Loire et de la Garonne, elle contient les sources des rivières dont les eaux vont se perdre directement à la mer. Cette construction connut une faveur extraordinaire à la fin du XVIIIe siècle. La géographie du XIXe siècle n’abandonne cette erreur qu’à la fin du siècle, nos manuels scolaires pas toujours avant le XXe siècle.

La cartographie ainsi représentée est d'une simplicité qui n'a d'égale que son inexactitude.

« Il est temps d’en finir dans les classes avec la division de la France en bassins, écrit P. Foncin dans la première année de géographie. Elle donne une fausse idée de la physionomie réelle du sol. Ce qui est plus grave encore, c’est que cette division en bassins trompe les élèves. Elle empêche de bien voir la hauteur relative de nos montagnes, l’étendue réelle de nos plateaux et de nos plaines. »

Pour rompre avec cette cartographie artificielle, Levasseur, Cortambert, A. et G. Meissas,  Vidal de la Blache, et bien d’autres, transforment la cartographie. Ils représentent par des teintes différentes les différentes altitudes du terrain : les vallées sont représentées en vert, les plateaux en blanc, les massifs montagneux par des hachures très apparentes.


On trouve le véritable atlas primaire dans toute sa simplicité d'abord, dans le Petit Atlas géographique du premier âge de M. Cortambert (vers 1840, Hachette) ; puis (1851) dans celui de MM. Lebrun et Le Béalle, malheureusement fidèle au système de Buache, mais dont la préface, réagissant contre l'abus des questionnaires de l'abbé Gaultier, disait très bien : « Savoir la géographie, c'est savoir la carte et non le livre » ; enfin (1865), dans l'élégant Petit Atlas élémentaire de géographie moderne, avec texte ou sans texte, de M. Cortambert (Hachette), bientôt suivi de celui de M. Périgot (Delagrave) et celui de M. Foncin (A. Colin).

  

Matériel pédagogique :


- globe terrestre J. Forest, géographe officier de l'Instruction publique.Echelle de 40.000.000 (1millimètre pour 40 kilomètres)

Girard et Barrère, Géographes-Editeurs, Fournisseurs du Ministère de l'Instruction Publique, 17, 19 rue de Buci, Paris.


- Le planétarium, Les Editions européennes, Aix-Les-Bains, Savoie, 1968.

Cahiers de cartographie :

- carte de l'Algérie et Tunisie, 1911

- carte du Massif Central, 1919, par A. Lechevalier.

- le Rhône et la Saône, par Antonin Fraysse, librairie Armand Colin, 1962.

- Cours de géographie par F.A.M., exercices cartographiques, maison Mame à Tours.


- France, hydrographie bassins et cours d'eau. La première année de géographie par P.Foncin, Armand Colin, 1884.


- France, relief du sol, La première année de géographie par P.Foncin, Armand Colin, 1887

- Carte de l'Europe de Achille Meissas et Michelot, Hachette,1861.

Atlas de géographie par L. Gaultier, à Paris chez Jules Renouard, libraire, 1829.

Atlas élémentaire de géographie moderne, carte de l'Europe politique, par Drioux et Ch. Leroux, librairie classique Eugène Belin, 1872.

A une sèche et aride nomenclature de noms propres, à la récitation d’un vocabulaire inintelligible, la pédagogie moderne a substitué une étude vivante et pleine d’attraits, qui s’adresse aux sens, à l’intelligence... Et en même temps que changeait l’esprit général de l’enseignement de la géographie, une habile industrie mettait à son service et introduisait dans l’école des instruments de travail nouveaux, des globes, des cartes en relief, des cartes murales, tout un appareil enfin qui facilite la tâche du maître et égaye le travail de l’élève. (Gabriel Compayré)

L’invention du Massif Central


L’idée qu’il existe au centre sud de la France un massif est récente. Elle est conçue au milieu du XIXe siècle par les géologues qui lui donnent le nom de « Massif central ». Auparavant, seules les Cévennes et les monts d’Auvergne étaient reconnues et nommées. L’émergence du Massif vient du déclin de la théorie des bassins fluviaux de Philippe Buache. La tradition de la vieille école géographique s’est constituée longtemps dans le XIXe siècle ; elle distingue dans les élévations centrales de la France deux pôles de description : les monts de la verte et rude Auvergne, l’escarpement raviné des Cévennes au long de la ligne du partage des eaux entre l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée. Les manuels ont prolongé longtemps cette conception de la géographie de la France. Un exemple est celui des très classiques manuels de géographie de Meissas et Michelot aux innombrables éditions utilisées pendant tant d’années dans les écoles du XIXe siècle.

L’idée de l’unité originelle du Massif Central est due aux géologues Dufrenoy et Elie de Beaumont. L’adoption par les géographes de l’idée d’un massif situé au centre-sud de la France date du dernier tiers du XIXe siècle. Le premier atlas géographique classique où furent figurés les contours de Massif est celui de Dussieux. Sa représentation est vulgarisée et popularisée dans les grandes cartes murales de nos écoles primaires à la fin du siècle (carte murale de France publiée par Levasseur et Hausen en 1874). Ladoption de l’idée passe par un changement de nom. Le nom « plateau central » d’abord utilisé, convient mal au géographe car il ne s’agit pas d’un plateau isolé, mais d’un ensemble de plateaux, de montagnes, de vallées. L’appellation Massif Central l’a emporté aujourd’hui.

L’abbé Gaultier


De 1783 jusqu’à sa mort, il publia des ouvrages d’éducation, où il appliqua sa méthode. Longtemps avant qu’il fût question d’enseignement mutuel, l’abbé Gaultier avait conçu et appliqué l’idée d’instruire les enfants les uns par les autres. Dans un voyage qu’il fit en Angleterre, en 1814, il y examina l’application qu’on y avait faite de cet enseignement dans les écoles de Londres. Il revint chargé de documents qu’il déposa au ministère de l’intérieur, et fut un des fondateurs, en France, de la méthode d’enseignement mutuel.


Manière d’apprendre la géographie d’après la méthode de l’abbé Gaultier

Pour enseigner, il faut avoir le livre, les cartes écrites et muettes, puis les étiquettes et un sac de jetons.

L’instituteur donne à chaque élève un certain nombre de jetons pour enjeu. Toutes les fois que l’élève interrogé répond bien, il reçoit un jeton ; toutes les fois qu’il se trompe, il en paye un, soit au maître, soit à l’élève qui le reprend. C’est d’abord au voisin de droite à corriger ; s’il ne sait pas, la parole passe au suivant, et ainsi de suite. Le maître ne doit le reprendre lui-même que lorsqu’aucun élève n’a pu le faire.

A la fin de la leçon, les élèves comptent leurs jetons ; celui qui en a gagné le plus est proclamé président, celui qui vient immédiatement après est sous-président. Le maître doit distribuer les jetons avec exactitude, et interroger tous les élèves un nombre égal de fois, afin de donner à tous des chances égales de succès.

Dans l’enseignement, il faut faire commencer un article par un élève, le faire continuer par un autre, le faire achever par un troisième ; car le meilleur moyen de tenir l’attention de la classe éveillée, c’est de faire revenir le tour de chaque élève le plus souvent possible…

Les enfants oublient bien vite ce qu’ils ont appris ; pour les graver dans leur mémoire, il faut le leur faire repasser sans cesse. Voici comment on peut le faire sans les ennuyer. Les leçons sont divisées en alinéa sous forme interrogative, portant tous un numéro. Au fur et à mesure que les élèves sauront de nouveaux numéros, l’instituteur mettra dans un sac des étiquettes de carton ou des boules de loto dont chacun portera un numéro appris. Il fera ensuite tirer un numéro à l’un des élèves. Supposons que celui-ci ait tiré le n°123, l’instituteur lui demandera le cours du Tessin. L’élève répondra : Le Tessin prend sa source près du mont Saint-Gothard, arrose Bellinzone, traverse le lac Majeur, passe à Pavie et se jette dans le Pô. Les autres élèves tireront une étiquette à leur tour et l’expliqueront de même ; le premier tour étant fini, on en recommencera un second, etc…, jusqu’à ce que l’instituteur croie devoir lever la séance. Les étiquettes doivent être mises dans un sac à part…

Comme on ne saurait trop varier les exercices, nous en indiquerons encore ici un autre. Le maître peut proposer des voyages ; par exemple, il engagera l’élève à aller, par terre, de Saint-Pétersbourg à Madrid, ou, par mer, d’Arkangel à Constantinople. L’élève nommera les contrées ou les mers à traverser ; il donnera plus ou moins de détails, selon qu’il sera plus ou moins avancé.

Médaille de l'abbé Gaultier.

né en 1746, mort en 1818.

Eléments de géographie de l'abbé Gaultier, 1872.


 Enseignements

Matériel scolaire Pierron

Reliefs géographiques en plâtre.

- Carte de France

- Les sources et cours d'eau

- Un barrage (Chastang)

- Côte rocheuse

- 4 différents types de vallées, série de 4 blocs :

Vallée en V normal, Vallée dissymétrique, Vallée en gorge et Vallée en auge alluviale.